Vue d ensemble sur les Pajs-Bas. — Les Pays Bas
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LES PAYS-BAS li9
une superficie de 33 000 km ^ seulement, le 1/16 de la superficie de la France.
M^is ce petit pays a une importance hors de proportion avec son étendue.
Situés à l'embouchure du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, les Pays-Bas {fig. p. 120) représentent la partie de la grande plaine européenne dans laquelle la zone des marschen ou polders atteint sa plus grande extension, et où la lutte de l'homme contre la mer a été le plus ardente.
En raison de leur faible étendue et de l'insignifiance de leur relief, ils ont un climat sensiblement uniforme. Le trait dominant est l'humidité, qui tient au voisinage de la mer et à la prédominance des vents d'W. Non pas que les pluies tombent en quantité considérable (63 à 70 cm par an), mais elles sont très fréquentes (200 jours de pluie annuellement), et surtout le ciel est presque constamment brumeux : on compte dans l'année 40 à 50 jours clairs, et une série de 8 jours consécutivement clairs passe pour une rareté. Mis à l'abri, par les Iles Britanniques, des courants tièdes de l'Atlantique, les Pays Bas ont des hivers rigoureux, malgré le voisinage de la mer : les rivières, les canaux, les marais, les golfes gèlent tous l^es ans.
Dans ce pays presque uniforme, où — si l'on met à part les collines boisées du Limbourg, autour de Maestricht (40.000 hab.) — les altitudes supérieures à 100 m sont très rares, et dont une bonne partie est au-dessous du niveau de la mer, la division en régions naturelles se fonde sur des dilïérences de niveau très faibles, combinées avec la nature et les qualités agricoles du sol.
La majeure partie de la plaine a été couverte de sables par les grands courants diluviens. Mais cette zone des landes et marais de l'intérieur est coupée en deux par une large plaine d'alluvions fluviales, apportées surtout par le Rhin.
La région des polders, située au-dessous du niveau de la mer, se termine par une côte bordée de dunes et protégée par des digues contre l'assaut des flots de marée et de tempête.
2. — Landes et iiinrais de l'intérlenr. — La partie orientale des Pays-Bas, qui annonce la zone de la geest allemande, présente deux aspects très différents : tantôt la lande sahlon-
Fig. 37 . — Les Pays-Bas.
neuse, comme dans la Campine septentrionale ou dans les coteaux de sable de laVeluwe. entre le Uhinet l'Ijssel, — tantôt le moor où s'est lenteinoiU l'orniée une épaisse couche de tourbe, comme dans les marais du Peel. à VW de la Meuse, ou dans les
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plaines frisonnes, séparées de rAUemagne par les vastes marais de Bourtange.
C'est la partie la plus pauvre des Pays-Bas, celle où la densité de la population est la moins forte (Tohab. aukm^ dans la province de Drenthe).
Les deux principaux centres urbains sont, au N, G?'oningue (90.000 hab.) au point de convergence des canaux de la Frise, et au S, Tilbourg (60.000 hab.) dont l'industrie textile est active.
3. — La plaine d'alluvîons fluviales. — Sur les graviers et les sables, une couche de limon très fertile a été déposée par les grands fleuves — Rhin (divisé en nombreux bras, Lek, Waal, etc.), et Meuse — qui ont peu à peu comblé un ancien liaff (voir chap. x), séparé de la mer par une langue de sable.
Cette zone de plaines alluviales est ti^ès riche : son sol donne d'abondantes récoltes de céréales, de betteraves à sucre, ou porte de grasses prairies d'éleoage ; la navigation fluoiale y est extrêmement active, car c'est le lien entre la Mer du Nord et la région industrielle rhénane.
Aussi a-t-elle une population nombreuse, et plusieurs villes importantes s'y sont-elles fondées. Arnhem (70.000 hab.) est sur le Lek un port fluvial actif, mais avant tout une ville de plaisance, la résidence favorite des « Messieurs du Sucre », des Hollandais enrichis aux Indes orientales. Nimègue (65. 000 hab.), sur le Waal, est un centre d'industries agricoles. Utrecht (140 000 hab.), beaucoup plus importante, est w?i nœud de voies ferrées et dévoies naoigables.
