‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 13 sur 154 · II. — Conquête du globe par la « civilisation · texte numérisé non relu

II. — Conquête du globe par la « civilisation

Née dans le monde méditerranéen, notre civilisation s'est étendue au monde de l'Atlantique vers la fin du Moyen Age, et au monde du Pacifique dans la période contemporaine. La science a réalisé au XÏX'^ siècle l'unité économique de l'univers civilisé.

Les régions dans lesquelles se trouvent aujourd'hui réparties les principales puissances sont : l'Europe du Nord-Ouest (Angleterre, Pays-Bas, Belgique, France). lEurope centrale (Allemagne. Suisse, Autriche, Tcliécoslovaquie. Hongrie, Pologne, Roumanie), l'Europe méditerranéenne (Italie). l'Europe orientale (Russie), l'Asie orientale (Ciiine, Japon), l'Amérique orientale (Etats-Unis, Brésil, Argentine).

ï. — Conditions géographiques de la vie civilisée

1 — Conditions défavorables ù. la \ie civilisée, — L'homme

semble à peu près arrivé aujourd'hui à la pleine possession

Principales puissances du monde. ^ 1

2 LES PULNCU'ALEi PUISSANCES DU MOND'-:

de ses moyens d'action sur la nature, à la pleine connaissance de la terre habitable. Si bien des changements. sont encore probables dans la répartition des forces économiques et politiques, il paraît néanmoins possible de marquer les régions du globe les plus favorables à l'activité humaine, de cantonner, tout au moins par élimination, les zones où sont destinées à se développer les grandes forces de l'humanité, les principales puissances du monde.

La nature en effet interdit à l'homme certains domaines, et l'attire en revanche vers d'autres contrées particulièrement favorisées. Le climat, le relief, la nature du sol interviennent pour grouper ou pour séparer les hommes, pour faciliter ou pour rendre malaisés les rapports économiques et sociaux.

Lç climal exerce son action par la température et par l'humidité : l'une et l'autre doivent répondre à certaines conditions pour que la vie humaine puisse s'épanouir complètement.

L'extrême froideur et la chaleur ininterrompue engourdissent les énergies physiques, atrophient presque les intelligences. Bien que la zone équatoriale, à l'inverse des zones polaires, abonde en ressources végétales et animales, les riverains du Congo et de l'Amazone ne sont vraisemblablement pas plus appelés à jouer un rôle prépondérant que les indigènes de l'Alaska ou de la Terre de Feu : les uns comme les autres paraissent destinés à subir l'action d'autres races, à laisser exploiter par des étrangers les richesses naturelles de leur sol.

La grande sécheresse, en restreignant la vie végétale et animale, a créé de vastes zones désertiques, également impropres à un juissant développement économique : ni le Sahara ni l'Arabie ne tireront jamais d'eux-mêmes les ressources indispensables à la création d'une véritable force « mondiale ».

Le relief a, dans le passé, représenté par lui-même un élément important dans les relations humaines. Les contrées dilficilement accessibles servirent de refuge aux populations menacées dans buir indépendance, de point d'appui à certains groupements militaires ou politiques; elles parurent en revanche peu propices à la vie économique.

De nos jours, les progrès de la science oni modifié la position du problème : lindustrie moderne perce les plus hautes montagnes; la houille blanche crée à proximité des torrents et des

minerais de grandes agglomérations ouvrières. Mais le relief continue à intervenir dans la géographie humaine comme facteur climatique : la raréfaction et le refroidissement de l'air dans les hautes altitudes, la sécheresse des vastes plateaux encerclés de bourrelets montagneux, interdisent à l'homme toute vie économiqae intense sur les hautes terres asiatiques, de même que sur les plateaux de l'Amérique du Nord.

Glaces polaires, forêts équatoriales, déserts d'Afrique, d'Asie et d'Australie, hautes terres d'Asie et d'Amérique : telles sont les immensités terrestres que la nature interdit à l'homme comme champs d'exploitation intensive, comme foyers de civilisation active et eipansive (flg. p. 3). Tout au plus certaines richesses de leur sol — caoutchouc, diamants, or — attirent-elles les convoitises et les entreprises des peuples qui ailleurs ont pu créer des centres puissants d'action économique.

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