‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 138 sur 154 · Développement éeonontiqae. — L'Argentine CSt · texte numérisé non relu

Développement éeonontiqae. — L'Argentine CSt

avant tout un pays d'agriculture et. d* élevage. C'est l'élev.ige qui occupa longtemps le premier rang, mais aujourd'hui son importance est dépassée parcelle de l'agriculture.

« L'élevage entrait en <872 pour 75 p. 100 dans l'exportation totale de l'Argentine. En 1875, sa part était de 59 p. 100 et celle de l'agriculture se montait à 39 p. 100. En 1904, les chiffres pour les deux catégories indiquaient un progrès; mais c'est l'exportation des produits agricoles qui prenait la première place, solL 57 p. 100 de l'exportation totale » (Pavlovski).

C'est surtout dans la pampa qu'est pratiqué l'élevage des bœufs, des moutons et des chevaux. Le troupeau bovin de l'Argentine compte 30 millions de têtes, et n'est dépassé que par ceux des Etats-Unis et de la Russie. Le troupeau ovin, qui compte plus de 80 millions de têtes, n'est égalé que par celui de l'Australie ; il a à lutter contre les

empiétements du gros bétail et les progrès de l'agriculture.

Les bœufs étaient élevés autrefois uniquement en vue de la peau, et les moulons uniquement pour leur laine. L'Argentine reste grande productrice de laine (les moutons à laine sont même élevés dans les régions fioides de la Patagonie), mais elle fournit aussi, et cela de plus en plus, à l'Europe et au Brésil la viande sous forme de bétail sur pied, de viande séchée ou xarqiié, de viande frigorifiée, de viande conservée en boîtes et d'extrait de viande. Cette industrie déborde sur le territoire voisin delà République de l'Uruguay, où se trouve la célèbre fabrique Liebig. Dans ces dernières années s'est en outre développée Vindustrie laitière, avec ses sous-produits (fromage, beurre, caséine, etc.).

En 1880, la République Argentine importait encore du blé. Aujourd'hui, elle en produit 50 millions de qx., dont 30 millions sont disponibles pour l'exportation.

La zone qui convient à la culture du blé s'étend dans la pampa sur plus de 100 millions d'Ha, mais 6 millions seulement sont cultivés. La production actuelle pourrait être augmentée dans la proportion de 1 à 50. L'Argentine est un des pays d'avenir pour la grande production du blé. Grâce à sa situation dans l'hémisphère austral, elle peut envoyer son blé sur le marché de Londres pendant la saison où les autres pays producteurs sont inactifs.

D'autres cultures se sont développées depuis une vingtaine d'années : dans les régions chaudes du NW, la canne à sucre, grâce à laquelle l'Argentine produit maintenant plus de sucre qu'elle n'en consomme, — et sur les pentes andines, près de Mendoza, la mgne. L'Argentine corn m! n e à produire du colon.

L'industrie argentine est presque exclusivement une industrie agricole, qui met en œuvre les produits de la culture et ceux de l'élevage : raffineries de la province de Tucuman, saladeros ou usines à viande de la pampa.

Pourécoulerses produits, qui sont exportés par les ports de Rosario, de La Piala, et surtout de Buenos-Aires, ainsi que pour ouvrir de nouveaux domaines à la coloni-

galion, la République Argentine a développé son réseau d'' voies de communication et notamment ses chemins de fer (36.000 km). La plupart des voies ferrées partent des p.»rts du Rio de la Plata ; une ligne de 1.500 km relie Buenos-Aires à Asuncion, capitale du Paraguay ; le Central Argentine Railway s'avance par Salta jusqu'à la fron-

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i*ig. 189. — Commerce de la République Argentine, depuis 1890. (En millions de francs.)

tière bolivienne; le Pacific Railway (1 .500 km), ou Transandin, traverse les Andes au Pas de la Cumbre (ait. 3.190 m), mettant ainsi Buenos-Aires en relation directe avec Valparaiso (3 jours de voyage).