4. — Les polders et la côte. — Tout le reste des Pavs-Bas, un quart environ du pays, est situé au-dessous du niveau des hautes mers ; son existence même serait menacée si des obstacles n'étaient opposés sur le littoral à la pénétration des eaux. Les noms divers qui ont été donnés à ces pays en montrent bien le caractère : c'est le pays-bas [Néerlande)^ le pays creux {Hollande), le pays de la mer {Zélande).
La côte est basse comme celle de la Bjlgique et de rAUemagne du Nord. Autrefois, elle était bordée par un cordon de dunes
ininterrompu. Mais la mer a rompu cette fragile barrière ; elle a pénétré à plusieurs reprises, à la suite de tempêtes particulièrement violentes, à l'intérieur des terres, élargissant et multipliant les embouchures des fleuves qui enserrent aujourd'hui les îles de l'archipel zélandais, transformant en golfes [Lauwer-Zee, Zuider-Zee) d'anciens lacs, détachant du continent un chapelet d'îles (îles frisonnes, formées chacune d'un fragment de polder), en arrière desquelles elle a pénétré par des chenaux qui sont à sec à marée basse (les watten).
La plupart de ces incursions se sont produites pendant la période historique ; c'est au xii® siècle que Vile Texel a été détachée du continent; au xiii'' siècle, le LauwerZee est devenu un golfe ; au xv°, l'isthme qui séparait le lacFlevo de la mer a été rompu et le lac Flevo est devenu le Zuider-Zce ; en 1421 , un flot de tempête, pénétrant dans l'estuaire de la Meuse, a englouti 72 villages, noyé 100.000 personnes et changé une plaine fertile en un marais, le Biesbosch. On estime à 6.000 km^ (18 p. 100 de la superficie des Pays-Bas) les terres qui ont été ainsi recouvertes par les eaux.
Mais l'homme a entrepris la l^utte contre la mer, et il est sorti vainqueur de ce combat. Il a fixé les fragments de l'ancienne dune, qui a parfois une largeur de 4 à 5 km et une hauteur de 60 m. Il a édifié, à partir du vii^ siècle, de puissantes digues {dam = digue) de protection, qui renforcent la dune ou suppléent à son absence. Il a fermé par de gigantesques écluses les embouchures des fleuves.
On ne s'est pas borné à défendre le sol contre de nouvelles attaques de la mer, on a voulu aussi reconquérir le terrain perdu. Les lacs intérieurs ont été divisés en plusieurs bassins, dans chacun desquels on a procédé h Vépuisement des eaux au moyen de pompes ou de turbines, mues par des moulins à vent ou par des machines à vapeur. Les lacs et les marais ont été transformés en polders dont le sol, amendé sous la direction des ingénieurs du Waterslaat (^\\m?>ihvQ des Eaux), est extraordinairement fertile.
Le lac de Haarlem est ainsi devenu un polder, et les Néerlandais, qui ont déjà, au cours des trois derniers siècles, arraché à la mer 3.630 km- (il p. 100 de la superficie duroyaume), projettent le dessèchement du Zuider-
Zee (flg. p. Ii!i4), travail gigantesque qui exigera trentetrois ans de travaux et coûtera environ 380 millions de francs.
Ces terres grasses, imbibées de l'eau des innombrables canaux, fréquemment mouillées de pluies, et sur lesquelles pèse un ciel bas presque toujours chargé de vapeurs, sont le domaine d'élection des pâturages où l'on élève le gros bétail, et des cultures de légumes et de fleurs (surtout les fleurs à oignons : tulipes, jacinthes, etc.). Traversée par le cours inférieur des bras du Rhin, de la Meuse et de VEscaiU, cette région possède les grands ports à la fois maritimes et fluviaux qui sont les intermédiaires entre les Iles Britanniques et les pays d'outre-mer d'une part, les Pays-Bas et la région rhénane d'autre part. C'est là que s'est surtout développée Vindustrie néerlandaise, parce que les matières premières et le combustible peuvent y arriver facilement. Enfin la pêche dans la mer du Nord et dans les mers plus septentrionales ajoute un appoint considérable aux ressources de la région.
