L'Eiupirc des Indes et l'Inde.— L'Empire des Indes
ne coïncide pas avec Vlnde : il déborde le cadre géographique de celle-ci par le NW (Béloutchislan, montagnes
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afghanes) et par l'E (Birmanie, Ténassérim). En revanche Coylan est distincte de l'Empire, bien qu'elle constitue, une dépendance géographique de la péninsule.
L'Inde forme une péninsule triangulaire de 3.660.000 km- {le tiers de V Europe).
C'est à elle seule un monde; du cap Gomorin aux Himalayas, il y a aussi loin que de Palerme à Copenhague ; de Bombay à Calcutta, autant que de Marseille à Odessa.
L'Inde est presque en entier une contrée tropicale : le tropique du Cancer passe au S des bouches de l'Indus et au N de celles du Gange; l'extrémité méridionale de Geylan s'avance jusqu'à moins de 6° de l'équateur.
3. — Relief de l'Inde [fig. p. 79). — L'Inde n'est pas seulement « un monde » par son énormité, mais parce qu'elle renferme des régions absolument dissemblables.
Il y a, au vrai, trois « Indes », que distinguent à la fois la géologie et l'orographie : au N, la zone montagneuse et plissée des Himalayas, liée au système tibétain, l'I/iûfe continentale; au S, Yhide péninsulaire, bloc de terrains anciens, débris d'un ancien continent (jadis relié à Madagascar), en partie recouvert de nappes volcaniques; entre les deux, la plaine subhimalayenne ou indo-gang étique (du nom des deux fleuve^ qui l'ont construite), ancien détroit marin comblé avec les matériaux arrachés aux montagnes du N.
Au N de l'Inde se dresse l'énorme barrière des Himalayas, précédée d'avant-monts 'd'une hauteur presque égale aux plus hautes montagnes de l'Europe, ainsi que d'une région marécageuse restée presque inaccessible jusqu'à notre époque : le Ter aï.
Les Himalayas, dont les plissements récents et parallèles s'étendent en immenses arcs de cercle de plus de 2.000 km de longueur, présentent les plus hauts sommets du monde (mont Everest, 8.840 m). Les cols sont rares et d'accès très malaisé : l'altitude du plus bas est supérieure à celle du sommet du mont Blanc. Les Himalayas forment une barrière presque infranchissable, qui semble mettre l'Inde à l'abri de toute invasion venant du N, mais qui rend aussi très difficile son extension dans ce sens.
Les matériaux arrachés aux flancs du massif himalayen par
les rivières qui en dévalent, se sont accumulés entre les montagnes et le plateau; ils ont peu à peu constitué la plaine subhi-
de200àl000m plus delOOOm
Fi g. ->4.
L'Inde.
malayenne dans laquelle coulent le Gange et l'Indus inférieur, région de très faible relief où les plus hautes altitudes n'atteignent pas 300 m (seuil entre le Gange et les affluents de l'Indus).
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A rW s'étend la plaine de l'Indus, en partie occupée par les dunes sablonneuses du désert de Thar, et limitée par le rebord extérieur du plateau iranien. A l'E, la plaine, moins large, est sillonnée par le Gange, la Djoumna et leurs affluents; elle ne s'élargit que dans la partie inférieure, dans le Bengale, où les limons font place à la vase ; VArakan Yoma et les chaînes de la Haute-Birmanie forment sa limite orientale.
La partie essentielle de l'Inde péninsulaire, à laquelle se rattache le massif de Ceylan (2.500 m), est le Décan, plateau relativement déprimé (400 à 600 m) dont les bords ont été relevés. Au NW et au N les crêtes boisées des Aravalli et les monts Vindhya le bornent. A 50 ou 60 km de la mer d'Oman se dresse l'escarpement continu des Ghàtes {escaliers), bordés par la côte rectiligne de Malabar : entre la montagne et la côte s'égrènent des étangs littoraux, reliés les uns aux autres. A TE, les hauteurs (auxquelles on donne le nom de Ghâtes orientales, s'abaissent vers une plaine d'alluvions et de deltas (côte de Coromandel, et laissent par leurs brèches passer les cours d'eau. Entre les Aravalli et le centre du Décan, les terrains anciens ont été recouverts d'une nappe de basalte, d'une horizontalité presque parfaite, qui s'est décomposée en une terre très riche, le régur.
4. — riîmat, fleuves et prodactions naturelles. — L'Inde a autant de climats que de régions. Elle est, dans l'ensemble, une contrée tropicale eiun pays de moussons, c'est-à-dire k température élevée et à saisons alternantes.
Les écarts entre la température moyenne du mois le plus chaud et celle du mois le moins chaud vont en augmentant du SauN,k mesure qu'on s'éloigne de l'équateur (Colombo : 25*^, 21°, écart 2^; — Bombay : 23°, 29°, écart ô»; — Calcutta : 18°, 29^ écart H» ; — Lahore : 12°, 34°, écart 22°).
Les moussons, nées du contraste des températures entre les plateaux désertiques de l'Asie centrale et l'Océan Indien, soufflent alternativement de la mer vers la terre et de la terre vers la mer. En été, c'est-à-dire de juin à septembre, la mousson souffle du SW, de l'Océan vers le continent. Arrêtée par les Ghâtes occidentales et par la muraille des Himalayas, elle déverse au pied de ces montagnes d'énormes quantités d'eau (plus de 2 m sur la côte de Malabar, 6 m au voisinage de Bombay, et jusqu'à 12 m dans l'Assam). Mais le NW de l'Inde et l'intérieur du Décan, protégés par l'écran de l'Iran et des Ghâtes, sont beaucoup moins arrosés ; il ne tombe pas 30 cm d'eau dans le désert de Thar [p.g. p. 81). Dans la majeure partie de l'Inde, a les pluies
Ci'
de mousson, attendues à époque fixe, épiées avec anxiété si elles tardent, et dont toutes les phases sont suivies, notées de semaine en semaine », apparaissent comme « les dispensatrices des moyens d'existence » (Vidal ue laBlache).
En hiver, la mousson souffle du NE. du continent vers l'Océan. L'hiver est donc la saison sèche pour l'fnde. sauf sur la côte de
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Fig. ->j. — Les plaies dans l Inde.
Coromandel qui, grâce à son orientation, reçoit alors des vents humides ; c'est une répartition des pluies analogue à celle de rindochine.
Au moment du changement de mousson, des cyclones violents agitent l'atmosphère, et provoquent parfois de véritables catastrophes.
Les plateaux de llnde péninsulaire ne comportent pas de cours d'eau véritablement navigables.
Dans la plaine, en revanche, se sont développés deux grands neuves, rindus et le Gange, tî)us deux venus des Himalayas, mais très différenlslun »lc lautre. Tandis <]uerindus (3. 180 km),