PREMIÈRE PARTIE PAYS-BAS
Le royaume des Pays-Bas est encore un de ces petits pays, dont le rôle dans le monde est grand. A peine plus étendu que la Belgique (55.000 kil. car.), il représente 6.15 pour 100 de la France, un peu plus que notre Normandie.
S étendant du 51" au 55" 50' de latitude septentrionale et du i" au 5" de longitude orientale de Paris, il est borné à l'ouest et au nord par la mer du Nord, à l'est par l'Allemagne, au sud par la Belgique : aucune de ces frontières n'est naturelle, pas même, pourrait-on dire, celle de la mer, que l'on ne parvient à maintenir dans ses limites actuelles que par des travaux gigantesques.
Géographie physique.
Composition et relief du sol. - — De même qu'Hérodote a dit que l'Egypte était un « don du Nil )), on peut dire que les Pays-Bas sont un « don du Bliin, de la Meuse et de l'Escaut et une conquête sur la mer ». Le pays est, en effet, exclusivement formé d'alluvions, apportés de l'Europe centrale ou de France par les lleuves, de la Scandinavie par les glaciers de l'époque glaciaire, ou par les flots de la mer. Sables, diluvium, tels sont les terrains que l'on rencontre d'un bout à l'autre de la contrée.
De cette formation devait résulter un pays remarquablement plat. Nederland, nom officiel, signifie pays bas. Le tiers occidental et septentrional est situé au-dessous du niveau de la n>er qui, en cas
de rupture des digues, s'avancerait jusqu'au delà d'[Jtrecht et couvrirait une partie des provinces de Frise et de Groningue. Le reste est à peine plus élevé : les dunes et les buttes de la Veluwe, baptisées montagnes, atteignent à peine dOO mètres. Dans le Limbourg méridional, qui s'avance entre Belgique et Allemagne, quelques collines dépassent cette altitude. En nul autre pays d'Europe, sauf peut-être en Russie, l'impression d'horizontalité n'est plus grande : la ligne d'horizon forme un cercle régulier, connue sur mer, et n'est rompue que par les maisons, les moulins à vent, et, aussi, trait caractéristique du paysage néerlandais, par des voiles de bateaux.
Littoral. — La côte n'est pas plus variée. La limite entre la terre et les eaux est des plus artificielles; défendue naturellement par des dunes de sable, que le Ilot rompait souvent, en de grandes inondations comme celles qui, au xiii^ siècle, ont créé le Zuyderzee et le Dollart, elle est maintenue actuellement par un système perfectionné de digues et d'écluses. Hautes souvent de 10 mètres, larges de 50 à 100, renforcées et entretenues constamment à grands frais, ces digues sont la grande préoccupation des riverains et du ministère spécial du o Waterstaat » ou « des Eaux ». L'ancien littoral, marqué par la ligne des îles frisonnes a été rompu, et la défense a dû être reportée en arrière pour reprendre ensuite la marche en avant. Peu de golU-s l'entaillent : Dollart, Lauwerszee, Zuyderzee, les deux premiers à sec à marée basse, le dernier n'ayant pas plus de 5 mètres de profondeur. On projette même depuis longtemps de le séparer de la mer par une digue et de dessécher les 200.000 hectares de terres qu'il recouvre. Au sudouest, la Zeelande (ou pays de la mer), est un véritable delta où huit îles séparent les bras de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin.
Climat. — Pays maritime par excellence, les Pays-Bas ont un climat marin. Les vents de la mer du Nord lui apportent une humidité constante, des brouillards qui estompent le paysage, et se résolvent en pluies fines et pénétrantes; la couche d'eau annuelle n'est pas considérable (0 m. 80 en moyenne), mais les jours de pluie sont nombreux dans l'année. L'humidité diminue de l'ouest à l'est. La température est un peu moins constante qu'en Angleterre et dans la Flandre belge, mais n'offre pas d'extrêmes trop opposés : IS^O et S^o à La Haye, lO^S et 1«6 à Arnhem. Cependant l'hiver gèle assez souvent les canaux et fleuves, faisant du patin un moyen de transport courant chez les paysans. L'hiver est, naturellement, plus rigoureux à mesure qu'on s'éloigne de la mer vers l'Allemagne.
Cours d'eau. — • Les Pays-Bas sont le delta des trois fleuves de l'Europe du nord-ouest. Ceux-ci y entremêlent leurs bouches en un lacis que rendent encore plus incxtricai)le les innombrables canaux creusés de l'un à l'autre. Un guide ou une bonne carte sont nécessaires à l'étranger qui parcourt à pied le pays. Ue l'Escaut, les Pays-Bas possèdent les deux bouches, le Hont ou Escaut occidental, et l'Escaut oriental séparées par les trois îles de Nord et Sud Beveland et de Walcheren. La Meuse pénètre à Maastricht, puis décrit une grande courbe régulière par Bois-le-Duc (S'Hertogenbosch) pour tomber dans le Hollandschdiep et enserrer l'île de Overflakkec. Le Hhin, entré près de Pannerden, s'y divise en plusieurs bras, le Waal qui mêle ses eaux à celles de la Meuse, le Nederrijn ou bas Rhin, qui se partage, près d'Arnhem, en Ijssel allant au Zuyderzee par Deventer, et en Lek, dont les eaux profondes amènent les plus gros navires aux quais de Rotterdam. D'anciens bras, comme le Vecht et le Vieux Rhin ont été comblés.