Aussi la population est-elle exlrémement nombreuse, au point d'atteindre l'énorme densité de 570 au km- dans la province de Hollande méridionale. C'est la partie vitale des Pays-Bas, et c'est là que se trouvent les villes les plus importantes : Amsterdam, Rotterdam, la capitale La Haye {S'Gravenhage, qui compte 350.000 hab.), Haarlem (7o.000hab.),Z,ei;6/e(60.000hab.),Z)orc?rec/i/(50.000hab.), Flessingue (Vlissingen).
Amsterdam (650.000 hab.), « la digue de l'Amstel », s'est fondée sur l'isthme compris entre l'ancienne mer de Haarlem et le Zuider-Zee; son port s'ouvrait sur le golfe de VIj, qui donne accès vers le Zuider-Zee. Tant que les vaisseaux eurent un faible tonnage, la profondeur du Zuider-Zee (4 m) fut suffisante, et Amsterdam fut l'une des principales places de commerce de l'Europe. L'augmentation du tonnage des navires marchands lui causa un tort énorme et, pour conjurer le danger, Amsterdam se retourna : un canal maritime fut creusé entre le golfe de llj et la pointe du Relier ; puis un second canal à grande section, accessible aux gros bâtiments, relia directement Amsterdam à Ijmuiden, sur la mer du Nord. Malgré tout Amsterdam,
PUINCIPALES PUISSANCES DU MU.NUK
trop éloignée du Rhin, a dû céder le pas à Hotterdam : elle est encore le principal centre des importations à destination des Pays-Bas, mais elle ne saurait rivaliser avec Rotterdam pour le trafic international. Amsterdam est restée la ville la plus populeuse des Pays-Bas. FA\e a une Bourse aux valeurs très importante; elle est un grand marché pour les produits coloniaux des Indes néerlandaises, café et tabac surtout. Depuis l<.ngtemps elle a la spécialité de la taille des diamants.
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Fig. 38. — Projet de dessèchement du Zulder-Zee.
Gomme beaucoup de villes néerlandaises, Amsterdam est sillonnée de nombreux canaux, vers lesquels les 7naisons de briques tournent leurs pignons aigus. Elle repose sur une forêt de pilotis^ qui donnent de la stabilité au sol mouvant.
Rotterdam occupe une excellente position sur lestifêiire du Lek, relié à la mer par un large canal maritime {Nieuwe-Watenveg r= nouvelle voie d'eau) qui aboutit à Hoek van Holland (coin de Hollande). Les grands travaux d'aménagement effectués "depuis 1880 ont permis aux plus gros navires d'arriver à quai ; le plus récent des quatre docks flottants a 170 m de long. Aussi
Rotterdam est-il devenu Vun des principaux ports de l'Europe atlantique. La navigation maritime s'y lie à la navigation fluviale, avec ou sans transbordement. Rotterdam, en relations maritimes avec tous les points du monde, mais surtout avec les Indes néerlandaises et l'Amérique, dessert toutes les localités importantes situées sur le Rhin jusqu'à Strasbourg, toute la région de la Meuse jusqu'à Liège, et même une partie du domaine de l'Escaut. Les principaux objets de son trafic sont les céréales roumaines et russes, pour lesquelles il jouit d'un véritable monopole, les thés, les pétroles, les cotons et les sucres. Une industrie active (sucreries, distilleries, manufactures de tabac, chantiers de construction) s'y est développée. La ville compte 46i .000 hab ; avec ses faubourgs de Schiedam (distilleries de genièvre) et de Vlaardingen, elle forme une agglomération de 500.000' âmes. A l'embouchure de l'Escaut, Flessingue ou Vlissingen (20.000 hab.), dont les Néerlandais avaient voulu faire un rival d'Anvers, est, comme Hoek van Hulland, en relations suivies avec l'Angleterre pour le trafic des voyageurs à destination de l'Allemagne du Nord. Les lignes de chemins de fer font immédiatement suite aux lignes de paquebots.
5. — Popniation. —Sur 33.000 km^, le RoyaumedesPays- Bas (et non de Hollande, comme Ton dit souvent à tort) compte près de 7 millions d'habitants, soit une densité de 210, particulièrement forte dans les plaines alluviales et les polders, plus faible dans les régions de sables et de marais {ftg. chap. xi). Le royaume des Pays-Bas vient au second rang en Europe (après la Belgique) comme densité de population.
