Cérémonie dite de VAda Buddiken
232 MONTICULES DES NILGUERRIS.
parfait payement de la somme consentie au beau-père. La ménagère, littéralement mise en actions, vit tour à tour pendant un mois avec chacun des associés, lesquels se répartissent les enfants comme suit : le chef de la communauté prend l'aîné, le deuxième frère prend le deuxième mioche, et ainsi de suite. Détail significatif, tous les oncles sont traités de « petits pères ». Génitrices, géniture et bétail, tout est commun dans le mand; la femme étant possédée, et ne possédant rien.
Pour s'être approprié l'épouse et son croît, lesdits sociétaires n'ont pourtant pas acquis la jouissance exclusive de sa personne. En compensation de sa multiple servitude, elle a droit, pour son compte particulier, à prendre un cavalier servant; le plus souvent, quelque jeune homme qui n'a pu trouver à se marier, par suite de la paucité des partis. La plus grande harmonie règne d'ailleurs dans ces familles étrangement composées*. On prétend môme qu'il est loisible à la Todelle de se donner autant de sigisbés qu'on lui impose d'époux, lesquels se traiteraient toujours courtoisement. La chose mériterait abondantes confirmations; sur une pratique paradoxale on devrait prodiguer les détails. Malheureusement, la pudeur britannique s'y est opposée, les auteurs* qui nous donnent ces précieux renseignements ne le font qu'à regret, sèchement, brièvement, en protestant qu'on ne saurait s'appesantir sur pareilles immoralités; d'autres se bornent à dire qu'on ne peut même mentionner les turpitudes dont ces créatures se rendent coupables; turpitudes qui probablement ne sont autres que des unions entre frères et