Tous ces fleuves sont abondants, réguliers et profonds.
Géographie politique.
Populations. — S'il était un pays peu habitable naturellement, c'étaient les Pays-Bas : sol de sable pénétré d'eau de tous les côtés, menacé par les inondations des fleuves et de la mer, peu fertile et malsain. Aussi les premiers habitants étaient-ils des peuplades presque amphibies, ne descendant des monticules où se groupaient leurs huttes que pour se livrer à la pêche. Et cependant, les Pays- Bas sont un des pays d'Europe où la population est le plus dense. Par des amendements, les habitants ont fertilisé leurs sables; par des digues, ils ont arrêté les flots; avec des moulins à vent, ils ont mis en action des pompes et desséché les mers intérieures. 4.000 kilomètres carrés ont été ainsi reconquis sur la mer depuis le xv!*^ siècle, et le gain annuel est encore de 1.000 hectares environ.
La population totale était, au recensement de 1906, de 5.G72-.000 habitants, ce qui correspond à une densité de 172 par kilomètre carré, plus que double de celle de la France, variant de GO dans la province marécageuse de Drenthe, à 575 et 411 dans les deux Hollandes. Le nombre des habitants augmente régulièrement de plus de 80.000 tous les ans, soit 1.65 pour 100. L'émigration, relativement faible (à peine '2.500 par an) ne peut empêcher cet accroissement.
GÉOGRAPHIE POLITIQIE. 153
Les Néerlandais (très improprement appelés par nous Hollandais), sont des Germains, grands, Monds, de carnation rose, assez gras. Au moral, c'est un peuple fort intéressant : dans sa lutte de tous les jours avec les éléments, il a puisé un grand courage, une persévérance et une patience inlassables, une grande dignité, un amour profond de son indépendance. Peu Imaginatif, mais observateur, il a donné les plus grands peintres de la vie de tous les jours, les paysagistes les plus scrupuleux. Excellents marins, horticulteurs remarquables, les Néerlandais sont moins aptes aux travaux de l'industrie. Leur langue est un patois germanique, le bas allemand, très voisin du flamand.
Les trois-cinquièmes des habitants (5.000.000) se rattachent à la religion réformée, 1.800.000 catholiques et 104.000 israélites représentent les autres cultes. L'instruction primaire est obligatoire, aussi !2 pour 100 seulement des conscrits ne savent ni lire ni écrire. Dans les hautes classes, le goût des choses de l'esprit est extrêmement développé.
Les grandes villes ne sont pas nombreuses : Amsterdam est la métropole, avec 504.000 habitants, dont les maisons, plongeant par le pied dans de nombreux canaux, lui ont fait donner le surnom de Venise hollandaise. Rotterdam (390.000 hab.) est un très grand port, dont les progrès ont été remarquables ; la Haye ou S'Gravenhage (250.000 hab.) est la capitale officielle, résidence du gouvernement, résidence aussi, depuis peu, du tribunal arbitral entre les puissances, mais elle est vide et morte ; Utrecht est industrielle et universitaire (115.000 hab.). Les autres villes sont petites, mais bien curieuses par les souvenirs du passé qu'elles renferment presque toutes.
Gouvernement. — Depuis 1815, les Pays-Bas (diminués de la Belgique en 1830 et du Luxembourg en 1890) forment une monarchie constitutionnelle. Le pouvoir exécutif appartient au souverain, qui peut être une femme, assisté de ministres responsables, le pouvoir législatif aux Etats Généraux. Ceux-ci sont composés de deux Chambres : la première Chambre comprend des délégués (50; des Etats de chaque province, la seconde Chambre est formée de 100 membres élus au suffrage censitaire direct.
L'armée, recrutée pour un tiers par voie d'engagements volontaires, pour les deux autres tiers par la levée des milices — service obligatoire, sauf faculté de remplacement — n'est pas très considérable sur le pied de paix, mais pourrait s'élever, sur le pied de guerre, à un total capable de défendre le pays. Les Pays-Bas, contrée maritime, possédant un empire colonial encore assez vaste.
ont, en outre, une maciiic relativement importante, ce qui ne laisse pas que de grever sensii)lement leur budget (1).
Géographie économique.
Contrairement à leur voisine, la Belgique, merveilleusement dotée pour l'agriculture et pour l'industrie, mais mal desservie par la mer, les Pays-Bas sont un pays exclusivement agricole et commerçant, très peu apte à l'industrie.
