Grandes voies ferrées extra-enropéennes. — Les
grandes voies européennes ont pour prolongement levoies ferrées ou maritimes des continents et des océanvoisins.
En Afrique {ftg. p. 587), trois contrées seulement ont un véritable réseau ferré : V Algérie-Tunisie, VEgypte et l'Afrique ans traie. Le rêve anglais, dunir ces deux derniers réseaux par un grande voie mi-ferrée mi-navigable « du Cap au Caire », a reru un commencement d'exécution : d'Alexandrie, le chemin de fer, remplacé par le bateau à vapeur entre la première et la deuxième cataractes, atteint Khartoum : du Cap, il gagne sans interruption le Nyassaland.
En Asie {fig. p. 588), VInde et le Japon seuls possèdent un vrai réseau ferré. Mais quelques grands chemins de fer transcontinentaux sont projetés ou même déjà réalisés : le chemin de fer du Bosphore à Bagda4 et à Bassora, presque entièrement achevé
T. A VTR EHONOMIOUE DU fiLORE
^nra ranïoroo d'un « (thoiiiin do l'er de l'Inde ». I.e Transcaspien. /' Moscou à Tachkenù, va jusqu'au pied de l'Iran, et poiiri\<, lui lusbi devenir un joui' une voie d'accès vers l'Inde. Le Transsibérien, de Tchéliabinsk à VladlvoHok, continue le transconti-
Fig. 197. — Les moyens de 'communication en Afrique.
nental Lisbonne-Tcliéliabimk, el forme avec lui, de l'Atlantique au Pacifique, un ruban ferré ininterrompu de plus de 13.500 km. A l'extrémité de l'Asie, la lujne chinoise de Kharbin (station du Transsibérien) à Canton, complète la liaison entre l'Extrême- Orient et l'Extrême-Occident.
En Amérique, les transcontinentaux ont été lancés avec une audace merveilleuse. Les principaux» sont ceux de Vancouver
à Halifax, de San Francisco à New York, de Valparaiso à Buenos-Aires. Les Amévica.msTè\eni (Vnn panaméricaia, « Interconlinental Haihvaj », qui relierait le Canada à l'Argentine; il n'y a plus guère à construire, pour réaliser ce projet, qu'une voie unissant le Guatemala au lac Titicaca, par Quito^ et Guzco.
Tandis qu'en Europe le réseau est surtout serré dans le NW, en Amérique il est surtout dense dans l'E : les mailles vont
Chemins de fer Lignes de naviqatîon
Fig. 198. — Grandes voies ferrées asiatiqueê.
s'élargissant vers l'W, pour se resserrer quelque peu au voisinage du Pacifique.
iO. — Les grandes lignes de navigation maritime. — A
l'exception de quelques lignes américaines ai japonaises qui relient les trois continents du Pacifique (Asie, Ani»' rique, Australie : Yokohama, Vancouver, Seattle, San Francisco- Sydney), toutes les grandes lignes de navigation du globe convergent vers l'Europe. On peut les grouper en plusieurs séries d'importance très inégale.
{° Au premier plan, pour la fréquence et la rapidité des voyap;es ainsi que la valeur des cargaisons, viennent les lignes de l Europe du NW à l'Amérique du Nord (Canada et surtout Etats-Unis). Les points de départ sont : d'une part, Londres, Liverpool, Le Havre, Cherbourg, Anvers, Rotterdam, brème et Hambourg ; d'autre part, Québec, Halifax, New York. C'est par ces lignes qu'arrivent en Europe les céréales, le coton, le pétrole, les peaux, la viande, le tabac, les métaux et, de plus en plus, des produits ouvrés.
2° Les lignes qiîï, parties des mêmes ports de l'Europe du NW et, en plus, de Saint-Nazaire et de Nantes se dirigent vers les pays riverains du Golfe du Mexique et de la Mer des Antilles {La Havane, Colon) d'où les vaisseaux rapportent le café, le sucre brut, le tabac, le coton, les épices.
