‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 51 sur 154 · II. — Le Congo belge · texte numérisé non relu

II. — Le Congo belge

lie Congo Belge occupe sous l'équateur 2 millions 12 de km*. Relief. — Le bassin du Congo est une cuvette séparée de la mer par des montagnes.

Climat, eaux courantes, productions naturelles..

Abondamment arrosé par les pluies équatorlales, le Congo Belge est drainé peu: un des plus grands fleuves du monde, le Congo, malheureusement ooupé de rapides. Ses principales richesses sont le caoutchouc delà forêt vierge, et les mines du Katanga.

Populations. — Les quinze millions de nègres du Congo Belge comptent parmi les populations arriérées .

développement économique. — La jonction par voie ferrée des biefs navigables du Congo a permis d'exploiter Ti voire et le caoutchouc. Le commerce, qui passe presque tout entier pai' Léopoldville NIatadi, atteignait 125 millions en 1913.

fl . — Vue d'ensemble sur la Belgique. — Le Royaiime de Belgique, est, comme les Pays-Bas, Vtm des plus petits Etats de VEurope : avec ses 30.000 km-', il est 18 fuis moins ^and que la France ; sa superficie équivaut à celle de notre Bretagne. Mais, comme les Pays Bas aussi, la Belgique occupe en Europe une place beaucoup plus importante que sa faible étendue ne tendrait a le faire croire.

Le sol d'un si petit pays est loin d'être homogène : au SE, il est occupé par le plateau de roches anciennes de VArdenne. Vers le NW, ce plateau plonge sous une épaisse couche de limons tertiaires, pays àQ plaines ondulées, que coupent par endroits des collines basses. Plus loin encore, la plaine s'abaisse jusqu'à un niveau voisin de celui de la mer, et les dépôts quaternaires tout récents remplacent les limons tertiaires.

Ces trois régions, qui s'abaissent lentement du SE au NW, sont séparées par deux sillons fluviaux à peu près parallèles : 1° le sillon Haine-Sambre-Meuse ; 2** le sillon Lys-Escaut-Ruppel-Nèthe . Elles constituent la Haute Belgique, la Moyenne-Belgique et la Basse-Belgique {fig. 142).

Ni l'une ni l'autre de ces trois zones n'appartient en propre à la Belgique : la Haute-Belgique relie l'Ardenne française aux hauteurs anciennes de l'Allemagne moyenne, au Massif schisteux rhénan en particulier ; la Moyenne-Belgique fait suite aux plaines du Nord français et se poursuit à l'E par la fertile zone des Bœrde allemands ; enfin la Basse-Belgique annonce les polders néerlandais et les marschen allemandes.

S. — La Hante-Belgique. — L'Ardenne, qui occupe l'angle de la Belgique, est un massif de schistes argileux et de quartz, raboté par une longue érosion et réduit à n'être plus qu'un monotone et triste plateau, couvert de forêts (sur le sol sablonneux résultant de la décomposition des quartz), de marais, et de tourbières ou fagnes (sur les argiles provenant de la décomposition des schistes). Point de cimes : l'altitude moyenne est de 400 m, le point le plus élevé ne dépasse pas 675 m.

« Ce n'est pas en saillie, a-t-on dit très justement, mais en creux que s'accentue le modelé » : les rivières ardennaises {Meuse et ses affluents) ont creusé dans le bloc ardennais des vallées, étroites, profondes et sinueuses, où se concentre le peu d'activité et de vie de la résion.

..Chemins de fer internationaux

Fig. 46. — La Belgique.

L'Ardenne se prolonge au N par les hauteurs sub-ardennaises du Condroz et du Pays de Hervé (300 m d'allitude moyenne) dont les roches, tantôt calcaires, tantôt schisteuses, ont beaucoup plus de variété : les rocs calcaires se dressent au bord des rivières, couronnés de vieux châteaux forts ; les vallées s'élargissent, et les eaux se perdent parfois dans des cavernes, comme celles de la Lesse dans la célèbre grotte de Ha)i.

Cette région haute, au sol pauvre, au climat froid et humide (30 jours de neige par an dans l'Ardenne), offre peu de ressources. L'exploitation des forêts, l'extracti

de V ardoise et du minerai de fer font vivre une population dont la densité ne dépasse pas 40 hab. au km ^.

