LES PRINCIPALES IM
surtout dL\xprinte7nps et à V automne, sous lorme d'flue?'s<'. violentes.
Abondamment arrosées et recouvertes, dans les région hautes, dune épaisse couche de neiges éternelles qui alimentent des glaciers, les Alpes donnent naissance à des fleuves importants : Rhône, Rhin, affluents du Danube, Pô, etc.
w-nv^
moins de 5ù cm.
de 50 à 75 cm
I plus de 2-
Fig. 84. — Carie des pluies dans la région alpestre.
Pluies abondaiiles siii' les massifs élevés ; pluies rares dans les vallées abritées et dans les plaines limitroplies des Alpes.
Dans l'ensemble, les rivières des Alpes ont un débit trc> inégal, avec un maximun d'été dû à la fonte des neiges et un minimum d'hiver. Leur cours est rapide, et ell< charrient une quantité considérable de 7natériaux.
Par bonheur, un bon nombre d'entre elles traverseiii les lacs subalpiîis, qui servent à la fois de régulateurs et d'épurateici's.
Les matériaux entraînés par les fleuves se déposent dai les lacs, et les comblent pou à peu; on estime qu'il fandi 200.000 ans pour que le lac Léman ait^iisparu. Déjà les lacs •' Thoune et de Brienz ont été séparés par le delta de la Lûtschiii'
LES ALPES
et la même transformation ifig- p. 2o3)
àe prépare dans le lac Majeur
5. — Voies de eoinmanieation. — Interposées entre l'Europe du Nord-Ouest et l'Europe centrale d'une part, l'Earope méditerranéenne et les routes • du Levant et de l'Extrême-Orient d'autre part, les Alpes ont une importance capitale au point de vue des commimicatioiis. Aussi sont-elles sillonnées par un grand nombre de routes; les plus importantes soint celles qui unissent le versant îxterne au versant interne.
Ancien cours de la Lutschine
Région comblée-paria Lutschme
Transformation accomplie
Transformatron Imminente
Fig. 85. — Comblement des lacs alpestres. Le fond du Lac Majeur sera un jour isolé du reste du lac par les alluvionsdu Maggio.
Déjà les Romains avaient construit des routes à travers les Alpes. Mais elles furent négligées depuis les invasions, et le trafic dut s'opérer par des sentiers, ou tout au plus par des chemins muletiers. Au wui^ siècle fut reprise et activement poursuivie la. construction déroutes carrossables, qui s'élevèrent en lacets sur les pentes, furent pourvues de galeries protectrices près des couloirs d'avalanches, eurent des hospices (comme en avait déjà le chemin du Saint-Bernard) au sommet des cols : en 1728 fut ouverte la route du Semmering et en 1772 celle du Brenner ; Napoléon l'""" fit tracer les routes du Mont Genèvre et du Simplon, X.e nombre des routes carrossables se multiplia au xix° siècle; des services postaux réguliers y furent organisés par diligences montées sur roues en été, sur patins en hiver.
Mais le développement des chemins de fer a diminué Timpor-
Princii)ales puissances du monde. 13
LES PRINCIPALES PUISSANCES DU Mu.NUE
tance des routes, qui n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt local. Les ingénieurs se sont attaquées à la montagne. Ils ont d'abord fait gravir les pentes par des locomotives puissantes et n'ont foré les tunnels qu'à une altitude élevée, afin de réduire les difficultés et la longueur de l'entreprise : le tunnel de Semmering , percé en 1834, est à 992 m d'altitude; celui du Mont Ceais,
Fig. 86. — Les grandes percées alpestres.
Convergence des voies ferrées vers la plaine du Pô. Les régions hautes sont marquées par un pointillé pîus ou moins serré.
achevé en 1871, est à 1.293 m. On arrive parfois au grand tunnel par des tunnels en spirale. Plus tard, grâce à l'invention de puistantes machines perforatrices mues par l'air comprimé, les ingénieurs ont creusé des tunnels de base, auxquels on accède par des rampes faibles : le tunnel du Simplon, achevé en 1906, n'est qu'à 706 m d'altitude, mais il a 20 km de long, tandis que le Gothard n'en a que 15, et le Mont Cenis 13.
Aujourd'hui, de nombreuses lignes de chemins de fer [fig. p. 254") joignent la France, la Suisse, rAllemagne, l'Autriche et l'Italie septentrionale ;
1° Ligne de Marseille à Alexandrie par Gcnes et le col de Giovi 2° Ligne de Dijon à Turin par le tunnel dit du Mont Cénis ;
LES ALPES
3° Lignes de Lausanne et de Berne {tunnel du Lœtschberg) à Milan par le tunnel du Simplon ;
4° Ligne de Zurich à Milan par le tunnel du Saint-Gotliard ;
5'^ Ligne de Munich à Vérone par Innshruck et le Brenner ;
6^^ Ligne de Salzbourg à Trieste par le tunnel des Tauern ;
70 Ligne de Vienne à Udine par le tunnel du Semmering et le seuil de Tarvis ;
M^Cenis*
Fig. 87 . — Les voies d'accès au Simplon.
8» Ligne de Linz à Trieste par le col de Pyhrn, Klagenfurt et les Karawanhen [ligne du Wochein] ;
9° Ligne de Vienne à Trieste par le Semmering, Gratz et Marbourg.
Une nouvelle voie transversale desservira les Alpes quand le chemin de fer de Coire à Sankt-Moritz [tunnel de Z'Albula) aura été relié par le seuil de Maloggia aux lignes italiennes, ou quand un tunnel aura été creusé sous le Spliigen.
