‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 249 sur 264 · Tim., II, 5. — Hébr., IX · texte numérisé non relu

Tim., II, 5. — Hébr., IX

ques, sollicitent un crachat qu'ils s'étendront soigneusenient sur la figure *. Puis la multitude se retire, laissant la nouvelle déesse solidement attachée au poteau, son trône et sa colonne de gloire ; l'abandonne aifamée, palpitante, nue, dans le froid de la nuit, au milieu des terreurs de la forêt, attendant Thorrible tragédie du lendemain. Quelle veillée I La nouvelle fille des Dieux est censée en conversation intime avec la grande Tari, devenue sa mère et patronne. Que disent à la pauvrette l'immense solitude et l'effrayant silence coupé par le miaulement du tigre, le glapissement des fauves et par les voix mystérieuses de la forêt, proférant des mots inconnus? Que répond-elle aux astres éternels qui la contemplent de leur regard fixe, aux étoiles scintillantes qui lui font signe : Demam, tu seras des nôtres?

.' Au matin, tout le village revient pour en finir. Musique et tintamarre, fifres, gongs et clochettes, cris et hurlements assourdissants. On s'emplit de bruit et de tapage comme jadis Bacchants et Bacchantes; comme aux mystères d'Eleusis « on mange du tambourin, oh boit de la cymbale ». Car il est des choses auxquelles on ne se résoudrait jamais, n'était qu'on a noyé sa raison dans l'ivresse,, émoussé toute sensibilité dans une excitation désordonnée; n'était que chacun veut dire : « Je n'y suis pour rien ! » Alors la foule est seule responsable, c'est-à-dire personne. L'axiome, « le tout, somme de ses parties », ne s'applique pas aux multitudes.

Quoi qu'il en soit, on entoure la pauvre fille, on la plaint, on se souvient comment hier encore on la traitait en favorite, compagne de tous les jeux; on se rappelle les

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