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Fig. loi. — Le bassin houillev de la llaïUe-Silésifi.
houiUer de Cracovie — Dombrowa — Haute Silésie est le plus riche de V Europe; on estime sa puissance à iOO milliards de t.
Ce bassin houiller, qui avant la guerre était partagé entre la Russie (Dombrowa), l'Autriche (Karvin-Cieszvn) et la Prusse (extrémité SE de la Haute-Silésie) a donné lieu à de très violentes contestations lors du règlement de la paix. La Pologne, tout en gardant Cieszyn, a dû céder à la Tchécoslovaquie toute la partie du bassin houiller qui est à IW de cette ville. En revanche le plébiscite haut-silésien a permis à la Pologne de conserver les plus riches districts houillers de la Haute-Silésie, ci-devant prussienne [fig. p. 308).
La Fologiie aura désormais à sa disposition près de 60 millions de t. de charbon par an (France d'avantguerre : 40 millions).
Le pétrole de Galicie (région du haut Dniestr, près de Boryslaw) s'ajoute à cette richesse houillère; en 1920 la Galicie a fourni 11 millions d'hl de pétrole, presque autan. que la Roumanie (14 millions hl) ; si la production pétrot lifère des Carpates ne supporte pas la comparaison avec les quantités jetées par l'Amérique sur le marché mondial (États-Unis : 850 millions hl ; Mexique, 300 millions), elle n'en paraît pas moins appelée à jouer un rôle intéressant pour la consommation de l'Europe, si pauvre en huiles minérales. On estime à 300 millions de t. (1 tonne = 12 à 13 hl de pétrole) la richesse totale du sous-sol galicien.
Enfin les hautes vallées des Carpates et les grands fleuves polonais constituent pour la Pologne des réserves de force hydraulique d'une valeur incontestable.
Les minerais ne font pas complètement défaut à la Pologne. Elle a du fer (SoO.OOO t. par an), qu'elle vendait en partie à la Haute Silésie prussienne, àu.zinc (700.000 1.), d\i plomb, du cuivre. *
L'exploitation du sel gemme donne 240.000 t. par an.
Les industries textiles étaient particulièrement déveveloppées dans la Pologne russe d'avanl-guerre, surtout à Lodz; la production des cotonnades était estimé à 400 millions de fr., et celle des lainages à 250 millions de fr. ; la soie, le lin, le chanvre, \e jute étaient également travaillés.
Les industries métallurgiques ont une certaine activité dans l'ancienne Pologne prussienne (1 million de t. de fo7ite, 1 million et demi de t. d'acier en 1912).
Gomme industries alimentaires, il faut citer surtout rindustrie du sucre, pour laquelle la Pologne occupe un des premiers rangs en Europe : en 1920, la Pologne a produit 500.000 t. de sucre de betterave (production de la France d'avant-guerre : 750.000 t.). Les industries de la distillerie (alcool de pommes de terre ou de grains) et de la brasserie sont relativement prospères.
Le commerce extérieur de la nouvelle Pologne ne pourra
être déterminé avec précision que lorsque des relations économiques normales se seront créées entre les anciens et les nouveaux Etats de l'Europe centrale et orientale. Ce que la Pologne aura surtout besoin d'importer, ce seront des matières premières {coton, laine, jute, minerais), des machines, des engrais chimiques, des produits coloniaux, etc. ; ce qu'elle pourra exporter, ce sera du bois, du pétrole, du sucre,- à^V alcool, et peut-être desproduils de ferme. ^( Sans s'abandonner à un optimisme irréfléchi qui défigure les réalités et anémie les énergies, on peut envisnger avec espoir l'avenir économique de la Pologne » (Merlot).
La façon dont sera résolu le problème des transports entrera pour beaucoup dans la réalisation de cet avenir. Ce qui fait la faiblesse politique et militaire de la Pologne peut et doit faire sa prospérité économique; sans barrières naturelles à ses frontières, elle s'offre comme une région de passage par excellence : c'est l'obligatoire voie du transit entre l'Occident et l'Orient européens, entre les pays de la Baltique et les pays de la Méditerranée orientale. Dotée d'un admirable réseau de voies fluviales, dont quelques travaux d'aménagement feraient de belles voies navigables, la Pologne a été malheureusement a pourvue par les gouvernements russe, allemand et autrichien d'un pitoyable réseau ferré, dont la tracé était plutôt inspiré par des raisons d'ordre stratégique que par le souci des intérêts des pays desservis » (Merlot). Il y a là une œuvre considérable à accomplir.
Surtout la Pologne a un besoin vital d'assurer la liberté de ses coyn munie allons maritimes. C'est pour elle une très grande cause d'infériorité que de n'être pas complètement maîtresse à Dantzig. Pour un pays que guettent tant de haines inapaisables, un bon port national eût été la première des sécurités militaires et des garanties économiques.