I. — Les Alpes
Les Alpes couvrent environ 200.000 km*.
Strwctt^ve. - Montagnes jeunes, les Alpes ont été modelées par les glaciers quaternaires et par les eaux courantes.
Grandes divisions- — Dans les Alpes occidentales se succèdent la zone de la mollasse et du flysch, la zone calcaire externe, la zone des massifs centraux (Mont B/anc, 4.807 m , la zone cristalline interne. Dans les Alpes orientales : la zone calcaire septentrionale, la zone cristalline médiane, la zone calcaire méridionale.
Clitnat et eaux couvtintes. — Les Alpes sont une limite climatérique entre les influences septentrionales et méditerranéennes j leurs glaciers et leurs neiges alimentent des fleuves importants : Rhône, Rhin, Danube, Pô.
Voies de communication. — Traversées par de nombreuses voies ferrées (tunnels du Cenis, du Simplon, du Saint-Gothard, des Tauern), les Alpes ne sont plus un obstacle atix communications.
IL — La Suisse
La Suisse occupe environ 41.000 km».
La Suisse Jurassienne. — Au pied du Jura, où l'élevage et l'horlogerie sont prospères, Bàle s'apprête à développer les avantages de sa position rhénane.
Lia plaine suisse. — Entre le Jura et les Alpes, la plaine u concentré une population nombreuse vouée à l'industrie : Zurich, Berne, Genève.
La. Suisse alpestre. — Sa population peu nombreuse s'enrichit par l'afflux des touristes étrangers.
La population suisse. — République fédérale, la Suisse compte 4 millions d'hab. (densité : 100). qui comprennent des éléments allemands, français et italiens.
Agriculture, indu strie. — Le sol est surtout propre aux pâturages. La houille blanche a favorisé l'éclosion récente de la grande industrie {cotonnades, soieries, métallurgie).
Cotnnterce. — Il approche de 3 milliards 12, chiffre étonnant pour un pays montagneux et sans mines.
ï. — Les Alpes I. — Généralités. — Les Alpes limitent au S lEurope
LES ALPES
-centrale. Elles lui fournissent une bonne partie des eaux qui arrosent ses plaines, et sont jcn étroits rapports économiques avec la plupart des régions qui la couiposent.
Les Alpes représentent le trait essentiel de la physionomie géographique de l'Europe, dont elles constituent comme V ossature.'
En y comprenant le Jura et la plaine suisse, elles couvrent 220.000 km^ et, sans ces annexes, 185.000 km^, un peu plus du
Fig. 80. — Sbmcture des Alpes.
Croquis schématique, d'après Philippson.
1/3 delà superficie de la France. La longueur intérieure de l'arc qu'elles développent du golfe de Gènes à Vienne est de 750 km, et la longueur extérieure de 1.300 km. La largeur du massif est très variable : dans la région du iMont Blanc, elle ne dépasse pas 130 km ; elle atteint en revanche 240 km. sous le méridien de Vérone.
S. — Structure (fig. p. 245). — V origine des Alpes commence à être connue dans ses traits généraux, et les travaux des géologues, poursuivis avec ardeur sur tous les points du massif alpestre, permettent maintenant de se faire une idée de leur structure.
Les Alpes soni des 7no7Uag nés jeunes, résultant de plissements qui datent de l'ère tertiaire et se prolongèrent pendant des centaines ou même des milliers de siècles. On a calculé que, dans les Alpes orientales, la largeur de la zone contractée a été réduite de 50 km et dans lès Alpes suisses de 120 km. Gomme la poussée venait surtout du S, où l'afTaissement avait été beaucoup plus accusé qu'au N, c'est au S que le plissement a été le plus vigoureux et que sont les plus hautes cimes. C'est vers la plaine du Pô que se trouve le versant interne des Alpes, beaucoup plus court et beaucoup plus abrupt que le versant externe, ce dernier
bernolseis
Fig. 81. — Coupe à travers les Alpes, de Neuchâtel à Biella.
orienté vers les massifs anciens qui ont joué le rôle de butoirs : Maures, Esterel, Hauteurs de Provence, Massif Central, Vosges, Forêt-Noire, Bohême. Du Mont Rose à' la plaine du Pô, il n'y a que 45 km., tandis qu'il y en a 105 du Mont Rose à la plaine suisse {fig. p. 246).