Cette population s'est accrue dans une proportion considérable pendant la seconde moitié du xix' siècle. De 1850 à 1900, on estime à 68 p. 100 V accroissement de la population néerlandaise (France, 14 p. 100). L'émigration est faible, et une très forte natalité augmente de plus de 8J.000 par an le nombre des habitants.
La population néerlandaise est formée de plusieurs éléments, qui se rattachent tous à la souche germanique : Hollandais (71 p. 100), Frisons (14 p. 100), Flamands f 13p. 100), Allemands (^^. 100). Chacun de ces groupes a son idiome spécial, mais la langue officielle est le hollandais, voisin du flamand et parent de l'allemand.
D'ailleurs, les différences purement ethniques s'atténuent de plus en plus : des races sociales, résultant de la communauté des occupations et des mœurs, se sont peu à peu formées et il j a plus de différences entre le paysan de la geest, Véleveur ou le maraîcher des polders, le pécheur de la côte et le marin des ports qu'entre le Frison, le Hollandais et le Flamand.
La majorité des Néerlandais (59 p. 100) pratiquent la religion réformée. Les catholiques forment un peu plus du tiers de la population totale. Les juifs sont assez nombreux : ils ont trouvé au xvii° siècle un accueil favorable dans la tolérante République des Provinces-
.XXxrages
Unies,
En dépit des diversités d'origine, de langue et de religion, il s'est constitué une forte nationalité néerlandaise. Massif et robuste, le Néerlandais a plus de force que de grâce.
11 a montré dans tout le cours de son histoire une ténacité indomptable. La lutte contre l'élément sournois, auquel il a su arracher son sol, lui a rendu plus cher son petit pays et il a su le défendre contre l envahisseur, même par les moyens les plus désespérés. L'amour de la liberté et de l'indépendance est un des sentiments les plus forts chez le Néerlandais. Le Néerlandais a le sens de V économie en même temps que le goût du travail; il ne réussit pas moins bien comme agriculteur que comme marin, comme colonisateur et comme négociant.
Fig. 39. — Répartition du sol des Pays-Bas.
6. — Agricniture et industrie. — Une bonne partie du sol des Pays- Bas (flg. p. 126), formé de landes et de marais tourbeux, échappe à la culture : c'est la « geest » ; malgré l'effort incessant de l'homme, plus du 1/4 (!27,3 p. 100) du sol est improductif. Les /"ore/s n'occupent qu'un très faible espace : 7,7 p. 100. Le reste est pris par les champs et jardins (27,4 p. 100), par les prairies et
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pâturages (37,6 p. 100} Seule en Europe, la Grande Bretagne a proportionnellement plus de prairies que les Pays-Bas.
La culture des céréales, qui se pratique dans la plaine d'alluvions fluviales, perd sans cesse du terrain par suite de la concurrence des blés étrangers. Par contre, la culture àQs plantes industrielles (betterave, lin, tabac, chicorée à^n?, les terres riches, pommes de terre dans les sables) est très prospère. Il en est de même des cultures de légumes l de fleurs dans les polders.
Mais l'élevage a plus d'importance encore que l'agriculure proprement dite. L'élevage des chevaux et des hétes à cornes se fait dans les grasses prairies des polders. Le gros bétail est élevé à la fois en vue de la production de la viande et de celle du lait et de ses dérivés, beurre et fromage. Le tout alimente le grand marché de Londres, situé à proximité : les Hollandes et la Zélande y exportent des quantités considérables de bétail sur pied, de fromage, de beurre (et aussi de margarine). Sur les sables de la geest, on élève le mouton, plus encore pour sa viande que pour sa laine.
Pour ce qui est de l'industrie, les Pays-Bas possèdent très peu de richesses minières ; il n'y a guère à signaler que les mines de houille du Limbourg, découvertes vers 1900, et qui donnent plus de 3 millions de t. par an. Mais ce sont les houilles allemandes, belges ou anglaises qui fournissent principalement la force motrice aux industries néerlandaises, lesquelles traitent avant tout les produits du sol national ou ceux des Indes orientales ; sucreries, rizeries, distilleries, savonneries et huileries., tanneries, manufactures de tabac (plus de 100 millions de cigares par an), chocolateries, filatures (région de Tilbourg), etc. Les Pays-Bas, malgré leurs progrès, n'occupent encore parmi les puissances industrielles qu'un rang secondaire.
