‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 38 sur 154 · L INDE · texte numérisé non relu

L INDE

L'Inde n'en compte pas moins une trentaine de villes de pins de 100 0 0 habitants.

Ouelques-unes sont sur les plateaux du Décan : Bangalore (190.000 hab), Hyderabad (500),Poowa (160), Nagpur (100) et Jubbulpore (100). D'autres, plus nombreuses, jalonnent les plaines littorales : àl'W, Bombay {4 million), dans une admirable situation en face le débouché de la mer Rouge, Sitral (120), Baroda (100), Ahmadabad{^\o), Kuratchi (150^ ; à l'E, Madura (135), Trichinopoly (1^0), Madras (o20). Mais c'est dans la Plaine subhimalayenne que les grandes agglomérations se pressent : sur le plus profond des bras du Gange, l'Hougli, Calcutta compte avec savoisineHowrah/ ,5^6^.^^^/ia6.;puiscesont: Palna{\^f)), Bénarès (210 % la ville sainte des Hindous, Allahabad (175), Caionpore (180), Lucknow (265), Agra (190), et, dans le liajputana, Jaipur (140); puis Bareilly (130), Delhi (230), Tancienne capitale du Grand Mogol, redevenue capitale de rinde anglaise, Meerut (120), Amritsar (150) et Lahore (230), au centre du Pendjab. Dans la région montagneuse, Srinagar{[^D) est la principale ville du Cachmir; Pecliawar (100) commande l'entrée de l'Afghanistan.

Ceylan a pour villes principales ses deux, grands ports : Pointe de Galle et surtout Colombo (160), escale importante de la route maritime de l'Extrême Orient.

Le vaste Empire des Indes possède à Londres son administration particulière : un Office de Vlnde, dirigé lidiT un Secrétaire d' État qui fait partie du ministère, et un Conseil des Indes. Dans l'Inde même, à Delhi, un viceroi, dont les pouvoirs sont très larges, est à la tête du gouvernement et de l'administration.

Tout l'Empire n'est pas une possession immédiate de l'Angleterre. Un grand nombre d'États indigènes subsistent : on en compte 600, dont 160 grands, peuplés de plus de 60 millions d'hab.. Ces États, dont les principaux sont ceux de Mysore, de Hyderabad, du Rajputana, de Vlnde centrale, continuent à être nominalement gouvernés par leurs princes ou radjahs ; mais la présence d'un résident anglais enlève à ces protégés, qui vivent dans le luxe, la réalité du pouvoir.

6. — £>éveloppement économique. — Le climat interdisant aux Européens de fonder dans l'Inde une colonie de peuplement, les Anglais se sont appliqués à en faire une magnifique colonie cC exploitation ; grâce à eux le développement économique de la péninsule a fait de grands progrès depuis un demi-siècle.

Le peuple de l'Inde a une nourriture presque végétale (riz, orge, blé, millet), à laquelle la religion hindouiste ne permet pas d'ajouter d'autre aliment d'origine animale que le lait (les musulmans seuls y ajoutent, comme les Chinois, dn poisson). L'occupation vitale est donc /agriculture.

Mais les hommes sont « trop nombreux pour le sol. . . L'Indien ne mange jamais à sa faim ; il est faible, affreusement maigre, et incapable de fournir le même travail qu'un Européen » (Métin). Un déficit de quelques cm dans la colonne pluviale, et la famine sévit au milieu de ces foules pullulantes : en 1899- 1900, elle enlève 4 millions d'hommes, (plus que la population de la Suisse), surtout les enfants et les vieillards. Elle a pour suite \dL peste (de 1896 à 1901, un million de victimes dans l'W de l'Inde), le choléra (un seul district de la plaine du Gange, grand comme un département, a 46.000 morts en ^900), qui déciment les organismes affaiblis, et de l'Inde se répandent jusqu'en Europe. La fièvre malarique est à l'état endémique (en dix ans, plus de 2 millions de morts dans le Bengale occidental).

Le territoire cultivé est trop peu étendu. Le gouvernement s'efforce de l'accroître par l'irrigation. Aux puits, aux barrages, aux étangs-réservoirs qui remontent à une antiquité séculaire, il a ajouté de nouveaux travaux pour lesquels on a dépensé déjà près dun milliard de francs. Plus de 20.000 km de canaux d'irrigation, prés de 50.000 km de rigoles de distribution font circuler l'eau nourricière. Dans l'W de la plaine indo-gangétique, on ne compte pas moins de 43.000 km- soumis à ce traitement, a Taire d'irrigation la plus étendue qu'il y ait au monde » (Vidal de la Blache). Autour des nouveaux canaux sont créés de toutes pièces des districts prêts à entrer en exploitation, avec villages, routes, services administratifs, etc.

Mais illindou, moins bon terrassier que le Chinois, ne sait pas pratiquer l'irrigation en pajs de montagne.

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Au premier rang des cultures vient le riz, la cëre'aîe des régions surpeuplées (28 p. 100 de la superficie cultivée). La production annuelle (Birmanie comprise) est évaluée à près de 30 millions de t., dont une partie considérable (pour 400 millions de fr.) est exportée vers la Chine ou l'Europe. Le blé a fait de grands progrès. Avant j!a guerre, l'Inde se classait, avec une moyenne de 85 millions de qx, au quatrième rang des pays producteurs, très près de la France?. L'exportation (vers l'Europe) atteignait une valeur de 250 millions de fr. Ajoutez le maïs, le millet, ïorge, le sorgho.

