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Odyssée, xix

268 MONTICOLES DES NILGIIERRIS.

Nilgherris disent ce qu'ils croient, et croient ce qu'ils disent. La défînilion qu'ils donnent de la religion est d'une rude simplicité dont nos spiritualistes devraient mesurer la profondeur; — mais non, ils étendent d*eau, et encore d'eau, la dilution des dilutions qui fut jadis l'antique orthodoxie. Donc, on interrogeait un Toda sur la religion des Gouroumbas :

« Quoi! fit-il avec un haussement d'épaule. Ces Gouroumbas auraient une religion! Ges gueux n'ont pas de vaches, et ils auraient des dieux ! »

Tout naïfs qu'ils sont, on ne leur reprochera pas de tomber dans une frivole sentimentalité. Ils ont compris la religion et la propriété comme étant inséparables; celle-ci inspirant celle-là; leur Providence à eux fonctionne comme gendarme de la richesse et garde champêtre de l'opulence. Qull n'y a de dieux que pour les riches, cette doctrine, si on veut bien y prendre garde, est antique et universelle. Les Gréco-Romains en avaient fait la pierre angulaire de la cité antique ^ ; et ils partageaient cette conviction avec les Aryas, qui disaient crûment : Sans richesse, pas de sacrifice; sans sacrifice, pas de Dieu. Donc, « hommes, acquérez de la richesse, pour que vous puissiez offrir aux dieux le soma, le beurre clarifié, de la nourriture' ». — Tshanda Gosaîn est un Dieu puissant, disent les Paharis du Bengale, et il n'y a que les riches qui puissent s'adresser à lui'. Les Karènes riches excluent les pauvres cultivateurs de leurs

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