‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 88 sur 154 · Milieu piiysique. — Le Royaume de Roumanie a été · texte numérisé non relu

Milieu piiysique. — Le Royaume de Roumanie a été

plus que doublé par les Traités de Saint-Germain (avec

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! Autriche), de Tbianon (avec la Hongrie) et de Neuilly ivec la Bulgarie), qui ont mis fin à la Grande Guerre, ainsi que par l'annexion de la Bessarabie, précède m ment russe. 11 s'étend aujourd'hui sur près de 800.000 km-, que peuplent environ 15 millions d'habitants.

Les frontières, « dont le dessin a été inspiré surtout par des considérations ethniques, sans négliger les conditions économiques et stratégiques » (de Martonne), ne correspondent à des traits de la géographie physique qu'au NE, à TE et au S, où elles sont presque entièrement; constituées par les cours du Nistru (Dniestr), par la Mer Noire et par l§ cours du Danube ; à l'W au contraire, la frontière serpente au travers de la plaine hojigroise, sans s'appuyer ni sur le rebord du haut bassin de Transilvanie ni sur le cours de la Tisza. L'ensemble du nouvel État présente une forme arrondie, qui n'est pas sans avantages au point de vue de sa défense militaire.

La partie centrale de la Roumanie est occupée par l'importante chaîne montagneuse des Garpates, qui furent le refuge et le centre d'expansion de la nationalité roumaine, mais qui constituent un obstacle pour les communications et la vie économique.

Outre la bande étroite de terres basses très fertiles qui se rattachent à la plaine hongroise ('pays des Grish [Kôrôs] et fraction du Banat de Temesvar), la Roumanie comprenrl deux grandes régions naturelles ; Garpates et bassin de Transilvanie, — plaines roumaines.

a. Les Garpates et le bassin de Transylvanie. — Le système des Garpates, dont la partie occidentale se trouve en territoire tchécoslovaque (voir p. 281) et polonais, se déroule en un immense arc de cercle depuis les environs de Vienne jusqu'aux Portes de Fer [flg. p. 289).

Gomme le plissement alpin, dont il est contemporain, le plissement carpatique a été arrêté dans son extension par des butoirs de roches anciennes (massif de Bohême, plate-forme russe), qui l'ont obligé à s'allonger en un arc de L300 km, divisé en nombreux massifs par des vallées transversales et longitudinales semblables à celles des Alpes, mais bien moins développées. L'intérieur du massif a subi un colossal effondrement : des bassins

se sont creusés, qui ont été plus tard comblés par les alluvions; des volcans ont surgi sur le bord de ces grandes cavités, où, aujourd'hui encore, les sources thermales sont nombreuses et les tremblements de terre fréquents. Dans les trachjtes accumulés pajce:j volcans, on trouve de riches filons métalliques.

A caase de ces bouleversements profonds, la structure géologique des Carpates est encore plus compliquée que celle des Alpes : la zone calcaire intérieure a disparu ; il ne reste que la zone centrale de gneiss et de granit, prolongement des Alpes cristallines, et la zone sédirnentaire extérieure, qui fait suite aux Alpes calcaires du N. Ces roches sédimentaires sont le plus souvent des grès, étalés en croupes boisées monotones, que dominent par place des roches calcaires pareilles à des écueils [hlippen). Sur le bord extérieur des Carpates se sont accumulés, en Galicie comme en Roumanie, des dépôts tertiaires, collines riches en gisements de sel et en sources de pétrole.

L'absence des zones calcaires sur beaucoup de points imprime aux Carpates un aspect bien plus uniforme que celui des Alpes. Les formes du relief soni généralement douces, et les Carpates ne donnent que rarement l'impression de la haute montagne. Dans les Carpates orientales, l'épaisseur du massif diminue sensiblement, en même temps que l'altitude s'abaisse et que s'ouvrent des cols situés à moins de 1.000 m ; elle se relève dansles.Ll/c)7i^s Hargitta qui tombent à pic sur les hauts bassins de Transilvanie. Les Alpes de Transilvanie, qui descendent par de gracieuses pentes boisées vers la plaine valaque, atteignent l'altitude de 2.536 m au Negoï, mais elles sont percées par le profond défilé de la Tour-Rouge dans lequel YAluta s'est frayé une longue gorge de 50 km. située à 2.000 m au-dessous des hautes cimes. Les Monts du Banat font suite aux Alpes de Transilvanie et se rattachent à l'arc balkanique dont les sépare la coupure des Portes de Fer. La Porta Orientalis, qui prolonge la haute vallée du Ternes, ouvre une route plus directe et moins malaisée que celle des Portes de Fer entre l'Europe centrale et l'Europe du Sud-Est (chemin de fer de Buda-Pest à Bucarest).