En revanche, au pied des hauteurs sub-ardennaises, dans le long sillon tracé par la Haine, affluent de l'Escaut, la Sambre et la Meuse (en aval de Namur;, la vie est extraordinairement intense. C'est que dans ce couloi'r étroit se sont accumulés, à l'époque primaire, les végétaux dont la décomposition a donné la houille. Trois bassins houillers, qui appartiennent au même sytème que ceux du N de la France et de l'Allemagne rhénane, se succèdent de TW à l'E : bassin du Borinage ou de 3fons, dont les gigantesques crassiers, semblables à des cônes volcaniques, dominent la vallée de la Haine, bassin de Charleroi dans celle delà Sambre, bassi7i de Liège dans celle de la Meuse. Et le minerai de zinc voisine avec le charbon. Aussi, une industrie 1res actice s'est-elle développée dans ces vallées : le sous-sol est perforé de galeries de mines, et à la surface se dressent les chevalements de puits, les hauts fourneaux, \Q?>usines métallurgiques, \qs verreries.

La population est, par suite, extrêmement dense : dans le Borinage, sur 500 km^ sont entassés plus de 400.000 hab., et dans le bassin de Liège, sur 300 km-, plus de 400.000 également. Peu de très grandesvilles cependant: ce qui domine, ce sont les villes de 20 à 30.000 âmes, très rapprochées les unes des autres : Mo7is, Charleroi, Namur. Le seul grand centre urbain est la vieille ville épiscopale de Liège, devenue grande ville industrielle et grande place de commerce : avec son faubourg de Seraing, où les usines Gockerill sont pour la Belgique l'équivalent des usines du Greusot pour la France ou d'Essen pour TAUemagne, elle compte plus de 200.000 hab. Dans la vallée de la Vesdre, au voisinage de la zone d'industrie du zinc (usine de la Vieille- Montagne, dans le territoire neutre de Moresnet), Verviers (45.000 hab.) est un grand centre à' industrie lainière.

a. — La Moyenne-Belgique. — La Moyenne-Belgique est un

•pays de plaines, mais ào. plaines ondulées, recouvertes d'un épais manteau de limon, parsemées de collines de sables dont l'altitude maxima ne dépasse cuère 150 m. Des plaines de la Hes-

baye, qui bordent le sillon de Sambre-et-Meuse, le sol s'abaisse doucement vers le NW.

Cette faible pente du sol est marquée par la direction des rivières (Escaut, Lys, etc.), qui convergent toutes vers Anvers. Coulant sur un sol presque plat, alimentées par les eaux de pluies modérées et réparties entre toutes les saisons, ce sont des rivières paisibles, presque semblables à des canaux.

Cette région fertile est un pays diagriculture riche ^ qui produit les céréales et les plantes industrielles {lin, chanvre, betterave^ colza, chicorée). Le voisinage des bassins houillers a permis aux industries agricoles et textiles de s'y développer. Enfin, c'est une importante région de passage, où se sont effectués, depuis l'aube de l'époque historique, les migrations des peuples et les mouvements des armées.

C'est dans le Brabant et dans le Hainaut que se trouvent quelques-uns des champs de bataille les plus célèbres : Steenkerque, Seneffe, Fleurus, Jemmappes, Ligny, Waterloo, Ramilics, Neerwinden, etc. « Entre les marais de la Basse-Belgique et les accidents de terrain de la partie haute, ces larges croupes à blé offraient un terrain facile aux opérations militaires. » Aujourd'hui, ce pays, que suivait une importante voie romaine, est sillonné en tous sens par les chemins de fer et les canaux.

Sa population est très dense : elle dépasse oOO hab au km- dans la province du Brabant.

La population rurale vit dans de grosses fermes « bien différentes des petites habitations rurales qu'on voit dans les Flandres; elles se composent d'énormes bâtiments en briques, élevés audessus d'une vaste cour qu'ils enserrent de toutes parts. Les %nêtres sont rares, une porte solide clôt l'unique entrée » (Vidal-Lablache). Telles sont les fermes célèbres de Goumont, de Papelotte, de la Haie-Sainte, si rudement disputées entre Français et Anglais sur le champ de bataille de Waterloo. 11 semble, encore aujourd'hui, que chacune d'elles s'attende à subir un siège.