L'énorme massif alpestre ne s'est pas plissé en une seule fois; il y eut plusieurs séries de plissements, qui ont donné naissance à deux arcs montagneux principaux : les Alpes occident<des et les Alpes orientales. Entre les Alpes occidentales et les Alpes orientales, — que sépare une zone de dt^pressions marquée par le Rhin du lac de Constance à Coire, le Rhin postérieur, le col de San Bernardino, le Tessin et le lac Majeur, — il n'y a de commun que le versant externe.
C'est dans les Alpes occidentales que le [ilissement a atteint son maximum dintensité; aussi est-ce là qu'on trouve les plus hauts sommets et les plus puissants massifs. La zone centrale, formée de roches cristallines (granits, gneiss, etcl, comprend une
LES ALPES 247
double série de massifs séparés par des roches sédimentaires (calcaires, argiles devenues des schistes à la suite des fortes pressions) qui constituent la zone du Briançonnais, dépression relative où sont de nombreux cols.
Sur les deux versants, les sédiments calcaires ont également été plissés. Mais sur le versant interne le revêtement calcaire a disparu : il s'est effondré pour donner naissance à la plaine du Pô. Il a au contraire une grande extension sur le versant externe et Tune de ses branches, séparée de l'ensemble de la masse alpestre, forme le Jura. Entre les Alpes et le Jura, dans le golfe devenu aujourd'hui la plaine suisse, se sont déposés des sédiments tertiaires, gréseux, argileux et plus ou moins schisteux, dont l'ensemble forme le flysch.
A partir de la Savoie, le bord extérieur des Alpes occidentales est formé par des sédiments provenant de la destruction des Alpes par les agents d'érosion ; cette mollasse a été plissée, et stitue les collines suisses.
ans les Alpes orientales, le plissement fut unilatéral. Il a
nné naissance à une zone centrale de jnassifs anciens qui, vers l'E, après les Hohe Tauern, se divise en deux branches, dont celle du N est prolongée par la zone centrale des Karpates. En avant de la zone centrale, au N, les terrains calcaires sont moins fortement plissés que dans les Alpes occidentales. A partir des Alpes de Salzbourg, ils sont même presque horizontaux et forment de grands plateaux plutôt que des chaînes.
Sur leur versant interne, les Alpes orientales se terminent audessus de plaines basses provenant d'effondrement locaux : bassin de Vienne et golfe de Gratz à l'E, pays-bas vénitiens au S. Entre ces deux systèmes de plaines, les plateaux du Karst prolongent les Alpes du S-Est.
Bien qu'elles soient les montagnes les plus jeunes de l'Europe, les Alpes, qui ont dû atteindre une altitude au moins égale à celle des Himalayas actuels, ne sont plus qu'une gigantesque ruine : Vérosion a réduit l'altitude, a sculpté les rochers, a tracé le système des vallées et découpé les massifs. A l'œuvre dés eaux courantes s'est ajoutée l'œuvre des glaciers quaternaires.
Il y a vingt ou vingt-cinq mille ans, les glaciers atteignaient dans les Alpes une extension énorme : ils couvraient presque tout le massif d'une croûte de glace semblable à celle du Grœn-
248 LKS PRINCIPALES PL'lSbANCES DU MONDE
land actuel et s'avançaient très loin dans les plaines, surtout auN.
Ces glaciers quaternaires ont arraché aux flancs de la mon tagne une masse énorme de matériaux, qu'ils ont déposés sous forme de moraines frontales, de boues ou de cailloutis glaciaires sur l'avant-pays. Us ont, en outre, donné leur aspect actuel aux vallées alpestres.
Le fleuve de glace a élargi la hase des vallées et leur a donné ce prûfil en auge ou en U, qui les distingue des vallées en V résultant de l'érosion par les eaux courantes. Il a approfondi les vallées principales plus que les vallées secondaires, ce qui fait que celles-ci sont à un niveau supérieui* et que les cours d'eau qui les suivent actuellement débouchent dans le fleuve principal par des cascades. Dans les roches plus tendres, il a creusé des lacs qui forment une double ceinture au N {lacs du Bourget, d Annecy, Léman, de Thoune et de Bricnz, des Quatre Cantons, de Zurich, de Constance, lacs bavarois) et au S [Lacs Majeur, de Lugano, de Côme, dheo, de Garde).
