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Bran de Saint-Paul Lias

270 MONTICULES DES NILGHERRIS.

Quoi qu'il en soit, ce Palal qui trichait avec ses divins mystères, ce Palal croyait en lui-même, avait foi en sa propre divinité. — Et pourquoi non? Les augustes qualités que chacun lui reconnaissait, pourquoi les aurait-il déniées? Certes, avec ces quelques bribes de renseignements, il serait facile à un homme du métier de construire toute une théologie, et de les développer en doctrines bien coordonnées. — Mais en aurait-il le droit? Et les Todas comprendraient-ils grand'chose à la dogmatique mise sous leur nom? Les Primitifs ont quelques idées rudimentaires, de vagues aperceptions morales, religieuses et philosophiques, lesquelles, après avoir été dégrossies, élucidées et groupées, donneraient un système, ni meilleur ni pire que tant d'aulres, — mais ce système, ils ne Tont pas élaboré, précisément parce qu'ils sont encore primitifs.

Les annonciateurs de l'Évangile ont peiné pendant deux générations pour leur inculquer la notion du péché, ont prêché, reprêché les tourments de l'enfer, le diable et l'éternité des peines. Mais voilà, ces pauvres gens ne peuvent comprendre la possibilité de crimes irrémissibles, protestent contre le ver qui ne meurt point et le feu qui ne s'éteint point, contre les rancunes toujours dévorantes et les haines qui jamais ne pardonnent. En fait de châtiments outre-tombe, ils n'ont encore voulu accepter qu'un marais, où les coupables seront livrés aux sangsues, mais seulement pour un temps proportionné aux fautes commises. Jusque-là ils avaient pensé, comme les Badagas, que pour se débarrasser de ses fautes il suffisait d'en charger une vache et son veau. « Frayeur d'Isaac!* »

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