Le thé domine sur les pentes de 1 Assam où il rend jusqu'à 500 kg. à l'hectare, et à Geylan, où il a remplacé le café. L'Empire, en j joignant Geylan, est, avec ses 250.000 t., non pas le plus grand producteur, ma,\s le plus grand exportateur de thé du monde (250 millions de fr., contre un peu plus de 100 pour la Chine). Comme producteur de tabac, il vient au second rang. V opium donne lien à une exportation de 70 millions de francs.

Le coton, très développé pendantla guerre de Sécession, en recul depuis, a repris par l'introduction des espèces américaines. Inférieure de beaucoup à celle des Etats- Unis, la production s'approche peu à peu du million de t. ; elle est double de celle de l'Egypte, et Texportation (malgré l'accroissement de la consommation locale) approche de 700 millions de fr. Le jute est un quasimonopole du Bengale (i million 1/2 de t.).

Le caoutchouc donne des résultats magnifiques à Geylan par la substitution aux méthodes dévastatrices de la cueillette des méthodes scientifiques de la plantation (avec Vhevea ou caoutchouc de Para).

U élevage est relativement peu développé chez ce peuple végétarien. Si le chiffre du troupeau bovin est élevé, il est peu de chose par rapport à la population. Les animaux domestiques servent surtout aux transports : éléphants et chevaux dans les régions les plus diverses, buffles {fig. p. 90)dansles terres basses et particulièrement dans les deltas, chameaux dans les steppes et les déserts, elc.

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L'exploitation des richesses minérales est devenue active. Le sel donne 1.200.000 t. La houille fournit plus de 12 millions de t. L'or donne en moyenne 60 millions de fr., ce qui classe l'Inde au sixième rang des producteurs (par suite de la baisse du Canada). Les fameux

Fig. 20.

Cliché du Vérascope Richard.

Un attelage de buffles dans une rue de Colombo.

diamants de Golconde donnent encore 3 millions de fr. par an.

C'est en partie à l'exploitation des houillères, en partie au bas prix de la main-d'œuvre (salaires mensuels d'avant-guerre : 7 à 8 roupies — la roupie valait environ 1 fr. 60 — pour les hommes, 6 à 7 pour les femmes, 4 à 5 pour les enfants), que l'Inde a dû de voir se développer, à côté de la petite industrie indigène une grande industrie à reuropéenne : métallurgie, papeterie, surtout industrie textile.

Après avoir été uniquement une exportatrice de coton brut, Vinde a commencé vers I85i, à travailler son coton

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sur place. En 187G, l'Inde comptait déjà un million de broches; elle en avait avant la guerre près de 6 millions (la France plus de 7), dont 3 pour Bombay (où travaillaient '7o.000 ouvriers cotonniers).

Ces manufactures, qui appartiennent à des capitalistes liindous et qui sont dirigées par des ingénieurs hindous, travaillaient autrefois pour la seule clientèle hindoue ; mais la baisse de la roupie a favorisé l'exportation des étoffes communes en Extrême Orient et dans lAfrique orientale. Création, à l'origine, des cotonniers de Manchester, le coton hindou est devenu un concurrent de celui du Lancashire.

De même, le jute de l'Inde était autrefois manufacturé en Ecosse. -Mais à côté de 300 millions de fr, de jute brut, les Indes anglaises exportaient avant la guerre pour 300 millions également de jute manufacturé (les 2/3 à Calcutta) ; 500.000 broches, IciO.OOO personnes sont employées à cette fabrication (sacs à blé pour rinde, l'Australie, les Etats-Unis, le Canada).

Alimenté par tous ces produits, le commerce extérieur, pour l'ensemble des Indes anglaises, dépassait en 1913 7 milliards de fr. (plus que la Russie). Terre d'exploitation habitée par un peuple pauvre, V Inde exportait déjà 4 milliards) plus qu'elle 7i' importait (environ 3 milliards). De 1913 à 1919 l'importation est restée à peu près stationnaire, tandis que l'exportation augmentait de 20 p. 100. L'Inde devient donc une grosse exportatrice, et même une créatrice de capitaux. Elle achète encore des cotonnades (malgré les progrès de l'industrie locale), du sucre, des métaux. Elle vend surtout des textiles (la moitié de ses exportations : jute brut et coton), àQ^ peaux ^ desgi^aines oléagineuses, du thé.

Avant la guerre, le gros fournisseur, le gros client de l'Inde était la Grande-Bretagne, qui a soigneusement garni de postes stratégiques toutes les routes de l'Inde. L'Angleterre n'était suivie que de très loin par la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France. Nous vendions fort peu à l'Inde, mais nous lui achetions assez de denrées et de matières pour qu'elle figurât au sixième rang sur la liste de nos fournisseurs.

Les ports, Calcutta, Bombay, Madras, Kiiratchi, Colombo ont été améliorés par radministration britannique, qui s'est efforcée également de perfectionner les voies de communication.

Fig. 27.

Cliché du Vérascope Richard.

Gare de Bombay.

Si les voies navigables ont leur utilité dans l'Inde (les délias de la Krichna et du Godavéry sont liés entre eux; sur Is^côte de Madras, les voies navigables ont 1.600 km de développement; les canaux d'irrigation du P'cogale sont souvent employés par la navigation), cependant, sur un territoire aussi étendu, le chemin de fer seul pouvait maîtriser la distance. Un réseau qui dépasse 50.000 km a été constitué, dans une pensée à la fois stratégique et économique

C'est pour répondre à des besoins économiques qu'ont été Inicés les chemins de fer rattachant les grands ports entre eux et les reliant à lexlcrieur du pays : lignes de i3ombay {fig.

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