‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 171 sur 264 · RAPTS KT ENLÈVEMENTS · texte numérisé non relu

RAPTS KT ENLÈVEMENTS

comme si tout cela ne suffisait point, les divorces sont d'une extrême facilitée

Telles sont les formes ordinaires du mariage, mais la plus considérée est celle du rapt, qu'ambitionnent les filles romanesques. Les premières épousailles avaient, en effet, lieu de cette façon; hache en main, nos arrière-grandspères obtena-ient la main de nos arrière-grand*mères. En matière de femmes, longtemps Taxiome fut indiscutable : « La propriété, c'est le vol. »

Le jeune Badagot qui n'a pu obtenir la personne de son choix, fait assavoir qu'il l'aura ou se suicidera. Ce qu'entendant, des amis le mettent a leur tête, au besoin, vont chercher du renfort chez les Todas, reviennent avec une bande de robustes gaillards. L'enlèvement réussit le plus souvent; si la belle, par hasard, ne trouvait pas l'aventure de son goût, elle aviserait bientôt à s'empoisonner.

Si la femme avorte, les époux, afin de prévenir la répétition de ce malheur, s'adressent à nous ne savons quel dieu, lui offrent des noix de coco, lui promettent un petit parasol d'argent; la femme présente à Siva des ex-voto, s'engage à lui dresser une pierre levée, comme celles qu'on rencontre fréquemment dans le pays. A ce propos, les charrues mettent souvent à nu des hachettes en silex que les Badagas prennent pour une production naturelle du sol, « jeu de la Nature ».

La femme inféconde, dont le ciel persiste à ne pas exaucer les vœux, engage son mari à faire une adoption, laquelle s'effectue par un curieux symbole : le père passe la jambe par-dessus la tête de l'enfant qu'on vient de lui

l/Met*.

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apporter. D'ordinaire, la bréhaigne va chercher sa cadette, la fait accepter pour épouse en second ; autrement, elle irait porter sa honte et son chagrin dans la maison paternelle ; heureuse encore si vient Vy prendre quelque veuf avec famille à élever, ou quelque vieillard sans ménagère.

En tout état de cause, le conjoint conserve la prérogative de renvoyer la conjointe qui aurait cessé de plaire, fût-elle féconde ; libre à lui de convoler en autant de noces nouvelles qu'il voudra. Il use rarement de ce droit, et, si la première alliance a donné lignée, il se tiendra pour satisfait. En somme, les liens du ménage n'entravent pas d'une façon gênante les mouvements ni du Badaga ni de la Badagelle. La mariée, si elle se déplaît au logis, peut s'en aller, pourvu qu'elle abandonne les enfants. Le mari, lui restituera les quatre sous qu elle peut avoir apportés; elle retourne tranquillement chez son père, et attend les propositions de nouveaux amateurs.

L'épouse incomprise menace parfois de s'ôter la vie ; menace qu'on ne traite pas à la légère, car on se suiciderait facilement, chose insolite chez les primitifs. A ces dames, à ces demoiselles il coûte peu de cueillir du pavot, de le sucer, pour s'endormir du dernier sommeil. Elles prennent de cette médecine : la fille, si on prétend lui imposer un mari qui ne lui agrée point; la femme, si elle veut se faire regretter.

De temps à autre, des veuves se font une belle réputation en s'étranglant sur la tombe de leur défunt. C'est mourir glorieusement, et l'on y gagne d'être invoquée par les épouses comme divinités tutélaires. Les Chinoises ont de ces idées-là.

Todas et Todelles, gens prudents, ne se marient non

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