VUE D ENSEM3LE SUR L AMÉRIQUE DU NORD
Lies deux Amériques. — Entre l'Ooèan Pacifique et 1 Océan» Atlantique se dresse le continent américain, long de 18 000 km.
L'Amérique du Nord. Relief. — Les Hautes Terres Occidentales sont constituées par de larges plateaux (Plateau de la Coîumbia,^ Grand Bassin, Plateau du Colorado), qu'encadrent à l'W la Chaîne côtière, les Chaînes des Cascades, la Sien a Nevada (4.418 m), et à l'E les Montagnes Rocheuses (4.409 m). — Les Plaines Centralesse développent sans interruption depuis l'Océan Glacial jusqu au Golfe du Mexique. — Les Hauteurs Orientales comprennent le Plateau Laurent/en (300 xn) et le Système Appalachien (Alleghanies, 2.044 m).
Ltittoral. - La côte du Pacifique, réchauffée parleKouro-Chivo, est fermée par !*:;3 montagnes parallèles. Sur l'Atlantique, le littoral NE. que prolonge à l'intérieur la Méditerranée lacustre, est encombré de glaces et de brouillards ; le littoral SE est peu favorable à la navigation.
Climat. — Sans protection contre les vents polaires ou tropicaux, 1 Amérique du Nord a un climat excessif, et des pluies généralement peu abondantes.
Eaux couyantes. — Silonmet à part la région de l'Ou3st,trop accidentée, l'Amérique du Nord dispose d'un magnifique réseau lacustre [lacs Supérieur, Huron, Michigan, Érié, Ontario) et fluvial {Saint-Laurent, Hudson, Mississipi).
ProductioHS naturelles — Au S de la toundra et de la forêt s'étendent d'^W en E : la zone du Pacifique, couverte d'una riche végétation ; la zone désertique des platea;ix ; les stappeSi prairies de la plaine centrale et delà zone atlantique. *
JPopulations et États. — Peuplée surtout de blancs et de nègres immigrés, l'Amérique du Nord a reçu l'empreinte anglosaxonne au Canada et aux États-Unis ; le Mexique néo latin n'a pas eu un développement équivalent.
1. — Les deux Amériques {ftg. p. 472). — Entre l'Océan Pacifique et l'Océan Atlantique, du 72° lat. N au SG'^ lat. S, sur une longueur ininterrompue de 18.000 km se dresse le continent américain. Ses deux parties, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, sont reliées par la série ù' isthmes de ï Amérique centrale, et parle chapelet d'i7es Aç^ Antilles. Tant que les travaux de percement de J''«ithme
de Panama, qui n'a pas 56 km de largeur, sont restés
jOrrection générale \de3 plissements.
Fig. 151 . — Principaux traits de la structure physique de l'Amérique.
inachevés, un énorme détour s'imposait aux navires qui voulaient passer de l'un à l'autre Océan.
Dans l'ensemble, la structure du double continent est / très simple. Toute la partie W des deux Amériques, de l'Alaska au Gap Horn, est dominée par un alignement de montagnes très élevées, qui se développent presque sans interruption sur une longueur de 18.000 km, et qui atteignent une largeur maximum de 2.000 km. A VE, des hauteurs d'altitude beaucoup ynoindre, souvent interrompues par des dépressions très larges, se succèdent du Saint-Laurent au Rio de la Plata. Entre ces deux séries de hauteurs s'ouvrent de vastes plaines, qui communiquent facilement les unes avec les autres. De l'embouchure du Mackenzie à celle du Rio de la Plata, on pourrait (abs-
R action faite des sierras vénézuéliennes) éviter de renintrer les cotes de 1.000 m.
2. — L'Amérîqoe du IVortl. Relief. — à) H.\UTES TERRES u^ciDENTALEs. — Daus l'Amérlque du Nord la Cordillère occidentale est constituée par une double série de monlagnes à peu près parallèles f entre lesquelles s'étendent de kauts plateaux très vastes. Toute cette région, dont Témersion définitive date seulement de l'époque tertiaire, a subi des dislocations profondes. De gigantesques failles ont morcelé le terrain en compartiments dont les uns ont été surbaissés, les autres surélevés. L'activité volcanique est intense ; de nombreux volcans éteints ou en activité dominent les grandes fosses du Pacifique, d'immenses champs de lave couvrent une partie des plateaux.