3<^ Les lignes à destination de VAmérique du Sud {Rio-de- Janeiro, Buenos-Aires) partent des grands ports de l'Europe du NW, ainsi que de Bordeaux et de Lisbonne; le trafic est alimenté par les céréales, le café, le cacao, le caoutchouc, la laine, les peaux, la viande.
4<^ Aux îles du Cap-Vert et à Dakar se détachent des lignes précédentes celles qui desservent l'Afrique occidentale, riche en arachides, en amandes de palme, en copal, en caoutchouc, en ivoire, en laine.
5'^ Au large du Cap de Bonne-Espérance passent encore des vaisseaux à destination ou en provenance de V Extrême- Orient^ quand ils rapportent des marchandises lourdes et capables de supporter une longue traversée, comme le riz ou le coton.
6" De nombreuses et importantes lignes de navigation, venues des ports septentrionaux de la Méditerranée [Barcelone, Marseille, Gênes, Trieste, Salonique) ou des ports de l'Europe du NW' par Gibraltar, tendent par le Canal de Suez vers Vlnde, Ylndochine et VlmuUnde [Bombay, Calcutta. Singapour, Batavia), pays du riz, du coton, des céi^éales, du sucre de canne, du caoutchouc. du thé, du café f- du tabac, de la soie, du bois, des drogues, des epices, — vers ÏAsie orientale [Hong -kong , Canton, Changhaïy Yokohama), pays du thé, — vers l Australasie [Melbourne), pays de la laine et des peaw.T, — vers l'Afrique orientale [Zanzibar), pays du caoutchouc, de l'ivoire, du café, des drogues.
7^ Dans la Méditerranée même et les mers annexes, se croisent les lignes qui permettent l'échange des produits de pays rive rains : céréales de Russie, de Roumanie, d'Egypte, cotori d'Egypte. pétrole du Caucase, fruits du Sud, tabac, drogues, tissus orientaux ■ [Batoum, Odessa, Constantinople, Smyrne^ Alexandrie, Alger).
r,90 LES PnîNCIPALE^; PUISSANCES DU MONDE
11. — Çirands ports du monde. — Les lignes de navigation maritime aboutissent a de grands portai ou y font escale. Ces ports sont naturellement situés au voisinage des régions de grande industrie, et ils sont d'autant plus prospères que les relations avec un arrière-pays riche et très peuplé sont plus faciles. Ceux d'entre les grands ports qui semblent faire exception à cette règle sont des ports de passage situés dans des détroits très fréquentés.
Avant la guerre, il n'existait dans le monde que 20 ports de commerce dont le tonnage dépassât le chiffre de 10 millions de tx. Douze étaient des ports européens : Anvers, Hambourg. Londres, Rotterdam, Constantmople. Liverpool, Cardiff', Marseille, Lisbonne, Newcastle, Gênes, Naples, les quatre premiers situés dans la région industrielle de l'Europe du NW. Un était 5ur la côte d'Afrique : Alger, et un autre dans l'île de Madère : Funchal. Trois étaient en Asie : Hong-Kong, Kobé, Colombo. Trois étaient en Amérique : New York, Montevideo, Buenos- Aires:
isî. — Marines de commerce. — La ajuerre a profondément modifié la valeur relative des principales flottes marchandes du monde : les sous-marins austro-allemands ont coulé 5.000 navires (il millions de tx), et l'Allemagne a dû — faible compensation — livrer aux vainqueurs ce qui lui restait de sa flotte marchande. Les chiffres suivants (en millions de tx.) rendent à peu près compte des changements survenus, pour les navires de mer en acier seulement :
Flotte mondiale . ...... 42.5 54
Angleterre et Dominions . . 19.4 21.2
États-Unis d.8 12.3
France 1.9 3
Japon 4.6 3
Italie 1.4 2.3
Allemagne 5 0.6