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Monier Williams

276 MONTICOLES DES NILGUERRIS.

— les seules choses dont ils s'inquiètent, — ils s'adressent à un de leurs sous-laitiers, qui, bon gré mal gré, entre en danse, sautille, cabriole, se flagelle, hurle et crie, roule les yeux — épuisante besogne ; — la bave et la sueur lui coulent sur le corps. Alors le démon prononce des oracles, d'autant plus profonds qu'ils sont moins compréhensibles. Le démonisme, malgré sa cruauté et sa brutalité innées, n a pas aux Nilgherrisle caractère repoussant qu'on lui voit ailleurs. Ces potentats d'outre-tombe ne sont pas exigeants; leurs ministres se contentent d'uncasuel modeste: lait, fruits et volailles : dans les pays chauds, l'appétit se modère. L'orgiasme démonique prend le caractère des populations ambiantes. Relativement bénin chez les buveurs de lait, ailleurs il se glorifie d'être cannibale, et s'enivre aux potations de sang; partout, cependant, les performances ont un air de parenté.

« Afin d'assouvir la faim du Tigre Blanc, on mit un cochon entier à cuire dans une chaudière. L'enragé chamane saisit un enfant de chaque main, entra en danse. Il pirouetta, sauta, tressauta, vire-vira, finalement passa tigre. Plongeant la tête dans le chaudron bouillant, il retira une lanière de viande avec les dents : — Pour le petit minet! Il replongea pour l'autre minet, replongea pour Bibi, le Vieux Tigre*. »

C'est par le démonisme que s'expliquent les mystères de Zagreus, et, en général, tous les rites chthoniques et bachiques. Si nous ne connaissions par ailleurs les orgies de Dionysos et de la Grande Mère, nous pourrions nous en faire une idée suffisamment exacte en visitant les Ghâts, les Nilgherris et les Vindhyas :

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