Le bassin de Transilvanie, qui se rattache orographiquemeni aux Carpates, est géologiquement uni à la dépression hongroise. C'est un haut bassin d'effondrement, dont le fond est resté à un niveau (400 m) plus élevé que celui de la plaine hongroise, et que domine à l'W le Massif du Bihar. Les rivières, qui coulent du plateau vers la Tisza ou vers le Danube inférieur, ont creusé des vallées profondes de 200 à 300 m, parce que leur niveau de base (plaine hongroise ou plaine valaque) est à une

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très faible altitude ; elles ont ainsi transformé le bassin de'liansilvanie en un pays de colline.^ qui séparent des vallées étroites, tapissées d'alliivions limoneuses.

Les Garpates et la Transilvanie ont un cUinat continental, caractérisé par des étés chauds, des hivers froids et des pluies d'abondance médiocre (50 cm à 1 m en Transilvanie). Dans les Carpates la limite des zones de végétation est sensiblement plus basse que dans les Alpes : céréales jusqu'à 4.000 m seulement, forets jusqu'à 1.500 ou 1.800 m suivant les régions. La Transilvanie est un pays de sol fertile, où la chaleur des étés mûrit le mais, la vigne et les fruits.

b. Les plaines roumaines. — Les plaines roumaines comprennent laBucovine, précédemmentpossession autrichienne, la Moldavie, la Bessarabie et la Valachie ; on y peut rattacher, entre le Danube et la Mer Noire, ieplateau marécageux delà Dobroutja.

La Bacovine et la Moldavie, sont V avant-pays des Carpates. De W à lE on distingue en Moldavie une zone de montagnes boisées, une zone de collines riches en gisements de sel et en sources de pétrole, enfin une zone de plaines à céréales qui se prolongent en Bessarabie. Le Siretul (Seret) et le Prut, affluents du Danube, coulent, de même quele Nistru (Dniestr), parallèlement à la direction des Carpates dans des vallées marécageuses.

Le long du Danube s'étend la Valachie. Les Alpes de Transilvanie s'abaissent vers le S par une sorte de glacis formé de collines argileuses, marneuses ou sableuses, qui gagnent en largeui' de l'E à IW et qui renferment, elles aussi, des dépôts de sel et des sources de pétrole. Les rivières descendues de la montagne, et dont quelques-unes ont poussé leur source jusque sur le haut bassin de Transilvanie, ont morcelé ce glacis en y creusant de profondes vallées {Oltu, etc.). De la bordure des collines (la « Podgoria ») on descend bientôt à la plaine monotone (le « Cdmp »), sans eau et sans arbres, boueuse après les averses, poussiéreuse et brûlée par le soleil en été, mais recouverte d'une fertile couche de lœss et riche en céréales.

Le c/ima/ des plaines roumaines, nettement continental, annonce celui de la Russie. En hiver, on voit parfois le thermomètre descendre jusqu'à — 36*^ (les bouches du Danube sont fermées pendant deux mois par les glaces), tandis qu'il marque en été 40'^. Lesmoyennes de janvier et de juillet sont, pour Bucarest, de — 3° et de 23°. Les pluies sont peu abondantes (0 m 58 à Bucarest, moins de 0 m 35 dans le Sud de la Bessarabie), et parfois de longues semaines s'écoulent sans qu'il tombe une goutte d'eau.

Principales puissances du monle. IS

LES PUINCIPALES PUrSS\NCES DU MOiND-i

Ce climat de steppe imprime sa marque sur le régime hijdrographique. Les rivières descendues des Alpes de Tiansjlvanie pour aller rejoindre le Danube, abondamment alimentées dans leur cours supérieur, s'appauvrissent à mesure qu'elles avancent dans la steppe ; certaines d'entre elles se perdent dans les lagune salines, sans réussir à atteindre le grand fleuve (voir p. 179).

^ 6. — La popui-ition. — Les Roumains, qui parlent une langue néo romane, se disent issus de la colonisation

Fift. 405.

finns i/n r'illnnp t/f ïiotimanie

maisons et paysans.

romaine chez les Daces a i époque de Trajnn. l) abord exclusivement paires et cantonnés dans les montagnes, ils se sont faits cultivateurs et sont descendus dans les plaines {fîg. p. 314). Mais le centre de la nationalité roumaine est resté jusqu'à nos jours la région montagneuse qui comprend les Garpates, les collines subcarpatiques et le haut bassin de Transilvanie ; c'est de là que sont parties les migrations roumaines qui se sont avancées dans toutes les

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