‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 240 sur 264 · Shortt, Journal of the Ethnological Society · texte numérisé non relu

Shortt, Journal of the Ethnological Society

mulaire. Vêtue d'une longue chemise blanche, elle a la figure noire et triste, le dos barbouillé de suie et les pieds retournés. Et gare au démon de Tépilepsie qui voltige aadessus de Djeypour ! Des flammes lui sortent de la bouche. A minuit, il se blottit dans un recoin obscur, ou perche sur Taré te d'un toit, pr'ét à fondre sur le malavisé qui vaguerait parles rues. Les tigres ont abondance de gibier dans la jungle; ils n'en sortiraient jamais pour déchirer boeuf ou chevreau, encore moins pour dévorer un homme, n'était qu'un dieu leur en donne commission expresse, ou qu'un sorcier rancuneux s'est fait nilipa, ou garou, en se glissant dans leur peau bigarrée.

Pour échapper à l'action malfaisante de ces esprits et de leurs compères, on s'adresse aux prêtres, médiums officiels entre le monde des vivants et celui des morts, sorciers eux-mêmes, mais pour le bon motif. Leurs offices étant reconnus indispensables, la communauté leur alloue l'usufruit du « champ des dieux ». Leur existence pourrait sembler facile, n'était qu'elle se passe dans une retraite désagréable à plusieurs; n'était qu'elle interdit de prendre rang au noble jeu des batailles, ne permet pas de partager le repas des laïques, de manger la nourriture qu'auraient préparée des mains profanes. Les amateurs ne sont pas nombreux, bien que l'industrie sacerdotale soit parfaitement libre et- ouverte à tous, tant à l'entrée qu'à la sortie — sauf cependant en ce qui concerne le culte du Soleil, qu'on veut héréditaire dans certaines familles. N'importe qui,a le droit de se consacrer au service de toutes les autres divinités, après l'apprentissage de rigueur. L'aspirant se retire dans la forêt, où il se « met en rapport » avec les divinités qui emplissent les fourrés, avec les divinités qui foisonnent dans les halliers. Il laisse croître sa

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