Dans V Alaska, la Cordillère atteint 6.240 m au Mont Mac- Kinley, point culminant de l'Amérique du Nord.
Au Canada, elle se développe sur une largeur de 600 à 800 km. Son rebord occidental est constitué par les hauteurs en partie submergées qui acciden ten l Vile Vancouver, et par la Chaîne Côtière (2.600 m). Son rebord oriental est formé par la Chaine de l'Or, les Monts Selkirk et les Montagnes Rocheuses, qui élèvent jusqu'à plus de 4.000 m leurs sommets hardis, au milieu desquels les rivières ont creusé de profondes vallées. Entre ces deux alignements montagneux s'étalent des plateaux dans la masse desquels le Fraser, la Columbia et leurs affluents ont découpé des gorges eldes cagnons magnifiques.
Cette même disposition se présente aux États-Unis {fig. 474). mais sur le parallèle 40*^ la Cordillère s'y épanouit en un système qui atteint jusqu'à 1.800 km de largeur.
A rw se dressent deux soulèvements montagneux, qui encadrent l'étroite dépression de Californie ; d'abord la Chaîne côtière {Coast Range) qui diffère géologiquement de la chaîne côtière canadienne, — puis les Chaînes des Cascades ot la Sierra Nevada.
Les Chaînes des Cascades sont volcaniques : leurs plus hauts massifs, qui dépassent 4.000 m {Mont Rainier , 4.309), sont des volcans éteints ou actifs. Leurs cimes, recevant de plein fouet les humides vents d'W, sont couvertes de neiges éternelles ; des glaciers en descendent, et arrivent jusqu'au niveau des prairies et des belles forêts qui occupent les pentes.
Fig. 152. — Coupe de l'Amérique du Nord suivant le parallèle -><
Les montagnes granitiques de la Sierra Nevada, dont le point culminant, qui est en même temps le sommet le plus élevé d'es Etats-Unis, est le Mont Whitney (4.543 m), ne sont pas moins riches en beautés naturelles que la Chaîne des Cascades ; c'est dans la Sierra Nevada* que se trouve la merveilleuse Yosemile Valley dont les gorges, les promontoires et les cascades provoquent l'admiration des voyageurs.
A l'E, les Montagnes Rocheuses {fig. p. 476) sont de très hautes montagnes où de nombreux pics atteignent 3.000 m, et qui renferment dans le voisinage des sources du Kansas et du Kio Grande del Norte un groupe important de sommets dépassant 4.000 m {Pic Blanca, 4.409). Les flancs des Rocheuses sont couverts d'éboulis provenant de la désagrégation de la montagne par les agents extérieurs (changements de température, gel et dégel, etc.) : la sécheresse du climat a privé en effet les Rocheuses de la couche relativement protectrice de neiges éternelles et de glaces de nos Alpes et de nos Pyrénées. Entre 1
massifs s'ouvrent de hauts bassins boisés ou parks, d'où sortent les rivières. Le plus connu est le Yellowstone Park, célèbre par ses beautés naturelles (geysers, cascades, lacs, etc.), et dont les Etats-Unis ont fait un Parc national. Des cols assez nombreux ont permis aux chemins de fer transcontinentaux de franchir les Rocheuses sans trop de tunnels.
Entre la Sierra Nevada et la Chaîne des Cascades d'une part, les Montagnes Borheuses d'autre part, s'étendent les hauts plateaux de la Columbia, du Grand Bassin et du Colorado. Leur altitude moyenne varie entre 1.200 et 3.000 m; l'un d'eux, le Grand Bassin, est à lui seul plus grand que la France.
