PRÊTRES DU DÉMON
tauitams font vacarme, les tambourins s'excitent. Le v médium » arrive, et tous de faire silence pour le saluer. 11 entre au milieu du cercle, brandit le trident, sceptre infernal, porté par Siva, par Pluton, et aussi par le diable chrétien. Nu, sauf une étroite ceinture jaune, blanche et rouge, il va, vient, jette les bras avant amère, saute, rue, bondit et virevolte à l'instar des derviches tourneurs; au beau moment, il marche sur des charbons. De longs hurlements accompagnent Torchestre, puis la mesure s'accélère et les cris se font plus perçants; on lui donne du sang à boire. Soudain, il est comme secoué, tremble par tout le corps; les yeux lui sortent de la tète, prennent \in éclat sauvage. Le dieu Ta saisi, le tient fixe, rigide, hagard, lai verse Tivresse prophétique. Le voilà qui exhorte les assistants, délivre des oracles; répond aux questions sur Tun et l'autre monde. Puis, brusquement, il clôt la consultation, dit avoir faim, avoir soif. S'il est un dieu considérable, on lui sert du lait de coco et une friture de riz; un diablotin se contentera d'un peu de viande et d'arak. En toute occasion, le problème est le môme : décider le démon évoqué, celui de la peste ou de la fièvre typhoïde, celui des rats ou des chenilles, du tigre ou du crocodile, du vent ou du froid, de l'arbre ou du rocher, — à entrer dans le corps du danseur*; une fois qu'il y sera logé, on aura sur lui quelque action, il sera possible de l'influencer. On le fait donc manger et boire, on le flatte et l'amuse; sauf à le tromper et le berner, si l'on peut, à le mettre dehors, quelquefois même à le torturer pour se venger des maladies et souffrances qu'il a infligées. Les Todas ont-ils à régler des différends relatifs aux femmes ou au bétail»