Aussi le commerce extérieur de l'Argentine (fig. p. 569) est-il très important. En 1913 il dépassait 4 milliards ^/2 ■■ plus de deux milliards h l'exportation et presque autant à l'importation. U se faisait surtout avec l'Angleterre et l'Allemagne pour les importations (tissus et machines),

avec l'Angleterre et la France pour les exporlaiions (céréales, laines, peaux, viandes). Les Etats-Unis n'avaient qu'assez peu de relations avec l'Argentine, car ils n'avaient besoin ni de bétail ni de b'é, et la laine leur fait défaut de moins en moins. Plus encore que le Brésil, l'Argentine gravitait surtout dans l'orbite européenne.

L'entrepôt du commerce argentin est Buenos-Aires, que des services réguliers de navigation mettent en rapport avec Le Havre, Bordeaux, Hambourg, Gênes, Liverpool.

La prospérité de la République Argentine est donc réelle. « En 1861, la population était de 1.380.000 hab. ; le pays importait pour 112 millions de fr, et exportait pour 62 millions, c'est-àdire par tête d'habitant 81 fr. 50 à l'importation et 52 fr. à l'exportation. Cinquante ans plus tard la population s'élevait à 7 mitions dhab., l'importation montait à 1.755 millions de fr. et l'exportation à 1.860 millions, ce qui donne 250 fr. par tête à l'importation et 265 fr. à l'exportation. Dans ces 50 années, la population a donc quintuplé, l'importation est devenue 16 fois plus forte et l'exporlation 30 fois plus grande ! Depuis 1894 la balance commerciale est favorable à l'Argentine, les exportations n'ont pas cessé en effet de dépasser les importations. En 1894, l'excédent des exportations sur les importations était de 45 millions de fr. ; en 1910, cet excédent atteignait plus de 100 millions » (d'après Pavlovski).

La guerre a considérablement développé les exportations de l'Argentine dont la valeur a presque doublé. Cette énorme augmentation a été due surtout à la viande frigorifiée (34.000 t. en 191 8) et en boîtes (110.000 t.), aux graisses et beurres, aux céréales (blé et maïs) et farines, aux laines, peaux et lins. Depuis la guerre les principaux correspondants commerciaux de l'Argentine sont l'Angleterre, les Elats-tJnis, puis la France et l'Italie, la Hollande et la Belgique. L'Argentine, qui à l'inverse du Brésil a conservé sa neutralité jusqu'au bout, a été Vun des grands bénéficiaires de la guêtre.

OUVRAGES A CONSULTER

Ouvrages généraux, p. 18.

Eliske Reclus. Nouvelle Géographie Universelle, t. XVIII et XIX,

im.

Brésil.

Le Cointe. La Forêt Amazonienne (B. do la S. de G. Commerciale, 1903). — Le Bas-Amazone (A. do G., 1903),

Delebecque. a travers l'Amérique du Sud, 1907.

Denis. Le Brésil au xx» siècle, 1909.

Centre industriel du Brésil. Le Brésil, 2 vol., 1909-1910.

D'Anthouard. Les Moyens de Transport et de Communication au Brésil (La G., 1910).

Walle. Au Brésil, 1916.

République Argentine.

Wiener. La République Argentine, 1899.

Pavlovski. Les Progrès de la République Argentine (B. de la S. de G. Commerciale, 1906).

Martinez et Lewandowski. L'Argentine au xx« siècle, 1906. KoEBEL. L'Argentine Moderne, 1908.

HcRET. En Argentine, 1911 et 1913.

Denis. La République Argentine, 1920.

Le développement économique de l'Amazonie comparé à celui de la région congolaise.

Le café dans le monde.

La colonisation allemande au Brésil.

L'agriculture et l'élevage dans TArgentine. Relations économiques entre la France et l'Amérique du Sud.

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