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CHAPITRE XVI

IéB monde méditerranéen, qui englobe l'Europe méridionale, I Af's occidentale et l'Afrique septentrionale, présente une forte homoyonëitô.

£« mer Méditerranée. — La Méditerranée a de grandes profondeurs et des marées insignifiantes. Madgré l'afflux des eaux de l'Atlantique et de la mer Noire, elle garde une forte salinité.

Terres et côtes. — Bordée presque partout de hautes mon tagnes, la Méditerranée a des côtes généralement rocheuses et favorables à la navigation (lies nombreuses) ; mais les communications avec l'arrière-pays sont difficiles.

Climat et eauoc courantes. — Le climat «e caractérise par des hivers tièdes et pluvieux, des étés chauds et secs ; les fleuves ont donc un débit irrégulier.

Végétation. — Sans grande végétation forestière ou herbacëer les pays méditerranéens ont surtout des cultures arbustives {olivier, vigne); l'irrigation y est nécessaire à l'agriculture.

JPopuI ations et États. — Très diverses, les populations méditerranéennes se sont laissées dominer économiquement par les T^eitples du N, Français, Anglais, Allemands. Seule, l'Italie a sa place parmi les grandes puissances du monde.

I. — Généralités. — La partie méridionale de l'Europe forme, avec VAsie extrême-occidentale et le No7'd de V Afrique, une des régions les mieux déterminées et les plus nettement caractérisées qui existent sur le globe. Le monde méditerranéen {flg. p. 3:23) présente de toute façon une remarquable homogénéité : l'harmonieuse disposition des telles autour d'une mer très différente des grands océans, la structure du sol, le climaty les joroductions naturelles et les conditions de vie qui en résultent, donnent à ses diverses parties une physionomie identique, et expliquent dans une certaine mesure le rôle que cette région a joué dans le passé comme dans lo présent.

La zone méditerranéenne proprement dite n'est guère qu'une bordure ; c'est l'étroite frange de terres qui s'étend entre la mer et les montagnes {^plateaux ibériques, Massif Central français, hauteurs de Provence, Alpes, plateau de Mésie, Balhan en Europe, plateau d'Anatolie, chaînes du Liban en Asie, Atlas en Afrique), Mais les influences méditerranéennes pénètrent jusque dans les régions de relief moyen, comme \es plateaux castillans, V Apennin, les chaînes balkaniques ; elles ne sont arrêtées que par de hauts remparts montagneux comme les Alpes. La ligne qui marque la limite septentrionale de Volivier enclôt assez exactement la vraie zone méditerranéenne, laquelle comprend ainsi, en Europe, la majeure partie de la Péninsule Ibérique, le Midi de la France (Roussillon, Bas-Languedoc, Provence), V Italie péninsulaire et la frange littorale de la Péninsule des Balkans. Sa superficie est de 1.140.000 km=^ environ, soit un peu plus du 1/10 de l'Europe.

'2,. — La Mer Méditerranée. — Quand se sont produits les grands mouvements du sol qui ont donné naissance aux montagnes du système alpin, une profonde dépression s'est creusée entre les voûtes montagneuses, en même temps que s'écroulaient des massifs anciens. Dépression et fosses ainsi ouvertes sont aujourd'hui la Méditerranée. Ces grands bouleversements du sol ont été accompagnés &e phénomènes volcaniques, dont on retrouve les traces dans les volcans éteints de la Catalogne et du Languedoc, ainsi que dans les volcans encore actifs : Vésuve, Stromboli, Etna, Santorin. La fréquence des tremblements de terre témoigne de l'instabilité du sol dans toute la région.

La Méditerranée est presque une mer fei*mèe; elle ne communique avec l'Atlantique que par le détroit de Gibraltar, dont la largeur est de 17 km seulement au point le plus resserré.

La véritable séparation entre les deux mers se trouve d'ailleurs en avant du détroit (/?^. p. 326) : entre le cap Trafalgar et le cap Spartel existe un seuil sous-marin recouvert d'une faible épaisseur d'eau (254 m au maximum), ne permettant l'échange que des eaux de surface et faisant de toute la partie des eaux méditerranéennes situées au-dessous de ce niveau un bassin fermé.

