‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 94 sur 154 · Terres et côtes. — Mer profonde (1.339 m en · texte numérisé non relu

Terres et côtes. — Mer profonde (1.339 m en

oyenne, plus de 4.000 m par endroits), la Méditerranée est bordée presque partout par des hautes terres, et ce sont les lignes directrices du relief qui dessinent les contours u littoral.

Le re/ze/" des régions méditerranéennes est en général rès accusé^ parce qu'il est « jeune ». Il est essentiellement représenté par une série de plissements montagneux disposés en forme à!arcs allongés^ entre lesquels s'étendent des dépressions occupées par la mer ou par les plaines d'alluvions : tel Varcdes Alpes et de /'Apennin, enserrant la Mer Adriatique, dont le fond est devenu la plaine du Pô.

Dans l'ensemble, les côtes méditerranéennes offrent un type très difTérent des côtes atlantiques. Elles ^oni parallèles à la direction générale des montagnes, dont elles épousent les contours. Le plus souvent, elles baignent le pied même de ces montagnes, etalors elles ?>oni rocheuses. et élevées; elles forment des corniches .-côte de Ligurie, etc. Lorsque le dépôt des alluvions a créé une plaine littorale, en Vénétie par exemple, la côte est basse et plate, bordée de lagunes que des flèches de sable séparent de la haute mer {fig. p. 340); l'absence de fortes marées a favorisé le développement des deltas fluviaux.

La Méditerranée a ae nombreuses îles, qui marquent l'emplacement des terres englouties sous les eaux : Baléares, Corse, Sardaigne et Sicile dans le bassin occidental, iles lo7iiennes. Candie, Chypre, Sporades, Cyclades dans le bassin oriental, Malte au débouché du Canal de Sicile.

Il y a donc dans le bassin méditerranéen un grand nombre de ports naturels, mais ils sont pour la plupart en communications difficiles avec V arrière-pays : la barrière montagneuse est très élevée, et les fleuves constituent de médiocres voies de pénétration. Les principaux

ports européens de la Méditerranée sont au débouché de vallées fluviales, mais à quelque distance des boues dl'embouchure : Barcelone près du Llobregat et de VEbre, Marseille près du Rhône, Venise près du Pô, Salonique près du Vardar. D'autres occupent le fond des golfes : Gênes, Trieste. D'autres enfin se sont fondés dans les détroits où se resserrent les routes des navires : Constan tinople sur le Bosphore.

4. — Climat et eaux courantes. — Orienté dans ie sens des parallèles, le monde méditerranéen ne saurait présenter les grandes variétés climatiques qu'on observe dans les régions disposées suivant les méridiens. Il y a un climat méditerranéen, très distinct du climat des autres régions de l'Europe. Sur la carte générale des climats, il représente la zone tempérée chaude à pluies d'hiver, courtes et abondante s, '\iiiQVQ.dàéQ comme une longue bande entre la zone tempérée à pluies de toutes saisons et la zone désertique que coupe le Tropique.

Hivers tièdes et pluvieux, étés chauds et très secs, yo' \q6 traits essentiels du climat méditerranéen.

La 'tiédeur des hivers méditerrannéens est bien connue. Mais, sur plusieurs points, les influences locales viennent conlre-b;i lancer les influences proprement méditerranéennes. Les minim; barométriques qui régnent en hiver sur la Méditerranée appel lent les vents froids venus de la montagne enneigée : le mistrai languedocien et provençal, le bora adriatique abaissent en qut': ques heures la température, et l'on peut voir la neige tomber dan^ ritalie du S et en Grèce. Néanmoins, la température moyenne de janvier est de 8°9 à Barcelone, de 6°7 à Rome, de 11° à Païenne, de S'* à Athènes. Les mois pluvieux sont, dans l'Europe méditerranéenne, novembre, décembre et janvier. Les pluies sont brus ques, torrentielles, accompagnées de violentes bourrasques âpre lesquelles le ciel reprend sa sérénité première. Brouillard.brumes, pluies fines sont choses à peu près inconnues.