Le centre de toute cette région, ainsi que de la Belgique entière, est Bruxelles {Brûssel), bâtie dans la vallée de la

Senne et sur les hauteurs qui la dominent, au point où se croisent les grandes routes allant de FW à l'E et du S au N (chemins de fer d'Ostende à Baie et au Gothard, de Paris à Anvers et Amsterdam).

Fière de son long passé, Bruxelles étage sur les pentes brabançonnes ses vieux quartiers pittoresques du centre, les constructions pompeuses de Tancienne résidence autrichienne, et les architectures banales d'une grande ville cosmopolite moderne. C'est un centre industriel, une place de commerce et de finance. Son Université libre lui vaut une vie intellectuelle assez intense. Bruxelles même n'a pas 200.000 âmes, mais elle est entourée de nombreux faubourgs {Schaerbeek, Molenbeeck, Saint- Jean, Ixelles, Saint-Gilles, Anderlecht, etc.), qui donnent à l'aggloniération bruxelloise une population totale de plus de 700.000 hab.

Au voisinage de Bruxelles, Malvies {Mechelen, 60.000 hab.), est. un centre d'industrie dentelière, et Louvain {Leuven, 40.000 hab.), possède une Université dont la liarbarie allemande a tristement accru la célébrité.

Dans le Hainaut, Tournai (35.000 hab.) exploite les pierres calcaires de ses collines, ressource importante dans un pays où les matériaux de construction sont rares.

Au confluent de la Lyset de l'Escaut s'est fondée l'une des principales villes de la Belgique, Gand {Gent^ 165.000 hab.), autrefois ville de drapiers et de brasseurs, aujourd'hui centre des industries cotonnière et linière, reliée directement à la Mer du Nord par un canal maritime.

4. — La Basse-Belgiqne. — La Basse-Belgique est une plaine aux horizons illimités, dont l'altitude ne dépasse jamais 100 m. Le sol a été recouvert par des alluvions récentes, d'origine marine ou fluviale. Mais ces alluvions sont de nature et de fertilité variables, de sorte qu'on peut distinguer dans la Basse-Belgique plusieurs régions très différentes.

1° La plaine de Flandre, dominée de place en place par quelque butte à laquelle on donne le nom prétentieux de -* mont », a un sol très riche, propre aux cultures qui exigent la nourriture la plus substantielle^ en particulier au lin et au colza.

Principales puissances du monde. 9

Cette richesse du sol est également l'œuvre de l'homme, qui, de longue date, a été obligé de pratiquer une agriculture savante afin de pouvoir nourrir la nombreuse population industrielle des Flandres.

2° La région des polders, ou Flandre maritime, a été conquise par Vhomme sur la mer, au prix d'un labeur séculaire. Au-dessous du niveau de la haute mer, elle était occupée par des lagunes salées, et même un bras de mer s'avançait jusqu'à Bruges, qui était un port maritime. On a asséché ces moëres en y creusant des canaux d'écoulement, les watergands, et en épuisant l'eau au moyen de moulins à vent qui actionnent des pompes ou des vis d'Archimède. De place en place, des mares, ou « clairs », subsistent encore au milieu des polders, qui sont d'excellentes prairies d'élevage.

3° La côte de Flandre, presque recHligne, est très basse, car elle représente la zone de contact d'une plaine plate et d'une mer sans profondeur. Bordée de bancs de sable du côté de la mer, et du côté terrestre de dunes que fixent des plantations d'oyats et que renforcent par endroits des digues, elle est d'accès très difficile. On n'y trouve que des ports artificiels ou des villages de pêcheurs, qui se transforment pour la plupart en stations balnéaires. Le seul grand port est un port d'estuaire : Anvers, sur l'Escaut, dont les embouchures appartiennent d'ailleurs aux Pays-Bas.