Au voisinage des plateaux canadiens se trouve le plateau que drainent la rivière Columbia et son grand affluent, la Snake River. C'est dans cette partie du Far West américain que le volcanisme a atteint son maximum d'intensité : les champs de laves basnltiques s'y étendent parfois sur plusieurs centaines de km, et les cours d'eau y ont pratiqué de profonds cagnons qui divisent le plateau en tables d'une horizontalité presque parfaite. La seule plaine est celle où se sont accumulées au cours des siècles les alluvions de la Columbia et de la Snake Hiver.
Le Grand Bassin, dont l'altitude moyenne est de 1.200 à. 1.800 m, est compris entre la Sierra Nevada et les Monts Wahsatch ; il est sillonné de rangées de hauteurs alignées du N au S, entre lesquelles se creusent de profondes dépressions, résultant d'effondrements locaux et parfois comblées par les laves : l'une d'elles, la Vallée de la Mort, au S, est en partie au-dessous du niveau de la mer. De grands lacs occupèrent autrefois une partie du Grand Bassin ; ils se sont peu à peu desséches et ont été considérablement réduits. Ces lacs [Bassin de Humboldty Grand Lac Salé, etc.), qui témoignent de l'existence des anciennes nappes lacustres, concentrent les eaux de tout ce bassin sans écoulement vers la mer.
Entre les Rocheuses méridionales et les Monts Wahsatch s'étend le plateau du Colorado, dont l'altitude moyenne atteint 2.000 m. Il est formé de grandes tables calcaires {mesas), presque horizontales comme les tables de lave de la Columbia, et dans lesquelles les rivières, en particulier le Colorado, ont creusé d'étroites et profondes vallées aux flancs très abrupts {cagnons). Le Grand Cagnon s'allonge sur plusieurs centaines de kilomètres; il est profond de 1.200 à 1.800 m, et, par endroits, sa largeur se réduit à 30 m.
Au plateau du Colorado fait suite le grand plateau mexicain, qu'encastrent les Sierras Madrés, occidentale et orientale.
b) Plaines centrales. — A l'E des Montagnes Rocheuses se développent les vastes plaines du centre américain. Au Canada, c'est d'abord une large 7iappe de terrains créta-
Cliché du Vérascope Richard.
Fi^. 153. — Dans les Montagnes Rocheuses.
ces, gigantesque a Champagne » à l'aspect de steppe hot bense; puis ce sont de riches allumons, qui ont rempli 1 fond d'un vaste lae aujourd'hui disparu. Aux Etats-Unic'est le domaine de la Grande Vallée, qui s'abaisse insen siblemenl en pente graduelle de l'W et de TE vers le coui du Mississipi, sensilDlement dirigé dans le sens des méridiens.
l'amkrique du nord 477
De la plaine canadienne à la « grande vallée » on passe en franchissant un simple dos de pajs, qui ne dépasse pas 300 no, et qui suffît pour incliner les eaux soit vers le NW, soit vers le NE, soit vers le S.
Entre les Rocheuses et le Mississipi se succèdent, sur une largeur de 1.200 km, le plateau, accidenté de place en place par des hauteurs telles que les Black Hills, et loi plaine, mollement ondulée. Entre la Rivière Rouge du Sud et le Rio Grande del Norte, le plateau est si uniforme que les explorateurs espagnols, pour y retrouver leur route, élaient obligés de planter des pieux à quelque distance les uns des autres : de là le nom llano estacado (plaine jalonnée de piquets).
Au S, la Grande Vallée s'ouvre largement par une plaine de 150 m. d'altitude, qui se termine par une côte basse sur le golfe du Mexique.
i) Hauteurs ORIENTALES. — La plaine canadienne estlimië au NE par l'immense plateau laurentien, qui s'étend sans interruption du Mackenzie au Labrador. Formé de Yoches très anciennes, que recouvrit autrefois un e'norme glacier dont on a retrouvé les moraines jusqu'à New York et à Saint-Louis, ce plateau a été réduit à l'altitude d'une plaine (300 m), dans le sol de laquelle les eaux ont découpé des collines et creusé des vallées {Hauteurs des Terres, Croupes des Laurentides, par exemple). Gomme toutes les régions qui ont subi longtemps l'action glaciaire, l'ancien plateau laurentien est criblé de lacs allongés, et sillonné de rivières au cours incertain, que coupent des rapides et des chiites.
