HELENE
Mais prés de PEurotas aux flots mélodieux Ils passent, chevelus et forts comme des dieux, c O tueur de lions, dit la princesse blonde,
Guerrier toujours couvert de sang, tu dormiras Sur mon sein ; porte-moi dans la forêt profonde. » Et le jeune héros l'emporte dans ses bras.
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Sa robe en brocart d'or, divisée régulièrement par des falbalas de perles, de jais et de saphirs, lui serre la taille dans un corsage étroit, rehaussé d'applications de couleur, qui représentent les douze signes du Zodiaque. Elle a des patins très-hauts, dont l'un est noir et semé d'étoiles d'argent, avec un croissant de lune, — et l'autre, qui est blanc, est couvert de gouttelettes d'or avec un soleil au milieu.
Gustave Flaubert. — La Tentation de Saint Antoine.
La Reine de Saba
a reine Nicosis, portant des pierreries, A pour parure un calme et merveilleux concert D'étoffes, où l'éclair d'un flot d'astres se perd Dans les lacs de lumière et les flammes fleuries.
Son vêtement tremblant chargé d'orfèvreries Est fait d'un tissu rare et sur la pourpre ouvert, Où l'or éblouissant, tour à tour rouge et vert, Sert de fond méprisable aux riches broderies.
44 I»A HEINE I>E SABÀ.
Elle a de lourds pendants d'oreilles, copiés Sur les feux des soleils du ciel, et sur ses pieds Mille escarboucles font pâlir le jour livide.
Et fiêre sous l'éclat vermeil de ses habits, Sur les genoux du roi Salomon elle vide Un vase de saphir d'où tombent des rubis.
CLÉO'PCAT'RE
Cléopâtre embaumait l'Egypte ; toute nue, Elle brûlait les yeux, ainsi que le soleil ; Les roses enviaient l'ongle de son orteil...
Victor Hugo. — Zim-Zi\imu
Cléopâtre
JL^ans la nuit brûlante où la plainte continue Du fleuve pleure, avec son grand peuple éternel De dieux, le palais, rêve effroyable et réel, Se dresse, et les sphinx noirs songent dans l'avenue.
La blanche lune, au haut de son vol parvenue, Baignant les escaliers élancés en plein ciel, Baise un lit rose où, dans l'éclat surnaturel De sa divinité, dort Cléopâtre nue.
48 CLÏOPATRE.
Et candis qu'elle dort, délices et bourreau Du monde, un dieu de jaspe à tête de taureau Se penche, et voit son sein où la clarté se pose.
Sur ce sein, tous les feux dans son sang recelés Etincellent, montrant leur braise ardente et rose, Et l'idole de jaspe en a les yeux brûlés.
HÊ. e Bjy c DlQA < DE
Car elle était vraiment princesse : c'était la reine de Judée, la femme d'Hérode, celle qui a demandé la tête de Jean-Baptiste.
Henri Heine. — Atta Troll,
Hérodiade
es yeux sont transparents comme l'eau du Jourdain. Elle a de lourds colliers et des pendants d'oreilles ; Elle est plus douce à voir que le raisin des treilles , Et la rose des bois a peur de son dédain.
Elle rit et folâtre avec un air badin, Laissant de sa jeunesse éclater les merveilles. Sa lèvre est écarlate, et ses dents sont pareilles Pour la blancheur aux lys orgueilleux du jardin.
52 HERODIADE.
Voyez-la, voyez-la venir, la jeune reine !
Un petit page noir tient sa robe qui traîne * En flots voluptueux le long du corridor.
Sur ses doigts le rubis, le saphir, l'améthyste
Font resplendir leurs feux charmants : dans un plat d'or
Elle porte le chef sanglant de Jean-Baptiste.
tMESSQALIîKE
At Messalina, non alias solutior luxu, adulto auctumno simulacrum vendemiae per domum celebrabat. Urgeri prela, fluere lacus; et feminae pellibus accincts assultabant ut sacrificantes vel insanientes Bacchae; ipsa crine fiuxo thyrsum quatiens, juxtaque Silius hedera vinctut, gerere cothuraos, jacere caput, gtrepente circum procaci choro.
Tacite. — Annales, livre xi.
Messaline
Furieuse, et toujours en proie à son tourment, Messaline, que nul festin ne désaltère, Ayant sur son épaule une peau de panthère, Célèbre la vendange avec son jeune amant.
Elle serre en ses bras de neige éperdûment Silius, et lui dit : * Je voudrais sans mystère Me coucher à tes pieds devant toute la terre! • Et le vin coule à flots dans le pressoir fumant.
56 MESSAXINE.
Puis, tandis que le chœur danse au bruit de la lyre, La Bacchante déchire et brise en son délire De noirs raisins pourprés, et laissant à dessein
Leur sang vermeil couler sur ses belles chaussures, Elle baise le cou du jeune homme et son sein, Et sa bouche affamée y laisse des morsures.
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Marguerite, fille du Roy d'Escosse et femme du Daulphin, passant quelquefois par dedans une salle où esfoit endormi sur un banc Alain Charretier secrétaire du Roy Charles, homme docte, Poëte et Orateur élégant en la langue françoise, l'alla baiser en la bouche en présence de sa cornpaignie.
Gilles Corrozbt. — Recueil de divers propos des nobles et illustres hommes de la chrétienté.
Marguerite d'Ecosse
arguerjte d'Ecosse, aux yeux pleins de lumière, A de douces lueurs sur son visage aider ; Bien souvent on la voit tendre vers l'argentier Sa blanche main, de tous les bienfaits coutumiére.
Avec toute la cour et marchant la première, La Dauphine qui sait l'honneur du gai métier, Passe par une salle où dort Alain Charrier Comme un bon paysan ferait dans sa chaumière.
60 MARGUERITE d'ÉCOSSE.
Alors d'une charmante et gracieuse humeur, Voilà qu'elle se penche et baise le rhythmeur, Encor qu'il soit d'un air fantastique et bizarre
Et quelque peu tortu comme les vieux lauriers, Car il messiérait fort de se montrer avare Pour payer l'art subtil de tels bons ouvriers.
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On y menait Marie, pour la récompenser et la distraire, à l'heure où les chiens rentraient et se précipitaient par les portes, par les fenêtres basses, vers leurs loges.
. J M. Daroaud. — Histoire de Marie Stuart.
Marie Stuart
Saint-Germain, devant le fier château, Marie Stuart, le front orné de perles et d'or fin, Arrive de la chasse avec le roi dauphin, Car elle aima toujours la noble vénerie.
Toute la cour l'entoure avec idolâtrie, Oubliant pour ses yeux la fatigue et la faim, Et François pâlissant, dans un songe sans fin Admire sa blancheur et sa bouche fleurie.