Les colonies néerlandaises el leurs produits
La Cordillère de l'E^t, beaucoup plus morcelée, accidente Timor et les Moluques ; le nombre des volcans y est plus eleve encore que dans l'Arc Malais, les tremblements de terre y sont fréquents et redoutables.
A l'intérieur de l'angle formé par l'Arc Malais et la Cordillère de l'Est, Bornéo et Célébès présentent un relief tout particulier : des rides montagneuses divergent d'un nœud central, semblables aux doists dune main. Mais à Bornéo les dépressions comprises entre ces montagnes ont été comblées par les alluvions et sont aujourd'hui des plaines, tandis qu elles forment des golfes profonds dans lile de Célébès.
il.— Climat, vésétation. — L'équaleur traverse SumatrR, Bornéo, Célébès et Djilolo (dans les Moluques) ; aussi l'insulinde
Principales puissances du monde.
présente-t-elle lun des types les plus parfaits du climat dit équatorial.
La chaleur y est très élevée et très peu variable : elle se maintient presque toute l'année à 26'^, avec des écarts presque insensibles (Batavia 25°, 26*^.
Fig. 44. — Ulnsulinde.
L'air est sans cesse humide, les pluies sont abondantes et fréquentes. Mais les moussons de IW ne soulïïent avec force et continuité que vers la base des montagnes, tandis que les sommets sont balayés p^ Valizé du SE ; aussi Ihumidité est-elle surtout abondante dans les régions basses. Il tombe 4'",50 d'eau à Padang (côte \V de Sumatra), 1^'^,90 à Batavia, 4'",50 à Bnitenzorg.
La haute température et Ihumidité constante, la richesse du sol volcanique donnent à l'Insulinde une flore d'une abondance et d'une exubérance extraordinaires, a Malgré la lutte incessante des cultivateurs contre la végétation spontanée » (Ueclus), la forêt vierge érige ses troncs pressés, entrelacés de lianes, K deuxième forêt se dressant au-dessus de la première ». Vers l'E, la forêt fait place à dos taillis clairsemés, qui annoncent la flore australienne.
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Les végétaux des autres régions tropicales ont pu être transplantés dans rinsulinde et s'y acclimater avec la plus grande facilité. Certains d'entre eux ont même donné dans ce sol riche et sous ce climat de serre des résultats meilleurs que dans leur pays d'origine. Le riz, le maïs, la canne à sucre, le caféiery Varbre àthé, l'arbre à quinquina, le tabac ont ainsi, dans l'Insulinde, une seconde patrie.
• 2. — Population. — Située à l'un des carrefours du globe, rinsulinde a une population formée à' éléments d'origines diverses, placés à des degrés de civilisation très différents.
Les hommes, de même que les animaux et les plantes, se rattachent à deux mondes : le monde malais à l'W, le monde papou vers l'E.
La race malaise est la race prépondérante. Arrivés par la mer (leur nom voudrait dire vagabond) mais sans qu'on puisse dire d'où ni quand, les Malais ont subi l'influence des milieux variés où ils se sont établis, et aussi celle des Hindous, des Arabes et des Chinois, ce qui a créé parmi eux des groupes très peu semblables. Les uns sont agriculteurs, et ont fait de rapides progrès à l'école des Européens ; les autres sont des marins habiles et des pirates hardis, que leurs courses en mer ont menés à des milliers de lieues, jusqu'à Madagascar, et sans doute jusqu'au Japon : d'autres enfin, ceux qui se qualifient eux-mêmes de a civilisés », habitent les villes et se livrent à lindustrie (surtout au tissage du coton). Ils peuvent être pour la colonisation européenne des auxiliaires précieux ou des adversaires redoutables, suivant l'attitude observée à leur égard.
Les Chinois se sont abattus en grand nombre sur l'fnsulinde. Excellents travailleurs, aptes à tous les métiers et se contentant d'un salaire ou d'un bénéfice modiques, on les trouve dans les mines comme dans les plantations, dans l'industrie comme dans le commerce, et notamment dans le commerce de détail, dont ils sont les véritables maîtres.
Quant aux Hollandais, qui ont pris au xvii® siècle la place des Portugais, ils sont très peu nombreux. Le climat ne permettant pas aux blancs de s'installer à demeure, leur rôle ne peut être que de surveiller le travail des plantations, de diriger les établissements commerciaux et d'exer-
cer des fonctions administratives. C'est d'ailleurs une sorte de Prolectorat que la Hollande a établi dans les Iles de la Sonde, et non pas une administration directe.
Les 47 millions d'hab. des Indes néerlandaises sont très inégalement répartis. Dans certains districts de Java, la densité dépasse 300 au km- ; Bornéo en revanche est très peu peuplée.
Les principaux centres urbains se trouvent à Java : Sourabaja (160.000 hab.), Sourakarta (140.000), Samarang (110.000), Djokjorkata (100. COO) et la capitale Batavia (235.000).
Édifiée tout d'abord dans une plaine deltaïque, avec des canaux, des fossés, des maisons de briques à pignons comme une ville hatave, la capitale a peu à peu reculé vers l'intérieur, afin de se soustraire à la malaria. La ville malsaine a été abandonnée aux Chinois, et les Européens ont créé sur les pentes des montagnes une ville neuve avec de larges avenues qui la font ressembler à un parc, sous les arbres duquel s'enfouissent les maisons. Plus au S, sur les pentes d'un volcan, s'élève la ville de plaisance. Buitenzorg (Sans Souci), dont le magnifique jardin botanique ne compte pas moins de tO.OOO espèces. Encore plus au S. à 1.070 m d'altitude, est le sanatorium, ou les Européens anémiés vont chercher l'air pur et la fraîcheur.