Parallèlement à la côte Atlantique s'allonge un massif de roches anciennes, qui fut autrefois très élevé, mais que l'érosion a ramené au niveau d'une pénéplaitie, et que des mouvements ultérieurs du sol ont relevé sensiblement. C'est le système appalachien.
Au Canada, les chaînes parallèles des Appalaches, après avoir accidenté les îles de Teire-Neuve, du Cap-Breton et du Prince- Edouard, se prolongent dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick, puis dominent la vallée du Saint-Laurent.
Aux Etats-Unis elles occupent, sous le nom d'Alleghanies, une superficie égale au 1/3 de la France et forment une série de
plissements qui sont fréquemment coupés de cluses et qui enferment de longues vallées suivies par les rivières. A la nature du sol près, c'est notre Jura.
Il s'en faut que les Alleghanies atteignent les dimensions des montagnes de l'W. Leur altitude moyenne est de moins de 1.000 m ; leur plus haut sommet, le Black Domey a 2.044 m.
3. — Littoral. — Le littoral de l'Amérique du Nord est beaucoup moins favorable à la vie économique que le littoral européen.
Au N les glaces polaires rendent inutilisables les découpures et les îles des mers arctiques, le passage du NW n'existe pas commercialement; seule, la grande nappe intérieure de la Baie d'Hudson, libre de glaces pendant 4 ou 5 mois d'été, ouvre une route vers l'Océan Atlantique.
La côte du Pacifique, que favorisent les eaux tièdes du KourO'Chivo, est malheureusement bordée par des montagnes qui lui sont parallèles, et qui se laissent rarement entamer par des baies accueillantes à la navigation (baies de Skagway, de Vancouver, de San Francisco) ; l'épaisseur de cette Cordillère rend en outre difficiles les relations avec l'intérieur : c'est une côte fermée.
La côte de l'Atlantique septentrional est beaucoup plus découpée, la direction du rivage étant oblique à celle •des montagnes. Au NEy le golfe du Saint- Laurent, les découpures de la Nouvelle-Ecosse, les baies vastes et profondes de la Nouvelle- Angleterre y ont leur utilité encore accj ue par les estuaires du. Saint- Laurent, de VHudson, etc. ; la faible altitude du système appalachien facilite les relations avec la grande plaine centrale, et surtout avec cette Méditerranée lacustre que représentent les cinq grands lacs, Ontario, Érié, Huron, Michigan et Supérieur (superficie totale :i25O.O0Okm^).
Si le littoral nord oriental de l'Amérique est néanmoins d'une valeur inférieure à celle du littoral européen, cela tient uniquement à sa disposition par rapport aux courants marins : le Gulf Stream, qui va réchauffer les côtes d'Europe, se trouve écarté des côtes américaines par le courant froid du Labrador ; à la latitude de notre Manche,
480 LKS l'RINCirALES PUISSANCliS DU MONDE
l'entrée du Saint-Laurent est obstruée par les glaces pendant tout l'hiver ; des brouillards opaques gênent fréquemment la navigation.
Le littoral SE, sur l'Atlantique et le golfe du Mexique, a des caractères différents du littoral NE. Il est peu propice à la navigation.
Au S de la baie de Chesapcake, la, plaine lillorale s'élargit notablement ; 400 et même 500 km séparent les Alleghanies de l'Océan. Aussi la côte est-elle très basse, bordée de lagunes et de flèches de sable. On a pu dire de la côte de Floride que c'était « quelque chose d'intermédiaire entre la terre et 1 eau »; sans cesse elle se trouve modifiée par le travail des rivières qui apportent des alluvions, et par celui des coraux qui construisent leurs récifs ou keijs.
