II. — KÉJIONS NATURELLES DE LA KUSSIE
La région polaire. — Les Lapons y élèvent le renne
IjU forêt «lu Nord. — La forêt qui couvre près delà moiî,ié de l'Evuope orientale, s'éclaircit au S du 60". pour faire place aux champs de seigle et de lin ; dans cette région intermédiaire, où la houille a développé l'industrie, la population devient plus dense ; Petrograd, Nijni-Novgorod, Kazan, Moscou, Toula.
Lia Terre- Xoire. — La Terre Noire est surtout fertils blé betterave) à T'W, où les pluies sont suffisantes; là se sont développées des industries agricoles : Kiev, Karkov. Saratov
Lia, tftoppe. — Pays d'élevage extensi{(cheval, mouton , la steppe concentre ses populations près des fleuves et de la mer : Ekatéri. noslav, Oaessa. Rostov, Astrakhan.
La Crimée. - Les montagnes de Crimée abritent une véritable côte d'Azur.
TjCS pays de l'Oural. — Riche pays minier (or, bouille fer\ l'Oural a des industries raétallurgiques, que l'éloignement empêche de se développer.
i. — Les États baUiqnes. — Avant 1917, l'EuTope Orientale ne comprenait qu'un seul Etat, l'Empire russe, qui dans le cours des deux derniers siècles s'était annexé vers rvV bon nombre de provinces frontières habitées par des éléments non russes : Polonais, Lituaniens, Lettons, Esthes, Finlandais.
Ces populations allogènes ont profité de la Révolution pour échapper à la domination russe, et pour se constituer en Républiques indépendantes : Pologne (voir p. 297;, Lituanie, Lettonie, Estonie, Finlande.
La Lituanie a été pendant deux siècles (1569-1772) unie à la Pologne, mais les Lituaniens, catholiques comme les Polonais, n'appartiennent pas au même rameau de la race aryenne que oux-ci et ne parlent pas la même langue. Les éléments polonais et lituaniens sont d'ailleurs enchevêtrés, si bien qu' « il est difficile d'établir la notion de Lituanie. La population lituanienne, dans son ensemble, mais mêlée à de grands propriétaires polonais, habite au N de la ligne Suvalki-Olila-Vilna-Dunabourg. Au S, les Lituaniens rayonnent sur le territoire bianc-russien, où les Polonais ont pénétré et qui est fortement polonisé. Vilna, 'r odno et les autres villes sont polonaises. Les Juifs se trouvent ;ans toute la Lituanie. Les Allemands habitent surtout sur la frontière de la Prusse orientale » (Ludendorff). Si la Lituanie ol)tenait les frontières qu'elle désire, son territoire couvrirait i 00.000 km-, engloberait 4 à 5 millions d'habitants, et comprendrait quelques grandes villes, entre autres Kovno, capitale provisoire (92.000 hab. avant la guerre), et Wilno ^200.000 hab.); mais cette dernière est énergiquement revendiquée par les Polonais.
La Lettonie [Latvia; comprend notamment l'ancienne Courlande et une partie de l'ancienne Livonie ; elle s'étend sur environ 65.000 km-, peuplés de 2 millions 1/2 d'habit ints, en grande majorité de race aryenne mais protestante (Lettons, 78 p. 100 ; Juifs, 7 p. 100, Allemands, 7 p. 100, etc.) ; la langue lettonne "st parente du lituanien. La capitale est le grand port commerçai de Riga (570.000 hab. en 4913) ; Libaja (Libau, 90.000 hab.) sur la côte de Courlande, Jdgava (Alitau, 40.000 hab.), et DaU' gavpils [Dvinsk, 110.000 hab.) sur la Duna, à la frontière russe, .e trouvent également dans les limites du nouvel Etat.
L'Estonie ne couvre que 45.000 km^, sa population n'atteint pas 2 millions d'hab. ; les seules villes importantes sont la capitale Reval (175.000 hab,}, ancien port de guerre russe, et Tartu (Dorpat ; 65.000 hab.), près du lac Peïpous.
La Finlande s'étend sur 380.000 km^, mais à ce vaste ierritoire, couvert de forêts (57 p. 100) et de marécages (20 p. 100), semé d'innombrables lacs (13 p. 100), ne correspond qu'une population peu nombreuse, à peine plus de 3 millions d'hab. (8 au km^). Presque toute cette population est concentrée sur le littoral baltique et dans le S de la péninsule ; les seules villes importantes sont Helsingfors (185.000 hab.), capitale, Abo (55.000), Tammerfors (55.000) et Viborg (30.000).
Les Finlandais, comme les Esthes, sont de race finnoise et de religion lathénenne.
Toute cette région baltique forme la transition elle lien entre V Europe occidentale et la Russie. Depuis la fin du Moyen Age, elle fut le théâtre de la lutte entre les Allemands, les Scandinaves et les Slaves.
Terre de colonisation allemande, conquise par les ordres de chevaliers, longtemps rattachée soit à la Suède, soit à la Pologne, elle ne devint russe qu'à partir de PiERUE LE Grand au xviii^ et au xix*' siècle. L'issue de la Grande Guerre a rendu à l'indépendance les divers groupes de populations indigènes qui sous la domination suédoise, polonaise ou russe avaient jalousement conservé leurs idiomes nationaux et leurs confessions religieuses, qui ne s'étaient jamais résignés à voir le grand commerce et la grande propriété passer entre les mains des {( barons baltes » d'origine allemande.
Mais le jour où la Russie aura repris sa place dans le monde, il est bien peu probable qu'elle se résigne à ne plus avoir sur la Baltique qu'une toute petite fenêtre, ouverte au fond du golfe de Finlande. A défaut de liens politiques, des iieiis économiques étroits se renoueront certainement entre les minuscules États maritimes riverains de la Baltique et l'immense Russie continentale, où les ports de Riga et de Reval ont leur arrière-pays.
LA RUSSIE d'eUROPE 375