En approfondissant les dépressions relatives qui séparaient deux massifs, les grands glaciers quaternaires ont créé des cols, caractérisés par leur largeur, leurs pentes douces, la présence de petits lacs au pointle plus élevé [fig.p- 249). Ce n'est pas au sommet des cols que sont les régions les plus accidentées, mais en aval, dans les barrages des vallées fluviales. L'action glaciaire a été par là-même très heureuse : elle a facilité les communications à travers la masse alpestre.
Les glaciers actuels des Alpes sont insignifiants si on les compare aux grands glaciers de l'époque quaternaire. On n'en trouve qu'au voisinage des plus hautes cimes : Mont Blanc, Alpes du Valais, Alpes Bernoises, Bernina, Ortler, Œtztal, Ilohe Tauern surtout. Le plus étendu est le glacier d'Aletsch, dans les Alpes bernoises, qui atteint une superficie de l lo km-. La pointe des glaciers descend bien au-dessous de la limite des neiges persistantes, jusqu'au milieu des forêts et des pâturages : \e glacier des Bossons s'arrête à 1.200 m , celui de Grindelwald 1.080 m. L'extension des glaciers est d'ailleurs soumise a des oscillations : tantôt la glaciation esten voie de progrès, tantôt — comme au cours de la période actuelle — elle subit un recul très marqué.
2iJ0 LES PRINCIPALES PUISSANCES DU MONDE
3. — Grnndcs divisions. — Grâce à l'hcurcux Système de vallées longitudinales et transversales que les eaux courantes et les glaciers y ont tracées, la masse alpestre, déjà divisée en Alpes occidentales et Alpes orientales, se trouve morcelée en un grand nombre de massifs {/Ig. p. 2ol), autour desquels la circulation est facile.
En laissant de côté la partie des Alpes qui se trouve sur le territoire français (voir Cours de Première, p. 256), voici quels sont les principaux massifs alpestres :
Dans les Alpes occidentales : 1° Zone de la mollasse et du FLYscH : les Alpes de Saint-Gall (2.504 m) ; — 2° Zone calcairr externe : les Alpes des Quatre Cantons (2. 932. m); — 3» Zone DES MASSIFS CENTRAUX : Ic Massif du Mont Blanc (4.807 m), les Alpes Bernoises (4.275 m;; — 4<> Zone cristalline internk : le Massif du Grand-Paradis (4.061 m), les Alpes du Valais (4.638 m), le Massif du Gothard.
Dans les Alpes orientales : i° Zone calcaire septentrionale : les Alpes calcaires du Tirol (2.952 m), les Alpes de Salzbourg (2.716 m), les Alpes du Saîzkammergut (2.996 m), les Alpes calcaires d' Autriche (2.278 m), le Wienerwald (qui appartient à la zone du flvsch) ; — 2<* Zone cristalline médiane : le Massif delà Bernina (4.052 m), le Massif de lOrtler (3 902 m), le Massif de l'Œtztal (3.774 m), les Hohe Tauern (3.798 m), les Alpes styriennes (2.441 m); — 3^* Zone calcaire mf.ridionalb, formée en réalité par le système autonome des Alpes du Sud-Est : les Alpes bergamasques (3.037 m) , les Alpes dolomitiques (3.694 m), les Alpes Juliennes (2.864 m), souvent con-idéré^^s comme appartenant au système dinarique.
4. — Climat et eaux, coarnntes. — Gràce à leur orien! tion dans le sens des parallèles, les Alpes sont la limite climatérique entre les régions soumises aux influences septentrionales et les régions soumises aux influences méditerranéennes. En outre, à l'intérieur du massif, Valt' tilde crée des conditions climatériques spéciales.
Les pluies {fig. p. 25:2) sont partout abondantes, car la masse relativement froide des Alpes agit à la manière d'un gigantesque appareil de condensation. Sur le versant septentrional , elles tombent en toute saison, avec un maximum enéle ;siir le versant meridioïiaij elles tombent