Dans l'ensemble donc, l'Amérique du Nord est loin de se prêter à une vie maritime aussi intense que 1 Europe ; rien ne correspond chez elle à ce que sont pour l'Europe les mers du NW et la Méditerranée. La mer des Antilles est trop éloignée de la zone tempérée pour jouer un rôle équivalent à celui de celte dernière.
En revanche, l'Amérique a sur l'Europe, dans sa partie centrale et orientale tout au moins, l'avantage de magnifiques voies fluviales et lacustres (Saint-Laurent, Grands- Lacs, Hudson, Mississipi) qui prolongent en quelque sorte l'activité maritime à l'intérieur des terres : sa véritable Méditerranée, ce sont ses Grands Lacs.
4. — Climat. — L'Amérique du Nord, qui dépasse au N le cercle polaire, et au S le tropique du Cancer, a naturellement des climats très variés. Mais ce qui, dans l'ensemble, caractérise son climat, c'est qu'il est avant tout continental. Non seulement la mer ne pénètre pas profondément à l'intérieur des terres, mais encore son influence ne peut se faire sentir que dans une zone littorale assez étroite. Les vents dW, prédominants dans les zones tempérées sont arrêtés par la double muraille des hauteurs du Pacifique. Quant à la côte orientale, elle est bordée par le mur froid des eaux polaires (fig. p. 482).
l'amérique du nord 4SI
D'autre part, l'Amérique ne présente d'E en W aucune barrière montagneuse — semblable aux Alpes par exemple — contre les influences du N et du S. Les vents venus du pôle, ainsi que ceux qui soufflent de la région tropicale, se propagent sans rencontrer d'obstacle dans la grande plaine centrale {fîg. p. 482).
Les écarts de température sont donc souvent considé' râbles, et la hauteur annuelle des pluies médiocre.
Ce caractère violent et excessif se m^anifeste même près du littoral . A latitude égale, il y a de grandes différences entre les températures de l'Europe occidentale et celles de l'Amérique orientale. Près du 47<^, Nantes a comme moyennes de janvier et juillet + 405 et + 1805 (écart 14o), Québec — 11° et + 20° (écart 31<^). Près du 38°, Lisbonne donne 10° et 24° (écart H«), Washington 0*5 et 240 (écart 24»). Près du 32°, Mogador, en Afrique, donne 16® et 21° (écart 5°), Savannah, en Amérique, iO<^ et 27* (écart \T).
C'est là, avec l'opposition du relief (très massif en Amérique, très délié en Europe), un des contrastes les plus nets qui existent entre les deux mondes blancs, celui d'Europe et celui d'Amérique.
5. — Eaax conrantcs. — Si l'on met de côté les hautes terres occidentales, — où le relief accidenté ne permet pas aux tleuves, même les plus longs (Columbia, Colorado, Rio Grande delNorte) d'être navigables, — l'Amérique du Nord dispose d'un magnifique réseau fluvial et lacustre.
Vers les mers arctiques, le Youkon, le Mackenzie et le Nelson portent les eaux d'innombrables lacs et rivières.
Presque toutes ces rivières ont des yentes très faibles, et leurs sources, très rapprochées les unes des autres, les mettent en communication facile. Les premiers explorateurs du Canada, comme les Indiens, portaient leurs canots d'une rivière à l'autre, et ces seuils, ou portages, où se sont établis des villages ou des villes, sont maintenant occupés par des canaux. Le malheur est que les routes fluviales du NW sont interceptées par les glaces pendant de longs mois.
Les Grands Lacs, formés par l'accumulation des eaux
derrière les moraines des glaciers qui couvraient autrefois le plateau laurentien, communiquent entre eux et -avec rOcéan.
Fig. 135. — Le'climal de V Amérique.
Le Lac Supérieur, véritable mer, qui a ses marées et ses tempêtes, et dont le fond s'avance presque jusqu'au centre du con tinent américain, à moins de l.OUO km du Mississipi naissant, communique avec le lac Huron par la rivière Sainte-Marie qui
l'amérique dit nord iS3
forme les rapides du Sault, tournés par deux canaux ; les lacs Huron et Michigan (ce dernier tout voisin de l'illinois, affluent du Mississipi) confondent leurs eaux ; entre les lacs Huron et i^rié, le petit lac de Saint-Clair et la rivière du même nom servent d'intermédiaire ; le lac Erié se déverse dans le lac Ontario par la ricière Niagara qui forme les chutes du Niagara.