Une autre va s'ouvrir de Nice à Coni.
Ces lignes transversales ont été complétées par des voies longitudinales, dont la plus intéressante est celle de Paris à Vienne par Belfort, Zurich le tunnel de TArlberg, Innsbi uck et Salzbourg.
Les grandes percées alpines ont modifié les courants commerciaux de l'Europe; Marseille en a pâti au profit de Gênes; le tunnel du Genis favorisa les relations entre l'Italie et la France, le Gothard fut une revanche de l'Allemagne, le Simplon [fig. p. 255) profitera à qui saura s'y ménager les meilleures voies d'accès.
moins de25hab.3ukm
de25à 50
de 50a 100 h3^ au km?
plus de 100
- Densité de la population dans les Alpes et les régions voisines.
6. — Rôle des Alpes en Europe. — Gràce à la facilité de la pénétration à l'intérieur du massif alpestre, les Alpes ont une population plus nombreuse que la plupai^t des autres montagnes. La densité moyenne est de 50 hab. au km- ; elle varie entre 1:2 et 60, suivant les régions {fig. p. 256).
Les Alpes ne sont donc pas une barrière entre les hommes; elles sont plutôt un lien entre les divers groupes humains qui habitent sur leurs flancs. Aussi ont-elles joué, à diverses époques, un rôle politique important.
Aux époques de morcellemenipoWliquei chaque vallée alpestre . forma une unité : Tentente s'imposait aux habitants pour améj nager les eaux, entretenir les forêts et les pâturages, régler le ! droit de pacage des troupeaux et la fabrication en commun des < produits de lélevage. Aujourd'hui encore, les vallées alpestres ' ont conservé une certaine autonomie : chacune d'elles est dési- ■ gnée par un nom spécial {Queyras, Graisivaudan, Maurienne, Tarentaise, Valais, Engadine, VaUeline, Pinzgau, Vmtschgau^ ' Pustertal, Zillertal, etc.) et beaucoup ont gardé, avec le costume local, certaines mœurs et certaines traditions dififérentes de celles des vallées voisines,
La France, l'Allemagne, l'Autriche, même Y Italie, ont absorbé une partie de ces petits groupes politiques. Mais elles ne sont pas des Etats spécifiquement alpestres : leur centre de gravité est ailleurs que dans les Alpes. Le seul État alpestre est la Suisse.
IL — La Suisse
■î. — Vue d'ensemble. — La Suisse est un État purement continental, comme l'Autriche, la Tchécoslovaquie et la Hongrie. C'est Vun des plus petits États de V Europe ; sa superficie ne dépasse guère 41.000 km-, le 1/3 de celle de la France, 6 à 7 de nos départements. Mais ce territoire tout petit est des plus variés.
Entre la Suisse jurassienne duNW, qui représente seulement 12 p. 100 de l'ensemble du pays, et la Suisse alpestre du SE, qui occupe 58 p. 100, s'allonge une dépression relative que, par comparaison avec les régions de hautes altitudes qui l'avoisinent, on appelle la plaine suisse. C'est la partie vitale de la Confédération, bien qu'elle ne forme que 30 p. 100 de la superficie.
8. — La Suisse Jurassienne. — Le Jura n'appartient à la Suisse que pour une faible partie, la bordure interne, derrière laquelle les grands plateaux se développent sur le territoire français.
Les plis du Jura, qui s'abaissent brusquement au-dessus de la plaine suisse, sont coupés obliquement a l'E, et les vais qui
s'ouvrent entre eux forment des voies d'accès vers Vinlérieur [val d'Orbe, val de Travers, val Saint-lmier).
Pays de climat rude et humide, sauf dans les vais bien exposés, le Jura est couvert de belles forêts de sapins, et de pâturages où se pratique un élevage analogue à celui des montagnes subalpines. La culture n'est rémunératrice que dans les vallons bien exposés. Mais, grâce aux eaux courantes, la grande industrie a pénétré dans le Jura : la fabrication de Vhorlogeriey à laquelle les montagnards se livraient depuis longtemps dans des ateliers familiaux, se fait maintenant dans de grandes manufactures ; des villes comme Le Locle (13.000 hab.) et La Chaux de Fonds (40.000 hab.) sont nées, à de hautes altitudes, de cette transformation d'une industrie familiale en grande industrie.
Au pied septentrional du Jura s'est fondée Bâle (Basel)^ qui compte maintenant! îO. 000 habitants.
Bâle, limitrophe de la France et de l'Allemagne, occupe une situation merveilleuse au croisement de plusieurs grandes voies naturelles : porte de Bourgogne (canal du Rhône au Rhin), vallée inférieure du Rhin, vallée supérieure de ce même fleuve et route de Constance, vallée de la Birse. Elle est la porte de la Suisse pour qui vient du N ou du NW, et de grandes voies ferrées la réunissent à travers le Jura à Zurich, à Berne, à Lausanne et à Genève. Grande place de commerce et de banque, elle verra son importance grandir encore lorsque les travaux de régularisation ou de canalisation du Rhin auront rendu le fleuve pratiquement navigable en amont de Strasbourg, lorsque la création d'un réseau navigable suisse la reliera avec Genève (éventuellement avec Marseille, après achèvement des travaux du Rhône), et encore plus le jour où une meilleure organisation des voies ferrées tranversales en France la mettra en relations avec nos ports atlantiques.
Dans l'ensemble, la Suisse jurassienne a une population dont la densité n'est guère inférieure à 100 hab. au km-. Les habitants sont en majorité de langue française. La région bàloise seule est de langue allemande.