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Pope, Outlines of Tuda Grammar

214 MONTICULES DES NILGHERRIS.

sance à se laisser convertir, parlent de ce peuple comme de « beaux animaux, indolents et fainéants ».

« Us ne cherchent la compagnie de personne, restent immobiles pendant des heures, les yeux perdus dans le bleu, rêvassant à la façon de leurs bufiles, n'ayant en fait d'intelligence que de l'instinct. »

Si le niveau intellectuel n'est pas très élevé, au moins la sottise et la niaiserie leur sont inconnues. Tous bâtis sur le même modèle, chacun connaît par intuition les pensées et sentiments d'autrui. D'une simplicité presque innocente, il leur est, ou leur était, impossible de se dérober à une question gênante par une fin de non-recevoir, encore moins par un mensonge; il n'y avait qu'à les interroger pour leur faire dire, bon gré mal gré, tout ce qu'ils savaient.

« Bergers », comme dit leur nom tamil, bergers depuis siècles incomptés, bergers de cœur et d'âme, les Todas sont incapables de prendre autre> chose au sérieux que le soin de leurs bêtes; ils disparail^ont avant de s'être intéressés à l'agriculture et à l'industrie. Ils ne vivent guère que de lait, comment penseraient-ils à autre chose qu'aux vaches? ils ne consomment qu'une très faible quantité de farineux, soutirés aux Badagas, à titre de redevance plus ou moins gracieusement consentie aux suzerains et premiers occupants du sol. Ils ont la tradition que jadis leurs ancêtres se sustentaient de racines, et encore aujourd'hui ils se montrent assez friands des bulbes de VCh'chis mascula. Reconnaissants envers la vache qui les fait vivre, ils n'oseraient la tuer ; ils aiment trop leurs taureaux et génisses pour les abattre, ne mangent de leur viande qu'aux banquets funéraires. Ce n'est point que la chair leur répugne en elle-même. Qu'un étranger leur

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