En été, la température est élevée : 26" pour la moyenne de juillet à Barcelone, 2o<*6 à Ajaccio, 2^08 à Rome, 25*^4 à Palerme, 27'» à Athènes. Les vents dominants sont des vents du Nord, provoqués par l'existence d'une zone de basses pressions sur les déserts surchauffés du Sahara et de la Libye, a Ces mouvements

atmosphériques ont un caractère de régularité qui contraste avec la brusquerie des bourrasques hivernales. » Les anciens avaient déjà observé ce phénomène; ils. avaient constaté, dans la Méditerranée orientale, l'existence de vents réguliers soufflant durant l'été du N au S. Ils les avaient appelés vents étésiehs, c'est-à-dire annuels, et ils les mettaient à proQt pour abréger les traversées entre la Grèce et l'Egypte. Passant sur des régions de plus en plus chaudes, ces vents du N ne peuvent précipiter sous forme de pluies l'humidité qu'ils renferment. Aussi la sécheresse est-elle extrême et générale. On a calculé que, pendant les trois mois d'été, il ne tombe à Malte que 2 p. 100 du total des pluies de l'année (au lieu de 25 p. 100 si les pluies étaient également réparties entre les saisons), en Sicile que 3 p. 100, dans l'Italie méridionale que H p. 100.

Ce climat, dont la' sécheresse n*est atténuée que par des pluies d'hiver abondantes, mais peu fréquentes, donne aux fleuves méditerranéens leur débit irrégulier. Les rivières, courtes en général, car les montagnes serrent de près le rivage et leur laissent peu d'espace pour se développer, sont des « oueds » qui roulent sur les fortes pentes des montagnes des masses d'eau énormes après les pluies, mais qui pendant l'été se trouvent desséchés et réduits à des lits caillouteux. Les seules exceptions sont les fleuves qui s'alimentent, par leur cours supérieur ou par celui de leurs affluents, aux glaciers des Alpes : le Rhône et le Pô. Tous les cours d'eau méditerranéens sont des fleuves travaillées, qui construisent les plaines basses avec les débris arrachés à la montagne.

« Le fleuve n'est donc pas dans cette région l'auxiliaire de l'homme ; il est plutôt un danger pour lui. Aussi n'a-t-il pas joué le même rôle dans l'Europe méditerranéenne que dans l'Europe occidentale; ici, il attirait les hommes qui s'établissaient tout le long de son cours, au fond et sur les flancs des vallées ; là, au contraire, il les a écartés. Il n'a point servi de trait d'union entre les individus fixés sur ses bords; il n'a point déterminé de groupements de population » (Yver).

5. — Végétation. — C'est le climat également, joint à l'abondance des sols calcaires perméables, qui a imprimé

au paysage végétal des régions méditerranéennes leur caractère distinctif. La sécheresse a pour conséquence la disparition presque complète des praines naturelles. Les arbres à feuilles caduques sont remplacés par des arbres à feuillage pei^sistant, généralement de petite taille, groupés en ma^ms plutôt qu'en forêts.

L'olivier est l'arbre caractéristique du monde méditerranéen. Le figuier, la vigne, Voranger, le citronnier, le chêne vert, le chêne-liège, sont presque aussi répandus que l'olivier, mais. à la différence de celui-ci, on les trouve également dans d'autres régions.

La sécheresse du climat pendant les mois d'été, c'est-à-dire pendant la période de croissance des végétaux annuels, rend plus nécessaire que partout ailleurs l'aménagement des eaux : il faut recueillir et conserver l'eau provenant des pluies d'hiver ou de la fonte des neiges et des glaciers, pour la distribuer aux plantes pendant la saison sèche. L'irrigation est la condition de l'agriculture méditerranéenne.

