‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 248 sur 264 · Yule, Awa · texte numérisé non relu

Yule, Awa

DIEUX YICÏIMKS. 367

vres esclaves, de malfaiteurs détestables, mais immolations glorieuses que celle d*un Dieu, d'une déesse, et combien miriOques les vertus de leur sang répandu!

Tari, dit la légende khonde, avait eu l'intention de subir chaque fois le sacrifice en sa personne. Elle voulait faire comme le grand roi Vikramajit*, qui, — plus fort que messire saint Denis, et même que le béat saint Oriel *, — chaque soir, coupait lui-même sa propre tête et la portait en offrande aux Dévi^. Mais les adorateurs de la déesse virent la difficulté du système et l'assurèrent qu'il suffirait qu'elle se fît égorger par délégation. Tan voulut bien se rendre aux raisons qu'on lui donnait. Elle accepta la théorie qui depuis a force de dogme : les Dieux ne demandent qu'à être immolés au profit de l'humanité, mais ils ont souvent autre chose à faire, et peuvent n'être pas disposés pour le quart d'heure. S'ils n'interviennent en personne, ils interviendront par substitut, s'incarneront en des mériahs ou intermédiaires ^. Le mériah sera le plénipotentiaire du Dieu, son fondé de pouvoir et son autre lui-même *.

Sur cette donnée, les Khonds et congénères érigent la victime en divinité, la flattent, vantent sa beauté, chautent ses louanges, dansent autour. A la nuit tombante ils se précipitent pour la toucher — la malheureuse porte bonheur ! — En un clin d'oeil, ils la dépouillent de ses vêtements, les mettent en lambeaux en se les disputant; ils parfument leurs mains dans sa chevelure, raclent ses cosméti-

1. Sherwill, The Rajmahal ffills, Journal of the Asiatic Society» 1851 . 2» Frodoard, Histoire de P Église de Reims,

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