‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 172 sur 264 · LA POLYANDRIE CHES^ LES TODAS · texte numérisé non relu

LA POLYANDRIE CHES^ LES TODAS

plus qu'à bonnes enseignes. Faut d'abord que le jeune homme règle avec le beau-père; or, les femmes sont chères là-bas. S'est-on accordé, futur et future sont mis sous verrou. La belle-mère passe des vivres. Après vingtquatre heures elle débarre, et si le proposant n'a pas su plaire, il reçoit son congé, en attendant les quolibets des camarades.

Si on se convient de part et d'autre, le beau-père, en signe d'adoption, pose le pied sur la tête* du garçon, comme s'il déclarait : u Tu es mon fils, tu t'es trouvé à mes pieds, comme le petit tombé aux talons de la mère qui vient d'accoucher. » Cet hommage est exigé du jeune homme une seule fois, mais la femme le devra présenter, en mainte occasion, à ses beaux-parents, aux vieillards de la maison, aux frères du mari. Tous lui mettront le pied droit, puis le gauche sur la nuque; ensuite, l'homme le plus âgé de la maison la relèvera, en lui touchant le front de la main droite, autre signe d'adoption.

Par cet acte symbolique, l'étrangère acceptée comme fille par ceux qui ont autorité dans la maison, se reconnaît la servante, l'humble servante, voire « la fille à tout faire ». En effet, la polyandrie règne chez les Todas, comme au Tibet et au Petit-Tibet, comme chez les Courgs, Naïrs et Tayeurs du Malabar, comme chez les Gingalais et tant d'autres. La polyandrie todique a gardé distinctes les traces de l'antique adelphogamie, en vertu de laquelle tout un groupe de frères épousait tout un groupe de sœurs. Le fils aîné fait son choix, prend la fille qui lui convient. A mesure que les cadets atteignent la majorité, ils accpiièrent droit conjugal, deviennent conjointement responsables du

Page 1