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PIÉTÉ

Dieu de Bossuet, et toi, Christ de Galvît], quelle naïveté! quelle ignorance!

Cependant. tous les actes de leur vie sont imprégnés de dévotion. Le Toda s'incline devant le Soleil qui se lève à l'orient, s'incline devant la Lune, met la main au front, et, se couvrant le nez avec le pouce, récite une prière qui résume ses besoins, tous ses désirs, toutes ses affections :

« Puissent nos garçons grandir et prospérer! Puissent nos hommes se porter bien, ainsi que les vaches et les génisses ! Puisse chacun être en santé et avoir ses souhaits ! »

Spectacle émouvant^ raconte M. Marshall, quand le père de famille sort au clair de lune et Implore la bénédiction de l'astre, fontaine de lumière. Avant de commencer le repas, chacun prend un morceau, le porte aux tempes et le consacre en disant : — « Regarde, ô Seigneur! » puis le dépose sur le sol, en offrande à Boumo-Taï, la Terre maternelle.

Comme, culte secondaire, ils révèrent des esprits et de petits dieux, patrons des villages, protecteurs des sources, habitants des forêts et cavernes ; tels que le Sylvain Betikhân, faune et chasseur. Ils jeûnent pendant les éclipses. Les missionnaires leur ont fait dire que le Créateur des mondes s'appelle Asoura-Souami, et qu'il est Feu-Lumière, mais ils n'en savent pas davantage. Du sacrement d'ordination, les théologiens todas enseignent, contrairement au dogme catholique, qu'elle est muable, toujours révocable, ne vaut que par la fonction, qu'il est loisible de la déposer, mais que pour la reprendre, il faut la renouveler. Nous les renvoyons au concile de Trente. Comparée aux grandes dogmatiques, ensemble complexe où la logique

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et le bon sens se débattent dans un magma de mystères, dans un labyrinthe de métaphysique, la religion que nous dirons u de la Vache » est d'une simplicité rafraîchissante; sa bonhomie vous désarme, a Sans doute, disent ces braves montagnards, notre religion n'est pas faite pour vous, mais elle nous suffit, et nous la préférons à toute autre. Nous croyons en notre Palal. La divinité que nous lui avons conférée, il l'exerce à notre entière satisfaction, — et s'il nous mécontentait, — eh bien ! nous lui donnerions sa démission, nous en prendrions un autre I »

Cependant, la majesté de ses fonctions fait au dieu une vaste solitude ; son isolement rigoureux ne laisse pas que d'être pénible à la longue. Prise au sérieux par tous, sa divinité le met en dehors.de l'humanité. On n'ose le regarder, on craint de le rencontrer. Débouté des joies de la famille, forclos des relations avec les humains, il est enfermé dans sa majesté comme dans une cage.

Quoi d'étonnant à ce qu'il se fatigue d'une sublimité trop rigide, et que monté si haut il aspire à descendre? Il pourra prendre sa retraite si quelqu'un veut occuper sa place; or, cette vie pénible et absorbante dans son ennuyeuse uniformité n'est pas faite pour les ambitions vulgaires. Le dieu qui abdique, résignant sans trop de regret l'empire de l'étable et son infinie responsabilité, dépose le manteau de son office, égide de sombre aspect comme celle de Jupiter. 11 s'étire, se secoue les membres et quitte le Saint des Saints, nu comme il était entré, car le Toda, en son innocente simplicité, ne comprend pas que celui auquel les intérêts de la communauté sont confiés, ait le temps de soigner ses propres affaires, n'admet pas que la Providence réalise de petits bénéfices.

Des Palais, démissionnaires et rentrés dans la condition

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