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FRATERNITÉ MATRIMONIALE

sœurs, entre demi-frères et sœurs, tout au moins*.

Ce n'est pas que les Todelles ne pensent être modestes et. convenables autant que qui que ce soit. Seulement elles avaient libellé à leur guise le Code des convenances et la Civilité puérile et honnête. Elles mettaient de la réserve, voire de la pruderie, à ne se laisser approcher par personne autre que leurs maris et leurs galants; même elles se récriaient si des proches frôlaient leurs habits. Cela se doit dire au passé, car depuis que messieurs les étrangers affluent dans ce pays si beau, si salubre, on entend dire que les Todas, généreux et désintéressés quand ils ne connaissaient aucun argent, mettent de l'eau dans leur lait qui a cessé d'être exquis, mendient des sous, des cigares et de l'eau-de-vie; que femmes et filles, adonnées à une vile prostitution, sont rongées par les maladies syphilitiques. Comme toujours, il a suffi que les civilisés se montrassent pour avilir et empoisonner les populations qui les avaient accueillis avec amitié et bonne volonté.

Nous disions donc que, dans les temps jadis, l'aîné, en achetant une fille, acquérait, pour la communauté dont il était chef, le droit de prendre dans les prix doux toutes les cadettes, à mesure qu'elles devenaient nubiles. Cependant, la seconde était plus particulièrement attribuée au second frère, et ainsi de suite. Dans ce système de « fraternité matrimoniale », terme de Lubbock, ou pour employer le langage de Linné, dans cette adelphogamie polyandro-polygynique, chaque femme avait plusieurs maris, tous frères, et chaque mari plusieurs femmes, toutes sœurs. Mais, par la suite des temps, des restrictions s'introduisirent. Se trouvant suffisamment pourvus avec une

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