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Fig. 187. — L'immigration et Vémigration en Bépuàlique ArgentïnO^
depuis 1890.
La partie teintée représente le gain net de la population.
annuel des immigrants a été d'environ 300.000; il est vrai qu'il faut en défalquer les émigrants (130.000 par an) qui retournaient en Europe {/ig. p. o64). Les immigrants sont surtout de race latine : Italiens en grande majorité, Ei^pagnols et Français (Basques en particulier).
LK RÉPUBLIQUE ARGENTINE Îi05
De 1S,")7 à 1913 le nombre des immigrants a dépassé 4 millijns et demi, parmi lesquels 2.250.000 Italiens, 4.520.000 Espagnols, 210.000 Français, 155.000 Russes, 130.000 Syriens, 60. 000 Allemands, 50.000 Britanniques, 25.000 Portugais, etc. La langue espagnole continue à dominer.
Outre la population d'origine européenne, on trouve dans ïa République Argentine des Indiens, qui ont été sans cesse refoulés vers rW, des Patagons, que la colonisation de la Patagonie fait reculer vers le S, des Fuégiens, qui mènent une vie misérable dans TExtrême-S, au delà du détroit de Magellan.
Du mélange des races les plus diverses, européennes et indiennes, sont nés les gauchos, pâtres à cheval des troupeaux de la pampa, autrefois les maîtres de la steppe herbeuse, aujourd'hui bien déchus, grâce aux progrès de l'agriculture et de l'élevage rationnel.
La République Argentine est une fe'dération de i^pi'O- Minces, auxquelles s'ajoutent 10 terriloires et un District Fédéral (Buenos-Ayres).
5. — Régions naturelles. — Un si vaste territoire comprend naturellement des régions fort diverses. Les principales sont : la région subandine, le C/iaco, la Pampa et la Patagonie.
a) La région sub.andine. — A l'W, la République Argentine atteint la crête des Andes, qui ont dans cette région une altitude moyenne de 4 500 m, et sur les sommets desquelles se trouvent des neiges éternelles.
Des glaciers en descendaient autrefois, qui arrivaient jusque dans la plaine. Leur action, jointe à celle des eaux courantes, a déterminé dans le massif andin le creusement de vallées et le morcellement en chaînes détachées, telles que la Sierra de Cordoba. Il y a là une Suisse argentine d'où sortent les torrents, et qui est séparée des Andes proprement dites par une rangée de hautes plaines couvertes de lagunes salées.
Dans celte région subandine, où les cultures varient du N au S (canne à siœre, vigne), ont grandi quelques agglomérations urbaines : Salta (30.000 hab,), Tucuman (90.000 hab.), et, à 800 m d'altitude, Mendoza (60.000 hab.).
Pi'iiicipales puissances du monde. 32
6) Les Chacos. — Entre les hauteurs subandines et le platée t brésilien, s'étalent une suite de dépressions : les Chacos et la Pampa.
Les Chacos sont couverts de brousses épineuses, de palmeraies, de bouquets d'arbres entre lesquels se développe la hauie végétation herbacée de la savane. C'est là. que pousse l'arbusl?. à maté, qui fournit le « thé du Paraguay », ainsi que le quebracho, dont le boi« imputrescible renferme une proportion trèforte de tanin.
Des lagunes salées parsèment les Chacos, surtout dans le S. Les habitants sont rares, et les véritables villes manquent.
Fig. 188. — Estuaire du Rio de la Plata.
c) La Pampa. — De Cordoba à l'estuaire du Rio de la Plata et au Rio Colorado s'étend le domaine de la Pampa. C'est une plaine basse, presque tout à fait plate, que recouvre une nappe d'alluvions analogues aux « terres jaunes » chinoises, un « lœss» déposé par les vents ou par les eaux sur un sol de grès très fin. La pampa n'a pas d'arbres : le sol y est trop perméable et les , vents trop violents; en revanche elle est couverte d'une herbe basse, ne dépassant jamais 1 mètre.
C'est un domaine d'élevage, et une région agricole où le défrichage par les colons ne présente aucune difficulté : dès le premier jour, le nouvel arrivant peut mettre la charrue dans son champ.
Les villes sont à la limite de la Pampa. Au .\, Cuvdoba compte 160.000 hab. Sur la rive droite du Parana, Rosario
en compte 220.000; c'est la principale escale des navires qui remontent le fleuve vers Parana (3o.000)et Corrientes ('30.000), situées sur la rive gauche.
Sur l'estuaire du Rio de la Plata (voir p. o48;, Buenos- Ayres (l .600.000 hab.) groupe à elle seule le 1/5 de la population de la République Argentine, dont elle est la capitale; son port (14 millions de tx en 1913) concentre de plus en plus l'activité commerciale de la Pampa, aux dépens du port de La Plata (100.000 hab.), construit plus en aval \fig. p. 566). Mais, sur l'autre rive du Rio de l;i Plata, dans la République d'Uruguay. Montevideo (375.000 hab.) lui fait une sérieuse concurrence (22 millions de tx en 1913).
Tout au S de la Pampa, le port de Baliia Blanca (35.000 hab.) a pris récemment un très grand développement comme centre d'une nouvelle région de colonisation.
d) La Patagonie. — Le plateau de Patagonie, encore mal connu, est une sorte de steppe rocheuse, à peu près vide d'habitants, et dont la colonisation ne pourra commencer sérieusement que lorsque toute la Pampa aura été mise en exploitation.