A l'autre extrémité, la Méditerranée est en relations avec la Mer Noire par une série de détroits très resserrés aX de peu de profondeur : Dardanelles, Mer de Marmara,

LE MONDE MÉDITEURANBEN 325

Bosphore. Le Canal de Suez la joint aujourd'hui à la Mei Rouge, dont la séparait un isthme de 160 kçi de largeur.

Dans ces limites, et sans y comprendre la Mer Noire ni la Mer de Marmara, la Méditerranée a une superficie de 3 millions de km* environ, soit près de 6 fois la France. Elle s'allonge dans le sens des parallèles sur 4.000 km, tandis que sa largeur maxima est de 740 km ; cette largeur se réduit à moins de 150 km entre la Sicile et la Tunisie.

V étranglement siculo-tunisien partage la Méditerranée en deux grands bassins dont chacun comprend deux fosses très profondes.

La Méditerranée occidentale, ou Mei* Romaine, est divisée, par le seuil sur lequel reposent la Corse et la Sardaigne, en deux cuvettes, fosse des Baléares etMerTyrrhénienne, dont les profondeurs atteignent respectivement 3.150 et 3.730 m.

Dans la Médi(erranée orientale^ ou Mer Grecque, le seuil de Candie sépare deux régions de grandes profondeurs : la Mer Ionienne, où l'on a relevé au S de la Morée une épaisseur d'eau de 4.404 m, et la fosse orientale^ dont le fond s'abaisse à 3.347 m.

Des deux mers annexes, Adriatique et Archipel (ou Mer Egée) la première n'a des fonds de plus de 200 m que dans sa partie méridionale, et la seconde, parsemée d'îles, a un relief extrêmement irrégulier : de véritables abîmes s'y creusent à l'intérieur des groupes insulaires.

Située dans une région de climat chaud, la Méditerranée perd annuellement, par Vévaporation, une tranche d'çau de 2 m d'épaisseur. Les pluies et les fleuves — de débit médiocre, sauf le Nil — ne compensent cette perte que pour un peu plus du tiers. Et l'on a calculé que « si cette perte n'était réparée, la Méditerranée disparaîtrait en 460 ans, laissant comme vestiges de sa présence une couche de sel épaisse de 52 m ». Ce sont les eaux de V Atlantique et celles de la Mer Noire qui, par des courants superficiels dans le détroit de Gibraltar et dans le Bosphore, viennent combler ce vide.

En raison de l'intensité de Tévaporation et de la fai-

Princ'pales puissances du monde. 49

blesse de l'apport d'eaux douces Aasalmilé des eaux de la Méditerranée dépasse la moyenne, elle est de 40 p. 1000 (40 grammes de sel par litre d'eau).

Contrairement à ce qu'on a longtemps pensé, la Méditerranée a des marées, ma^is de faible a77ipHtude : O'^'ih en moyenne. Elles ne dépassent ce chiffre que dans les golfes en forme d'entonnoir, par exemple dans les Sijrtes africaines ou au fond de la Mer Adriatique, où elles atteignent 70 cm.

plus de 1000'

Fig. 408, — Le détroit de Gibvaliav

Cette insignifiance générale des marées a-t-elle favorisé ou contrarié le développement économique de la Méditerranée? On a souvent posé la question, mais il est assez difficile de la résoudre : si l'absence du flux et du reflux facilite (et surtout a facilité dans les temps primitifs) la construction des ports et en rend possible l'accès à toute heure, elle en provoque aussi Vemahlcment. Narbonne, Idria, Uavenne, qui étaient autrefois des j>orts, sont maintenant séparées de la mer par une plaine d'alluvions de plusieurs km.

La faune de la Méditerranée est différente de celle de l'Atlantique. En raison de l'uniformité de la température

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partir de 254 m (niveau de séparation), les espèces sont peu variées dans les profondeurs. La principale est le thon, qui vit normalement dans les profondes cuvettes du bassin occidental, et qui vient frayer sur les bas-fonds les plus voisins (côtes de Tunisie et de Sar daigne).

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