Mississipi-Missoun 7200 hhm.
Amazone 6800
BiodehPlata 3700 1-
OréTioque 2300 HHHH
Le plus grand fleuve frajiçraJs, la Loire ^ a 1000 Icilom.
Borna in e de
l'Amazone 7miI7ions kmq-
Mississipi
Débit par seconde
Amazone PJata MssissipiÛrénoçae
mOÛïïi.c. l^OOOm.c.
ÔÛOÛÛm.
i2000fn.c.
Fig. iî'6. — Longueur, domaine et Orenoç'ie débit comparés de quelques grands fleuves américains.
L'émissaire des Lacs est le Saint Laurent, belle voie navigable de 1 .350 km de long, qui se rétrécit et s'élargit tour à tour avant de devenir, en aval de Québec, un véritable bras de mer. Malheureusement le Saint- Laurent est gelé de novembre à mars, et sa valeur en tant que voie commerciale se trouve ainsi notablement réduite.
Au S du Saint-Laurent, les Appalaches envoient vers r Atlantique des cours d'eau de faible longueur, mais de siiffîsanle profondeur et de régime bien équilibré ; la marée approfondit leur cours inférieur, et permet aux
navires de mer, comme en Angleterre, de les remonter assez longtemps.
L'Hudson surtout est précieux : sa valle'e moyenne, prolongée par le lac Champlain et la rivière Richelieu, mène au Saint-Laurent; son affluent, le Mohawk, ouvre une route vers le lac Erié et vers TOhio, offrant ainsi à la Méditerranée lacustre un débouché plus méridional que le Saint-Laurent.
Mais ce qui fait surtout , par rapport à l'Europe, la supériorité hydrographique de l'Amérique tempérée, c'est le développement dans sa plaine centrale du plus long fleuve du monde (flg. p. 483), pjg 157.
le Mississipi, dont le domaine s'étend sur 3.300.000 km- (le 1/3 de la superficie de l'Europe)
Le Mississipi à son cojifluent avec VArkansas.
Le Mississipi proprement dit a 4.200 km de long. 11 naît à la faible altitude de 480 m, puis traverse une région semée de petits lacs où il forme de nombreuses chutes, dont la force motrice a été utilisée par l'industrie. Entré en plaine, il reçoit a Saint-Louis deux affluents de longueur et d'importance inégales. Le plus petit mais le plus utile est rillinois, qui fait communiquer la vallée du Mississipi avec le lac Supérieur, et par un canal, met en relation Saint-Loiu's avec Chicago. Le plus long, mais le moins utilisable, est le Missouri: si l'on considère celuici comme la branche supérieure du Mississipi, le fleuve qui
>débouohe dans le golfe du Mexique a 7.200 km de long. Mais le Missouri, qui sort des Montagnes Rocheuses et traverse ensuite les plateaux de la Prairie, a un débit très irrégulier, roule d'énormes quantités de matériaux et n'est navigable que sur une faible partie de son cours.
A Cairo, le Mississipi reçoit TOhio, magnifique voie navigable de 1.500 km vers la iNouvelle-Angleterre et vers le lac Érié, auquel il est relié par tout un système de canaux [fig. p. 534).
Fig. 158 . — Délia du Mississipi
A partir du confluent de l'Ohio, le Mississipi, devenu le « Grand Boueux « depuis qu'il a reçu le Missouri, coule dans une plaine très basse, ancien golfe marin comblé par ses alluvions. H décrit des méandres nombreux, dont beaucoup, abandonnés, alignent de chaque côté du fleuve une série de lacs en forme de croissant [fig. p. 484). Des bancs de sable encombrent son lit; des troncs d'arbres déracinés s'accumulent en énormes barrages, et c'est à grand peine qu'on a pu conserver au milieu du fleuve un chenal navigable. VArkansas, issu des Rocheuses méridionales, et la Rivière Rouge du Sud, qui a traversé les plateaux du llano estacado, contribuent encore à accentuer les défauts duMississipi,qui se termine dans le golfe duMexique par un delta
marécageux de 32.000 km^, dont la palle d'oie s^avancft de 20 m par an {fig. p. 485).
