Isabelle
Seconde femme: Yolande.
1318. Jean d'Anjou, ou Jean de Gravina, comte de Gravina, 8. e fils de Charles II d'Anjou, roi de Naples, fut fiancé au mois de mars 1318 par ordre de l' empereur Philippe son frère, à Mathilde de Hainaut, héritière de la Morée, la quelle ne consentit jamais au mariage (Voy. ci dessus p. 15). Après le simulacre de ses fiançailles, et nonobstant l' opposition de la maison de Bourgogne qui prétendait à la souveraineté de la principauté (3), le comte de Gravina prit le titre de Prince d' Ac/iaïe (4) et fit admi-
(1) Predelli, Commemor.* 1. 718-720, t. I, p. 162. Cf Mas Latrie, Commerce et expédit. de la France et de Venise, p. 234.
(2) En Sept. 1318, Guillaume Sanudo, seigneur de Milo, se reconnaissait toujours vassal de la princesse d'Achaïe. Thomas, DipJom. Veneto-Zevant., p. 111-112.
(3) Le 15 sept. 1320, J*an XXII conjure le roi de France de s'interposer entre les princes d'Anjou et le duc de Bourgogne pour amener ces princes à s'entendre au sujet de la Morée. Comm. et expéd. de la France et de Venise, Mél., t. III, p. 47.
(4) Buchon, Rech. et Mater., t. I, p. 255, n. 256. Dans un acte du 17 mars 1318, Jean prend le titre de prince d'Achaïe et seigneur du fief du Mont Saint Ange (Predelli, Commetnur., t. I, p. 180). Cf. un acte de 1324, concernant le prince d'Achaïe frère de Robert, roi de Naples (Predelli, 1. 1, p. 259). M. Grégorovius, en rappelant l'intervention de Jean de Gravina dans les affaires de la ville de Rome, pour y défendre les droits des papes d'Avignon et ceux du roi Robert, son frère, contre Louis de Bavière, lui donne prématurément, en 1311, le nom de Jean d'Achaïe et le titre de Prince d' Achaie [Hist. de Rome, au m. âge, trad. ital., t. VI, p. 47, 48, 63, 66, 84).
Miscellanea, Les princes de Morée etc. 3
nistrer le pays en son nom par des bailes (1). En 1325, il passa dans le Péloponèse, et fut reconnu par les barons moréotes à Clarentza (2) ; mais il retourna peu après en Italie. En 1327 il était à Aquila, vicaire du roi Robert, son frère, à la tète de troupes prêtes a marcher sur Rome (3). Au mois d'octobre 1330, toujours vicaire du roi de Naples, il était sénateur de Rome (4). A la mort de Y empereur Philippe, en 1331, Catherine de Valois, suzeraine de la Morée en sa qua- # lité d' impératrice veuve , contesta au comte de Gravina, son beau frère, ses droits à la possession de la Morée. Une transaction intervint entre eux Tannée suivante. Le 17 décembre 1332 Jean renonça à tous ses droits sur la Morée et
reçut en échange le duché de Durazzo avec le titre de roi d' Albanie (5). Il devint ainsi la tige des ducs de Duras. Il mourut le 5 avril 1335 ou 1333.
Femme, en 1321 : Agnès de Périgord, fille d' Hélie VII comte de Périgord et de Brunissende de Foix, dont il eut :
1. Charles d'Anjou, duc de Duras, m. en 1348, beau-père de l'empereur Jacques de Baux; 2. Louis comte de Gravina; et 3. Robert, seigneur de Capaccio.
1320. Eudes IV de Bourgogne, duc de Bourgogne, frère de Louis de Bourgogne, mari de Mathilde de Hainaut, fut autorisé à se considérer comme prince de Morée, et par le testament de son frère qui lui transmettait ses droits sur la principauté et par la dépossession de sa belle soeur, quelque irrégulière qu'elle put être. Il tint fort peu néammoins à
(1) Schlumberger, Num. de V Orient lat., p. 302.
(2; Schlumberger, p. 302.
(3) Grégorovius, t. VI, p. 161.
(4> Grégorovius, t. VI, p. 209.
(5) Du Cange, t. II; Schlumberger, p. 303. Nonobstant cette renonciation, son second fils, Robert de Duras, prit ou accepta le titre de Prince de Morée en 1356. Buchon, Rech. et Mater., t. I, p. 303.
faire prévaloir ces droits, que lui contestait d' ailleurs le roi de Naples dans Y intérêt du comte de Gravina (1). Il en fit deux fois la cession: le 14 avril 1320 en faveur de Louis I. er , duc de Bourbon, chambrier de France (2), peu après et plus complètement à Y empereur de C. P.
Philippe de Tarente (3).
1316-1331. Un trouble entrème, dans les faits comme dans le domaine historique, suivit la mort de Louis de Bourgogne (1316) et la dépossession de Mathilde de Hainaut, sa femme, prononcée par l'empereur Philippe (1318), sur son refus d'épouser le comte de Gravina.
La suzeraineté et la possession réelle de la Morée furent durant cette période l'objet de contentions et de transactions plus ou moins définies entre la famille des ducs de Bourgogne, l'empereur Philippe II d' Anjou-Tarente, et les autres princes de la -maison de Sicile, qui soutenaient les prétentions du comte de Gravina.
L' abandon qu' Eudes IV de Bourgogne consentit à faire de tous ses droits sur la Morée en faveur de l'empereur Philippe, en 1320 ou 1321, après les avoir cédés l' année précédente à Louis de Bourbon, diminua le nombre des compétiteurs sans pacifier la principauté.
Il semble qu' au milieu de cette confusion, Y ordre de Rhodes parvint à exercer l' autorité réelle dans le pays, en vertu d' une délégation qu' avait pu lui- con-. sentir l'empereur. On voit en effet qu'en 1321, Jean de Vaux, grand commandeur de l'Hôpital en Romanie, qualifié baiîe et capitaine général d' Achaïe, négocie en cette qualité avec Venise, afin d' obtenir le concours de la république pour préserver la Morée des ravages qu' y exerçaient les partis catalans d' un coté et les troupes turques de l'autre (4).
La transaction intervenue en 1332, rendit enfin l' impératrice Catherine de Valois maitresse incontestée de l' Àchaïe.