TYPE
Les nouveaux venus constateni que le sol se prête à de nombreuses cultures; que le paysage se montre souvent agréable, parfois superbe et grandiose ; qu'il fait bon quitter les plaines torrides, traverser rapidement les régions pestilentielles et se fixer dans les hauts pays d'air pur et de climat salubre. Les Européens installent des exploitations, montent des chasses, s'enthousiasment de cette nature sauvage, s'intéressent à ces populations primitives, les veulent instruire et civiliser. Elles ne survivront pas à tant de sympathies. C'est le commencement de la fin.
Pour ce qui en est du type, les dissemblances entre Aryas et non-Aryas sont trop marquées pour ne pas frapper le regard le moins prévenu. Chez les Indous, l'animal humain a la couleur moins foncée, une plus forte capacité crânienne, des formes mieux proportionnées et plus élégantes, des traits plus réguliers, une physionomie plus agréable; les populations indigènes abondent en figures ingrates et de laideur repoussante. Pour peu qu'on voulût adopter la formule pratiquée par tant de voyageurs et même de savants ethnologistes : — à Tours toutes les femmes sont rousses, — il serait facile de prouver que ces monticoles sont superbes, ou qu'ils sont repoussants. 11 y en a de beaux, il y en a de fort laids, quantité de passables. Aux Khonds que nous avons plus particulièrement en vue, Howard trouve une physionomie mi-mogole, micaucasique; front large, parfois surplombant, yeux grands et expressifs, figure triangulaire, barbe rare, cheveux noirs et abondants. Shortt leur donne une taille moyenne
de i",75. Hunter se borne à dire qu'ils sont aussi grands que les Indous, bien musclés, rapides à la course, qu'ils ont front large et lèvres pleines, mais sans excès. « Leur vigueur, leur intelligence et leur résolution, leur inaltérable jovialité en font d'aimables compagnons ou de terribles ennemis. » Dalton, la grande autorité en matière^ d'ethnologie bengalienne, s'exprime de la sorte sur quelques-uns de leurs voisins :
« Les Hos et Larkas, noyau de la nation moundah, en sont la partie la plus intéressante et certainement la mieux faite. Port droit, virile attitude, ils ont l'aspect d'un peuple libre, justement fier de son indépendance. Même angle facial que celui des Aryas, et des traits qui souvent ne sont inférieurs en rien à ceux des Indous : grand nez, larges lèvres bien formées, dents magnifiques. Les formes, que l'absence de costume permet d'examiner en détail, sont fréquemment d'une beauté sculpturale. »
Cette description, vraie pour les habitants des districts bien cultivés, qui jouissent d'une aisance que leur envieraient les ouvriers agricoles de la Grande-Bretagne, serait inexacte pour les habitants moins favorisés des cantons forestiers, où les figures sont laides. Quand les Moundahs n'ont pas le type caucasique, ils paraissent se rapprocher du mogol plutôt que du nègre : pommettes saillantes, yeux peu ouverts, légèrement obliques, face plate, poil maigre, taille moyenne, teint variant du tanné au basané* Plus disgraciés que tous autres, les simiesques Ouraons ont la taille petite, mais bien proportionnée, rarement courte et trapue. Les jeunes gens des deux sexes, remuants comme des écureuils, ont une ûgure mince et mobile. Les localités de race mêlée montrent une variété remarquable de traits et de teint. Où la race est moins mélangée, abon-