6, — Prodactions nafareiics. — Du Cercle polaire au tropique l'Amérique du Nord présente les aspects de végétation les plus variés; la simplicité du relief et la netteté des caractères climatiques amènent la succession de grandes zones végétales qu'ignore l'Europe occidentale.
La région voisine du cercle polaire est le domaine des toundras, ou barren grounds (terres stériles). Puis vient la grande forêt boréale.
Au S du 45*" parallèle environ, les aspects végétaux se succèdent d' W en E, beaucoup plus que du N au S :
L'étroite zone littorale du Pacifique, abondamment arrosée, est couverte de forêts dans le N, de cultures et de vergers dans le S.
Les hauts plateaux fermés de l'W sont occupés par des déserts
La Grande Vallée, plus sèche dans sa partie occidentale, est une zone de steppes prairies.
La i^égion atlantique, humide, est au NE une région de pâturages et de cultures tempérées (blé), au SE une région de cultures tropicales {coton, canne à sucre).
Les ressources minérales de l'Amérique sont considérables. Métaux précieux {or et argent), métaux utiles (fery cuivre^ plomb, étain, nickel, mercure), houille, pétrole, gaz naturels, etc., s'y rencontrent en masses parfois énormes.
Tf. — Populations et États. — L'Amérique n*est pas aussi, isolée sur le globe qu'elle le paraît au premier abord. Les distances qui la séparent des autres continents vont en diminuant vers le iV. Si l'on compte 20.000 km de Panama à l'Indochine, et 2.000 km encore de Terre-Neuve aux Açores, le détroit de Bering, en revanche, n'a pas 92 km de large, et les îles Aléoutiennes jettent entre le Kamtchatka et l'Alaska comme un pont par lequel semblent s'être opérées les migrations des populations de l'Amérique précolombienne : Eskimos et Indiens.
Ces populations étaient très peu nombreuses lorsqu'en 1492 Colomb découvrit l'Amérique, et l'immigration blanche, qui dès le xvi« siècle se porta vers le Nouveau Monde, en restreignit encore l'importance : les indigènes sont aujourd'hui en nombre infime dans l'Amérique du Nord.
Par contre, l'Amérique du Nord a vu se développer, à côté des populations blanches, un élément nègre importé d'Afrique par la traite des esclaves, et principalement cantonné dans la partie SE du continent boréal ; la région du Pacifique aurait vu se développer également, mais par immigration spontanée, un élément jaune, si des mesures restrictives n'avaient été prises à son égard.
Tout compris, la population de l'Amérique du Nord reste très faible : un peu plus de 5 hab. au km^
L'élimination des Hollandais, des Français, des Espagnols et des Russes, dans le cours des trois derniers siècles, a livré VAméîHque du iVo^'c^ presque entière à l'hégémonie anglo saxonne. Le Canada est devenu colonie anglaise; les États Unis, échappés à la tutelle de l'Angleterre, ont su conserver leur indépendance et se placer au premier rang des puissances mondiales.
Seule la République mexicaine, où la langue espagnole est restée dominante, a gardé son caractère néo-latin ; mais ni les lo millioDfi d'hab. qui peuplent ses 2 millions de km^ ni les 1.200 millions de fr. (chiffre d'avant-guerre) de son commerce extérieur ne lui permettent de prendre rang parmi les grandes puissances du monde.
OUVRAGES A CONSULTER Voir p. 507 et 539 .
QUESTIONS A ÉTUDIER
Les plateaux de TOuest américain.
Le Mississipi : étude de fleuve.
CTIAPITRE XXV