IMPÔT DU SANG
misérable fût chef de famille. Les contrats portaient qu'il était le père des sujets par lui vendus, formule qui parfois exprimait la stricte vérité, et qui nous renseigne sur le caractère primitif de Tinstitution.
« On raconte que.des.Khonds voyageaient avec un de ces honnêtes fournisseurs dans un district hostile au rite sanglant. Le brocanteur, fut rencontré par un, sien parent, désespéré que sa cousine — il l*aimait — eût été, par ce père sans entrailles, livrée au bourreau. Il marcha sur l'homme, lui cria :
M Te voilà, père qui vends ton propre sang !» — Et il lui cracha à la figure. Aussitôt intervinrent les Khonds, anxieux de consoler leur compagnon :
« Ne te fais pas de chagrin ! Ce buffle d'homme ignore qu'ea sacrifiant ton enfant, tu as été notre bienfaiteur, celui de l'entière humanité. Ne t'inquiète! Les Dieux essuyeront le crachat que ce malotru vient de plaquer contre ton visage*. »
Nous sommes porté à croire qu'à l'origine, les Panous étaient sous l'obligation de fournir aux maîtres du sol un tribut de têtes, tribut qui aurait été graduellement transformé en marché facultatif. Ainsi, tous les ans, les Tchoulias se faisaient remettre un certain nombre de victimes par une tribu voisine qui, affranchie de toute autre redevance, était appelée sar ou libre ^ Autre exemple. Les Bhouyas du Bengale avaient jadis une espèce de roi qui brandissant son sabre, « le sabre de la dynastie », coupait le cou à un individu de la haute et noble famille des Kopat, laquelle, en dédommagement de celte triste corvée, tenait en fief an domaine considérable. Par la suite