13. — Développement éconoipiqne. — L'exploitation économique du pays a été opérée suivant trois méthodes très différentes. Pendant le xvn" et le xyiii® siècle, elle a été confiée à la Compagnie des Indes orientales, qui, d'accord avec les idées de l'époque, se réservait le monopole de la vente des produits du pays (les épices surtout). Afin de diminuer l'offre et de faire hausser les prix, on était allé jusqu'à détruire tous les girofliers et tous les muscadiers en dehors de ceux des îles Banda et Amboine. Les indigènes étaient condamnés pendant la moitié de l'année à un travail forcé au profit de la Compagnie. Les îles se dépeuplaient rapidement.
En 1798, la Compagnie fut abolie et la culture devint libre; mais elle n'était plus aussi prospère, car elle avait à soutenir une rude concurrence de la part d'autres colonies tropicales.
En J832, l'administrateur Van den Bosch fit adopter le système des cultures qui porte son nom. Chaque district était placé sous l'autorité d'un contrôleur, qui obligeait les indigènes à pra-
tiquer certaines cultures industrielles (sucre, café, etc.). Le 4/5 du produit appartenait au gouvernement et le reste était acheté par lui au prix du marché. Le système Van den Bosch donna des résultats excellents pour la métropole, mais il aboutit en fait à l'exploitation de V indigène, qui se trouvait ainsi condamné a 1 jour de corvée sur 5, et auquel les produits étaient souvent achetés au-dessous du cours. Toute une population était soumise à une oppression inouïe et tenue dans la misère au profit de la métropole. Ce système n'en permit pas moins l'exécution de grands travaux publics (construction de barrages [fig. p. 157], de chemins de fer, amélioration des ports, établissement de sanatoria, etc.).
On renonça progressivement au système Van den Bosch et, depuis 1890, la culture est redevenue libre.
Les cultures pratiquées dans l'Insulinde sont de deux sortes : les cultures mvrières (surtout le riz), destinées à assurer l'alimentation de la population, et les culti(,res industrielles, dont les produits sont exportés,
La culture des plantes tropicales dans l'Insulinde, où elles trouvent d'excellentes conditions de végétation, dépend surtout de l'état du marché mondial. L'extension d'une culture déterminée sur un autre point du globe, la concurrence et la baisse de prix qui en résulte, suffisent à Il ruiner dans les lies de la Sonde.
C'est ainsi que la culture des épices a cessé d'être rémunératrice et est de plus en plus délaissée. La culture du caféier a été ruinée plus encore par l'énorme concurrence brésilienne que par la maladie qui a dévasté les plantations. Aujourd'hui, les Indes néerlandaises produisent 70.000 t. de café, alors que le Brésil en jette près d'un million sur le marché mondial. La culture de Varbre à thé n'a pas donné des résultats très satisfaisants, en raison de la trop grande humidité du climat : Java ne produit que 40.000 t. de thé, contre 250.000 dans les Indes anglaises. La culture de Vindigo a été mise en péril par l'utilisation des couleurs d'origine minérale.
Aujourd'hui les cultures les plus rémunératrices sont la canne à sucre, le tabac et Varbre à quinquina. Pour la production en sucre de canne, Java (1.700. 000 t.) vient
immédiatement derrière l'Inde et Cuba. Le tabac est l'objet d'une consommation locale considérable, il alimente une exportation importante à destination de la Hollande. Quant au quinquina, les Indes néerlandaises sont maintenant le seul pays de grande production.
Cliché ilu Vcrascope Richard.
Fig. 45. — Un barrage à aiguilles, à Java.
Elles ont également d'importantes ressources minérales. Elles produisent annuellement pour io millions de fr. d'or. Et surtout, elles comptent parmi les rares producteurs d'étain : les mines des îles Bangka et Blitong exportent annuellement 20.000 t. d'étain (sur une production mondiale de 130.000 t.). Lq pétrole est également extrait des Indes néerlandaises en quantités sans cesse croissantes (1.700.000 t. en 1918).
Le commerce total des Indes néerlandaises s'élevait en 1913 à 5 milliards 1/S de fr., dont un milliard et demi pour les exportations (sucre, café, thé, indigo, quinquina, tabac, caoutchouc, étain) et 1 milliard pour les importa-
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lions. II se faisait surtout avec les Pays-Bas, puis avec l'ADgleterre, l'Extrême-Orient, l'Allemagne et la France.
Ouvrages généraux, p. 18,
Pays-Bas.
Elisée Reclus. Nouvelle Géographie Universelle, t. IV, 1879. Yidal-Lablaghe. — États et Nations de lEurope. Autour de la France, 1889.
Indes Néerlandaises.
Elisée Reclus. Nouvelle Géographie Universelle, t. XIV, 1889. Chailley-Brun. Java et ses Habitants, 1900. Reimers. Les Quinquinas de Culture, 1900. Bernard. A travers Sumatra, 1904.
G.vDATON. Les Indes Néerlandaises.
QUESTIONS A ÉTUDIER
La lutte des Néerlandais contre la mer, Rotterdam : le passé, le présent, l'avenir.
Comparer le développement économique des Indes anglaises à celui des Indes néerlandaises.