6. — Popolailons et Étals. — Le bassin méditerranéen fut pendant longtemps le domaine exclusif de la 7^ace blanche : race blanche de type brun dans le N, dans la partie européenne; race blanche foncée dans le S. Mais les invasions du début et celles de la fin du moyen âge y ont introduit Vêlement jaune, de sorte qu'aujourd'hui, principalement dans la Péninsule des Balkans, la carte ethnographique du monde méditerranéen est singulièrement-bariolée.

VW (Péninsule Ibérique, France, Italie) est le domaine despeuples de langue romane : Portugais, Espagnols. Français, Italiens, dont chacun résulte de la fusion des éléments ethnographiques les plus divers. Un autre peuple de langue romane, le peuple roumain, s'est établi dans la plaine valaque.

Les Grecs et leurs parents de race, les Albanais, occupent le S de la Péninsule Balkanique, les îles et les rivages de la Mer Egée.

Des populations slaves (Slaves du Sud) ont pris position dans le N et le centre de la Péninsule des Balkans, et

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ont été renforcés par la slavisation d'un peuple jaune, parent des Huns etdes Avars, le peuple bulgare, qui se fixa sur les deux flancs du Balkan.

Enfin les Turcs Ottomans, devenus maîtres de Gonstantinople, ont essaimé sous forme, de colonies sur divers points de la péninsule et des îles

Au bariolage ethnographique se superpose le bariolage confessionnel. Si tout TW du monde méditerranéen est le domaine de la religion catholique, la Péninsule des Balkans a des catholiques romains, des orthodoxes, euxm(*mes divisés en plusieurs Eglises rivales, dit% musulmans, qui ne sont pas exclusivement des Turcs.

Ces populations sont ti^ès inégalement réparties : les montagnes et les plateaux sont faiblement peuplés, alors que les plaines basses, les vallées fertiles, le littoral, les îles ont un très grand nombre d'habitants.

Bien que l'ouverture du canal de Suez ait rendu à la Méditerranée l'importance commerciale que lui avait fait perdre la découverte des nouveaux mondes, les peuples qui habitent sur ses bords ont relativement peu profité de cette renaissance.

La Turç^de et V Espagne, Etats essentiellement militaires^ n'ont jamais joué qu'un faible rôle économique.

De nos jours la Turquie d'Europe s'est vue réduire presque à néant par l'émancipation des Grecs, des Roumains, des Serbes, des Bulgares et des Albanais.

Le Royaume d'Espagne n'a que 20 millions d'hab. sur ses 500.000 km- ; son comnaercene dépassait guère êmilliars de fr. eq 1913.

Ce sont les Étals de V Atlantique, les peuples du N, qui tiennent les premières places, économiques et politiques, dans le monde méditerranéen. Les Allemands, les Anglais et les Français dirigeaient presque toute l'activité industrielle et commerciale de la péninsule des Balkans et de l'Espagne.

L'Allemagne avait mis en outre des capitaux importants et aspirait à une situation économique prépondérante dans la Turquie d Asie.

L'Angleterre, continuant l'œuvre entreprise par la

France, a donné une vie nouvelle à l'Egypte, dont les 12 millions d'habitants alimentent un commerce qui dépassait déjà / milliard et demi de fr. en 1913.

La France, méditerranéenne d'ailleurs par son littoral de Languedoc et de Provence, a fait revivre l'Algérie et la Tunisie, dont la population monte à 8 millions d'âmes, et dont le commerce s'élevait en 1913 à plus de i.500 millions de fr. A ce domaine elle a ajouté le Maroc.

Avec la France, le Royaume d'Italie est le seul État wédz^<?rraween qui puisse prendre place parmi \q^ grandes puissances du monde. A son territoire européen s'ajoute la colonie africaine de Libye.

OUVRAGES A CONSULTER

Voir p. 18 et 370.

G. Yyer. Esquisse d'une histoire du Bassin de la Méditerranée, 1900. Brunhes. L'Irrigation dans la Péninsule Ibérique et dans l'Alrique du Nord, 1902.

QUESTIONS A ÉTUDIER

Les conditions de l'agriculture dans le monde méditerranéen. Le développement économique de rKgvpte.

Les grands ports méditerranéens.

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