La grande industrie nationale des Néerlandais est celle des pêcheries. C'est d'ailleurs un Hollandais, Beukei.skns, qui trouva, à la fin du xv*' siècle, le procédé de conservation du hareng par la fumée. La pêche du hareng {fig.
128 LES PlUNCIPALES PUISSANCES DU MONDE
p. 24) dans la Mer du Nord occupe à elle seule 10.000 pécheurs; l'on estime à lo millions de fr. en moyenne la valeur annuelle des produits de cette poche. Vlciardingen, près de Rotterdam, est le grand centre de la préparation du hareng.
'^- — Voie^ de coiniiinnication« ports, commerce. — Les
transports s'opèrent surtout par voie d'eau : les voies navigables ont une longueur de 4.400 km, dont plus de
Fi^. 4U. ^ Rotterdam. Pont du chemin de fer sur le Lek [t/ue U lauf/age courayit continue à appeler la « Meusie »).
3.000 pour les canaux qui sillonnent le p.i^\> «ii îous sens et servent à l'assèchement des terres humides en mémo temps qu'à la circulation des bateaux.
En revanche, la construction des routes et chemins de fer a rencontré de grands obstacles dans ce pays de sol mouvant, dépourvu de pierres, et où il a fallu de grands travaux d'art pour assurer la traversée des innombrables rivières et canaux {(Ig. p. 128).
fprinci pales voies ferrées sont celles de Paris et Anvefsh. Amsterdam par Rotterdam, — de Flessingue el de IJoek van Holland en Allemagne.
Deux grands ports, Rotterdam et Amsterdam, complètent l'outillage économique des Pays-Bas. A rencontre de ce qui se passe à Anvers, le pavillon national est largement représenté dans chacun de ces ports, mais surtout à Amsterdam, qui n'a pas au même degré que Rotterdam le caractère d'un grand entrepôt international. Sans doute, les Néerlandais ne sont plus les commissionnaires obligés du commerce océanique; mdÀs\QUT marine marchande vient encore au neuvième rang dans le monde, sur le même rang que la marine espagnole, avant la marine danoise ou la marine austro-hongroise.
Admirablement situé? aux embouchures du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, qui font exactement face à celle delà Tamise, les Pays-Bas étaient destinés à une grande prospérité commerciale. Le chiffre de leur commerce extérieur a atteint en 1913, pour le total des importations et des exportations, non compris le transit, 14 milliards de fr. {pas beaucoup moins que la France).
Cela fait 2.500 fr. par tête d'habitant, chiffre énorme si l'on songe que le commerce belge, pourtant très actif, représentait à peine en 1913 plus de 1.100 fr. par tête, et que celui de la France approchait à peine de 400 fr. De 1895 à 1913, le commerce extérieur des Pavs-Bas a plus que doublé [fig. p. 130 .
Mais il ne faut pas oublier que le commerce des Pays-Bas, à l'inverse du commerce français, est essentiellement un commerce de réexpédition, de redistribution. Quelques chiffres sont significatifs à cet égard : en 1913, sur 1.100 millions de fr. de fer et d'acier importés, les Pays-Bas en réexportaient 660 ; sur 3 jO millions de cuivre, ils en réexportaient 3(J0; sur 400 d'étain, plus de 40; sur 130 de café, 80; sur 460 de tissus, 45, etc. Les Néerlandais restent donc fidèles à ce rôle d'intermédiaires, de commissionnaires, qu'ils jouaient déjà au xvu° siècle et pour lequel la position de leur pays leur offre tant de facilités.
Les Pays-Bas étaient surtout en relations commerciales avec l'Allemagne (plus de o milliards, dont plus de '2 pour les importations et près de 3 pour les exportat^o.is/
Venaient ensuite la Grande-Bretagne, la Belgique, les colonies néerlandaises, les Etats-Unis et la Ruasié. La
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tiofV''
Fig. 41. — Commerce des Pays-Bas depuis 1S90. (En milliards de fr.)
France n'avait que fort peu de rapports commerciaux avec les Pa^s-Bas (130 millions de fr. par an).
