L'INDE
une fois qu'il a franchi les Himalayas, traverse une plaine quasidésertique et s'appauvrit sans ces^-e, le Gange, un peu moins long (3.000 km), longe le pied des montagnes après en être sorti et s'accroît saris cesse jusqu'à son embouchure.
Renforcé par son affluent la Djoumna, le Gange est l'un des plus puissants fleuves du globe. Son débit n'est jamais inférieur à 2. 000 m^ ; il est de 15.000 m^ en moyenne et s'élève à 30.000 lors des crues provoquées par les pluies de la mousson d'été et par la fonte des neiges himalajennes. Les limons et les vases charriés par le fleuve se sont accumulés à l'embouchure, et ont formé un très vaste delta qui se confond avec celui du Brahmapoutre, né dans les Himalayas sous le nom de Tsanpo.
Dans le « monde » indien, si varié, la végétation présente mille aspects différents.
Partout où n'a pas eu lieu le défrichement règne la forêt tropicale, la jungle : figuier-banian, dont les branches recourbées })rennent racine et donnent naissance à de nouveaux arbres, bois de teck, de santal, de quinquina, lianes à caoutchouc, bambous, roseaux s'y enchevêtrent et s'y développent avec une rapidité incroyable.
Dans les espaces défrichés peuvent prospérer les cultures les plus diverses ; céréales [riz, blé), coton, jute, plantes oléagineuses y etc.
La vie animale n'est pas moins exubérante, mais les espèces nuisibles (tigres, serpents, crocodiles, sauterelles) sont trop largement représentées.
L'Inde a des ressources minérales importantes. Ses terrains anciens renferment surtout la houille : l'on a évalué à i 00.000 km^ la superficie des bassins houiliers de la péninsule,
o. — Popaiation. — Gràce à ses abondantes ressources de toute nature, et surtout à l'exubérance et à la variété, de sa végétation, l'Inde est donc capable de nourrir une population nombreuse.
Elle compte (y compris les annexes de l'Empire britannique à l'E et à rW) plus de 300 millions d'hab., c'est-kdire presque le 1/5 de la population du globe. La densité est, dans l'ensemble, de 80 hab. au km-. Mais les steppes du NW ont une population très clairsemée, tandis que des foules grouillantes de 200 à 300 hab. au km- vivent dans les terres basses de la plaine gangétique et des deltas.
Ces populations sont aussi diverses que possible, comme race, langue, religion.
« Vlnde n'est pas une nation. C'est une agglomération de populations qui vivent côte à côte sans se pénétrer » (Chailley) : cette formule commence à peine à cesser d'être complètement exacte.
Aux tribus noires, qui errent encore dans les montagnes et les jungles, sont venus sejuxtaposer et se superposer les Dravidiens du S à la peau sombre, les blancs Aryas des plaines, les divers conquérants musulmans, blancs ou jaunes (ces derniers continuent à occuper les pentes des montagnes, au N du Téraï).
Dans rW, et surtout à Bombay, vit un petit groupe de Parsis originaires de l'Iran, qui représentent l'un des éléments les plus actifs de la population hindoue. Très cultivés et d'esprit très ouvert, ils sont les maîtres du haut commerce et de la banque dans la région de Bombay. Ils pénètrent de plus en plus dans les carrières libérales; ce sont des ingénieurs parsis qui ont créiô le port moderne de Bombay.
Les Européens {Français, Portugais, et surtout Anglais] sont en très petit nombre dans l'Inde, dont le climat ne saurait être supporté longtemps par l'homme des régions tempérées.
Plus de 100 langues sont en usage dans l'Inde; une sorte de Sabir, l'hindoustani, est devenue la langue des administrations, des écoles, des tribunaux, de la presse. L'anglais n'est pas compris par un millième de la population.
Les principales religions sont I' « hindouisme », religion des brahmanes, qui règne sur plus de 200 millions d'Hindous, et Vislam, qui compte plus de 60 millions de sectateurs. Le bouddhisme, qui naquit dans le Pendjab, ne compte plus dans rinde que quelques millions de fidèles.
La diversité de races, de langues et de religions, renforcée par l'existence du régime des castes, a favorisé de tout temps le maintien des dominations étrangères. Ces 300 millions d'hommes, divisés contre eux-mêmes, ont pu être facilement soumis par une poignée de conquérants et maintenus dans l'obéissance par une poignée de fonctionnaires. Isolée du continent par les Hiraalayas, l'Inde a été la proie des maîtres de la mer.
L'Inde est un pays de villages ; l'agriculture domine l'existence du peuple. Sur 300 millions d'hab., 30 millions seulement, le dixième, vivent dans les villes.