4° La Campine, au N du Ruppel et des Nèlhes, est, comme les Landes françaises, une plaine de sables reposant sur un sous-sol imperméable. Aussi est-elle occupée tantôt par des landes, tantôt par des marais. Grâce à des travaux de canalisation et à des amendements marneux on a réussi à transformer une bonne partie de la Campine en un pays de cultures maraîchères et d'élevage des vaches à lait. En outre, la découverte de puissants gisements houillers dans le sous-sol en fera, dans un avenir très rapproché, une région industrielle.

La Basse-Belgique, pays d'agriculture riche et d'élevage intensif, est, depuis longtemps, un des grands centres de Vindustrie textile.

Dès le moyen âge, les Flandres tissaient le lin et e chanvre indigènes ainsi que les laines importées d'Angleterre Une féconde

et exubérante floraison urbaine se développa dans les Flandres, qui formaient « une ville continue ». Mais plusieurs deces vi les, autrefois si fières de leurs franchises municipales et de leur urospérité, dont témoignent encore leurs magnifiques monuments, sont aujourd'hui déchues : la mer, en se retirant, les a

Fig. 47. — D/uijKi. u (-te -u^-^,-' —

privées de toute communication facile avec l'extérieur, et elles sont devenues des villes mortes {flg. p. 147). Tel est le cas de Bruges, ou Brugge (5^.000 hab.), à laquelle d'ailleurs une vie nouvelle va être rendue par le canal. maritime de 10 km qui la relie maintenant à Zeebrugge.

Sur la côte de la Mer du Nord, Ostende (45.000 hab.) a un port très fréquenté, bien qu'il n'offre aux vaisseaux qu'un abri médiocre.

Ostende doit à son voisinage de l'Angleterre d'être en relations suivies avec Douvres; aux services de paquebots font suite le

chemin de fer Ostende-Bruxelles-Namur-Luxembourg-Golhard, et le chemin de fer Ostende-Bruxelles-Liége-Cologne. Néanmoins Oslende voit passer encore 6 fois moins de voyagem's que les ports français (Boulogne, Calais, Dieppe) réunis.

Anvers {Antwerpen) occupe une situation exceptionnellement favorable sur l'Escaut inférieur, dont les bouches font face à l'estuaire de la Tamise. Bien qu'il soit à- 88 km de la mer, il est accessible aux plus gros vaisseaux et il est relié par un excellent réseau de voies navigables et de voies ferrées à un arrière-pays qui s'étend bien au delà des frontières de la Belgique.

Les origines de la fortune d'Anvers remontent au xv® siècle : une forte tempête approfondit le lit de VEscaut occidental, ou Eont, précisément à l'époque où les ports flamands, ensablés, devenaient inutilisables, et où le trafic océanique allait remplacer le trafic méditerranéen. Au xvi® siècle, Anvers était la principale place de commerce de l'Europe, et c'est alors qu'elle se couvrit des beaux monuments qui font encore sa gloire. Mais les Néerlandais, qui craignaient la concurrence d'Anvers, fermèrent l'embouchure de l'Escaut dès qu'ils eurent secoué le joug espagnol; Anvers languit et se dépeupla. Napoléon I", pour faire d'Anvers une rivale de Londres, un Londres continental, rouvrit l'embouchure de l'Escaut et y fit creuser plusieurs bassins. Mais le triomphe d'Anvers ne devint définitif qu'après l'émancipation de la Belgique et le rachat des douanes perçues par les Néerlandais à l'embouchure de l'Escaut (1863). Depuis lors, Anvers n'a cessé de grandir et son trafic le classait en 1913 parmi les ports de l'Europe 9m 'premier rang, à côté de Londres et d'Hambourg. Anvers fait un grand commmerce de transit pour le compte des centres industriels rhénans, de la France du Nord-Est et de l'Est, de la Suisse. 11 importe en outre les produits du Congo (caoutchouc, ivoire), les blés des Etats-Unis, les laines ei les peaux de l'Argentine, le café du Brésil, etc. Anvers est aussi un des principaux ports d'embarquement des émigrants à destination de l'Amérique. Il compté 300.000 hab., et forme avec ses faubourgs une agglomération de 400.000 hab.

Entouré de forts, Anvers était en 4914 le grand camp retranché de la Belgique.

Page 1