Le Royaume des Pays-Bas, et spécialement son port de Rotterdam, fait en outre un commerce de transit très important, surtout en destination ou en provenance de la région rhénane.
8 —La pnlssance néerlandaise. — Soutenu par une fortune colossale qu'a su accumuler l'esprit d'ordre et d'économie des Hollandais, l'essor économique du royaume des Pays-Bas repose essentiellement sur son activité commerciale, à laquelle a fortement contribué la fondation d'un vaste empire colonial, mais dont la base la plus solide est la situation même de ce petit Etat à l'embouchure du Rhin.
La vie des Pays-Bas tient au Rhin, presque autant que celle de l'Egypte au Nil. Sans le Rhin, les Néerlandais auraient pu vivre libres à l'abri de leurs landes et de leurs marais, mais ils n'auraient acquis ni la prospérité ni la richesse.
Pourtant cette situation est elle-même un danger économique et politique, car le Rhin est le débouché de V Allemagne occidentale (Rotterdam est le port de la Westphalie), et sur ce débouché les Allemands tendent inévitablement à mettre la main : avant la guerre, la Néerlande sentait de plus en plus peser sur elle la domination économique de l'Allemagne.
9. — Ciénéralités. — Les Pays-Bas ont eu autrefois un immense et très riche empire colonial, édifié surtout aux dépens de l'empire portugais. Quelques-unes des plus belles colonies néerlandaises sont tombées aux mains des Anglais, comme Ceylan et le Cap, où vivait une population dorigine hollandaise, les Boers (voy. p. 112).
Mais il reste encore aux Pays-Bas plusieurs groupes de colonies, dont l'ensemble est 60 fois plus étendu et 7 fois plus peuplé que la métropole (2 millions de km-, 48 millions d'hab.; fig.^.m.
Ces colonies {fig. p. 133) sont de valeur très inégale. Les Antilles et la Guyane néerlandaises, ainsi que la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, sont insignifiantes si on les compare aux Indes néerlandaises.
Les Pays-Bas possèdent sous l'équateur un des plus vastes, des plus beaux et des plus peuplés de tous les domaines coloniaux. Les Indes néerlandaises comprennent : Sumatra avec les îlots cùtiers et les îles Bangka et Blitong, Java et Madoura, Florès, la moitié de Timo?% les petites lies de la Sonde, les Moluques, Célébés et les deux tiers environ de Bornéo.
CUaÂnençueas% Pdys-3aaI2.S% Çd(Ùaénçue6% Pays -Bas 2%
POPULATION BUPEFtf'IClE
Fig. 42. — Population el superficie comparées des Pays-Bas et de leurs colonies.
C'est un ensemble d'environ 1 million 1/2 de km^, peuplf^s r]n 47 niillions d'habitants, c'est-à-dire trois fois la surface de la France et une population supérieure à la
nuire.
10. — Sol et relief. — Ï/Insulinde [fig. p. 134), dont les Indes néerlandaises représentent la partie la plus im[)ortante, se dresse entre les grandes profondeurs de lOcéan Indien et celles de l'Océan Pacifique, sur un socle sous-marin recouvert d'une faible épaisseur d'eau (en général moins de 200 m), alors que des fosses de plus de 4.000 m s'ouvrent immédiatement au boçd des îles delà Sonde dans l'Océan Indien, L'Insiilinde est, pour la majeure partie, une dépendance de VAsic.
Elle occupe une des principales zones de dislocation de l'écorce terrestre, analogue à la Méditerranée américaine, au bord de laquelle se dressent les Antilles.
L'insulinde a été formée par deux grands plissements, qui sont en relation étroite avec le relief du continent asiatique : VArc malais et la Cordillère de l'Est. Tous deux dominent les
^l^Kses océaniques et ont été affectés par un lolcanisme
'''vArc malais s'allonge, en une courbe de plus de 2000 km de Sumatra à Florès. Les plus élevées de ses cimes (3.i00 m) sont des volcans parfois éteints, le plus souvent en activité. La seule île de Java en compte 131 sur un territoire 4 fois plus petit que la France. Les montagnes dominent immédiatement le littoral extérieur des lies de la Sonde ; il n y a de place pour les plaines, sans cesse accrues par les apports des fleuves, que sur le versant intérieur (à Sumatra surtout).
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