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lien ne produit qu'en trop faible quantité des denrées iddispensables (le blé notamment) qu'il devient nécessaire d'acheter au dehors; en revanche, il produit en quantités abondantes certaines autres denrées (fruits, vins, soies) qu'il faut écouler, mais qu'il est actuellement malaisé de vendre h l'étranger. Nécessité d'acheter, difficulté de vendre : la conséquence fatale est la misère^ surtout pour le S. D'où V émigration de la faim.
SOOOOO émiqrsnls
A Emigration allemande I Emijracion iéa henné
Fig. 119. — L'émigration italienne et V émigration allemande, de U78 à 1913.
Aussi l'Italie était-elle avant la guerre à la tête des nations qui émî^ren^; elle avait pris la place longtemps occupée par l'Allemagne {fig. p. 367).
Le nombre des émigrants italiens était de 100.000 en 1877 ; il dépassait 500.000 en 1904, et dans les années qui ont précédé la guerre il s'élevait fréquemment au-dessus de 700.000, plus que la population toute entière de Rome !
Il est vrai que cette émigration était en partie temporaire. Si 870.000 Italiens ont quitté leur pays en 1913, 190.000 y sont revenus. Beaucoup d'Italiens, en effet,
s'expatrient dans les pays voisins {France, Afrique du Nord, Suisse, Allemagne, Autriche-Hongrie, etc.), ou même dans les pays lointains {Elals-Unis, Argentine, pri' exemple), pour louer leurs bras, travailler comme terra> siers, comme maçons, comme ouvriers agricoles, etc., amasser un petit pécule grâce à un labeur acharné et à une vie de privations, et revenir au pays natal. Cette forme de l'émigration a des avantages pour lltalie, dont la fortune se trouve accrue par les sommes que ses nationaux envoient ou rapportent de l'étranger.
Mais bien plus importante est Vemigration définitive, sms esprit de retour. « La seule émigration transocéanienne de l'Italie dépasse l'émigration totale actuelle ou passée de tous les pays européens y» (Gunnard), et pour certaines régions italiennes elle équivaut à un véritable dépeuplement. Elle frappe surtout la Vénétie et les provinces du Midi, c'est-à-dire les rcgions agricoles de grande propriété.
On voit des borghi éaiigrer en masse, maire cl curé en léte. Le syndic d'un bourg de la Basilicate pouvait, en 4902, accueillir le Président du Conseil par ces paroles : « Je vous salue au nom de mes 8.000 administrés, dont 3.000 viennent d'émigrer en Aniérione et donl hs 5.000 autres se préparent à les suivre! « La Ba^aicate, les Abrazzes, la Calabre sont dès maintenaul autant d'irlandes.
Où se dirigent ces émigrants ? Trois régions surtout les attirent (fig. p. 369) : les États-Unis. l'Amérique du Sud {Brésil méridional et Argentine), rAîi ique du Nord [Algérie, Tunisie, Libye).
Le nombre des immigrants italiens aux Etats-Unis a été d 200.000 en moyenne dans les premières années du xx« siècle ; mais le gouvernement fédéral américain voyait d'un mauvais œil l'arrivée de ces immigrants pauvres, peu instruits, trop enclins à jouer du couteau et suspects d'idées anarchistes; ces éléments v non désirables » étaient éliminés dès larrivée et réembarqués : sur 215.000 immigrants, près de 100.000 sont repartis en 1910. Cependant on estime à plus de 1.500.000 le nombre des Italiens fixés dans l'Union : ils sont surtout nombreux dans la région de New York (à Palerson, devenue la métropole
américaine de la soie) et dans la Californie, pays des agrumes et des vins comme l'Italie du Sud.
Si les Italiens sont perdus dans la masse de la population vankee et n'exercent qu'une très faible influence dans la grandi république nord-américaine, il n'en est pas de même dans la partie tempérée de l'Amérique du Sud. Fortement groupés au milieu de populations moins nombreuses et moins anciennement conscientes de leur unité que celles des Etats-Unis, ils se dena-
Centre aîmmigration italienne Centre de forte immigration italienne Colonie italienne
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Fig. liO. — Les zones d'émigration italienne et les colonies de l'Italie.
tionalisent moins vite et constituent pour le royaume d'Italie des colonies sans drapeau. Dans les États méridionaux du Brésil (surtout Saô-Paulo) vivent environ un million et demi d'Italiens, et à peu près le même nombre dans la République Argentine. Mais le Brésil a 30 millions d'habitants, tandis que l'Argentine n'en a que 8 millions. Les Italiens sont Vêlement dominant dans la République Argentine, tandis qu'au Brésil ils « resteront une importante minorité, rien de plus ».
Grâce au voisinage, les Italiens se sont fixés en grand nombre dans la Tunisie. Ils foripent le fond de la population blanche : près de 90.000 colons (Siciliens surtout) contre moins de TiO.OOO colons français. Leur situation est encore fortifiée par la présence de 80 à 90.000 colons de souche italienne dans l'Algérie, surtout dans la province de Constantine. Et déjà le peuplement italien de la Libye commence.
La race italienne a ainsi « des chances de voir se développer au xx^ siècle de nouvelles nations issues d'elle,
s'inspirant de sa tradition, parlant sa langue, et, en tout cas, ayant une très forte proportion de sang italien » (Gonnard). Mais la constitution de ces nouvelles nations s'opère au détriment de la métropole, dépeuplée par des départs surabondants.
'7. — Colonies itaiîcunes. — L'Italie a voulu se constituer «n empire colonial, afia de diriger vers un sol officiellement italien le courant de l'émigration italienne.
En Abyssinie, elle a dû se borne;- à occuper une bande littorale, dont le centre est le port de Massaouah, et à laquelle elle a donné le nom d'Erythrée. Elle exerce également le protectorat de la côte orientale des Somaîl. Ces deux colonies n'ont qu'une importance très médiocre.
En revanche la conquête de la Tripolitaine a réalisé en partie le rêve formé par l'Italie contemporaine de reprendre dans l'Afrique du Nord la situation de ia Rome antique. La nouvelle colonie de Libye (l million de km^ 1 million d'hab.) comprend évidemment d'immenses é/enciwe6- désci^tiques; mais des tra'oaux hydrauliques bien compris pourront rendre à certaines parties du littoral, et notamment à l'ancienne Cyrénaïque, leur prospérité d'autrefois. Les deux ports de Tripoli (75.000 hab.) et de Benghazi (35.000 hab.) seront appelés les premiers à bénéficier des entreprises européennes.
8. — Lb. paissance italienne. — L'ouverture du canal de Suez, le percement des grands tunnels alpestres, lacréatiun d'un réseau ferré et l'aménagement des ports ont redonné à l'Italie Vimportance commerciale que sa situation lui avait assurée au moyen âge : elle est reflevenue Vune des grandes zones de passage et de circulation de V Europe, et a pris place parmi les grandes puissances.
Onvrages généraux, p. 18.
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QUESTIONS A ETUDIER
Quelles sont, au point de vue économique, les différences entre l'Italie du Nord et l'Italie du Sud.
Quelles sont les relations économiques de l'Italie avec les pays de colonisation italienne.
L'agriculture italienne comparée à l'agriculture française.