Agriculture. — L'influence de la terre sur l'homme a été souvent signalée, mais il y a peu d'exemples d'une action contraire de l'homme sur la terre, aussi remarquable qu'aux Pays-Bas. Ce sont les Néerlandais qui ont cre'é leur pays, pourrait-on dire, ils l'ont conquis sur la mer et sur les marais, l'ont défendu contre les flots salés ou contre les fleuves, ont transformé les sables en terrains fertiles, partout où cela était possible. Le voyage dans la Zélande ou dans les deux Hollandes, au milieu des champs soignés comme des jardins, des jardins ratisses comme des parcs, des prairies luxuriantes, des fermes propres comme des salons, est l'rappant et instructif. C'est le plus remarquable exemple de ce que peuvent le travail persévérant et intelligent, l'ingéniosité et l'économie. Bien des paysans d'autres pays pourraient y prendre des leçons profitables.
Mais certaines re'gions semblent réfractaires à toute amélioration : telles les landes et marécages tourbeux de Bourtange, à cheval sur la frontière allemande dans les provinces d'Over Ijssel etdeDrenthe, telles encore les landes du Kempelland, qui continuent, dans le Noord Brabant, la Campine belge, enfin les sables de la Veluwe, entre Ijssel et Rhin, dans la province de Gueldre. Les terres cultivées ou en prairies couvrent 2.389.000 hectares, soit-7o.5 pour 100 du total.
Les forêts sont peu nombreuses, 256.000 hectares, soit 8 pour 100 environ, dans le Limbourg et la Gueldre, et le manque de bois se fait sentir.
(1) Armée (1907) :
Pied de paix : 32.000 hommes. Pied de guerre : 70.000 hommes. Marine. — 71 bâtiments de 83.000 tonneaux, montes par 6. 700 hommes. Budget total (1906) (en millions de francs). Recettes 381.1. Dépenses 570.1. Dépenses : Dette, capital : 2.581.0. Annuités 76.4
— Armée 57.6
-- Marine 58.6
— Waterstaat 78.6
Les céréales sont cultivées un peu partout, mais le blé, (jui donne cependant des produits de 20 à 50 hectolitres par hectare, recule devant le seigle et l'avoine; ceux-ci occupent le centre et l'est du pavs. La pomme de terre est la grande culture de l'est. Le lin et le chanvre, quoiqu'ils cèdent aux concurrences étrangères, sont à peu près les seules plantes industrielles.
Mais on connaît les aptitudes du Néerlandais pour l'horticulture : If Chinois, seul, pourrait en remontrer aux jardiniers et maraîchers des Pays-Bas. Aussi la production des légumes, des fruits et surtout des fleurs est-elle considérable et donne-t-elle lieu à un commerce actif.
Élevage. — Si les conditions naturelles de l'agriculture sont défavorables, les défauts mêmes du sol et du climat sont des plus favorables à l'élevage du bétaih On a souvent décrit les prairies de la Hollande et de la Zélande, les étables aérées, balayées, voire même cirées, oîi vit le bétail, les installations pour la fabrication du beurre et des fromages qui appliquent les préceptes les plus nouveaux de la science et de l'hygiène. Les bêtes à cornes (1.700.000) de belle race, les chevaux (500.000) forts et beaux, sont surtout élevés dans les riches prairies de l'ouest, les moutons (750,000) dans les pâturages pauvres de l'est.
Les Néerlandais ont été de grands pécheurs : Amsterdam est, dit le proverbe, bâtie sur des carcasses de harengs. Si les chalutiers à vapeur d'Angleterre et d'Allemagne ont enlevé aux lourdes barques à voiles de Ylaardingen, Maasluis et Sclieveningen le premier rang dans la mer du Nord, la pêche occupe plus de 21.000 marins, et le produit du seul hareng s'élève, bon an, mal an, à plus de 25.000.000 de francs.
L'agriculture et l'élevage font vivre la majeure partie des habitants.
Industrie. — Il n'en est pas de même de l'industrie, et là réside l'infériorité des Pays-Bas sur la Belgique. Pas de mines, à peine SOi.OOO tonnes de houille sont extraites du Limbourg et quelque peu de fer médiocre de la Gueldre et de l'Over Ijssel. Aucune carrière, sauf d'argile : les maisons sont bâties en briques et couvertes en tuiles, les routes et rues sont pavées de briques. Les tourbières fournissent un combustible médiocre pour le chauffage, inutihsable dans les usines.
Il ne peut donc y avoir d'industries que celles qui n'ont besoin ni de houille, ni de métaux, ni de trop de force motrice (la houille blanche elle-même manque dans ce pays plat), et qui se bornent à traiter les produits végétaux ou animaux du pays. 11 va sans dire
que les ports sont dans une situation spéciale, puisqu'ils reçoivent du dehors ce (jue le pays ne fournit pas.
Les laïenceries de Délit cuisent l'argile, les verreries et cristalleries de Maastricht, deDordrecht, etc., fondent le sable qui abonde dans le sol. Ce sont, avec les chantiers de constructions navales en ler de Rotterdam, purement artificiels, les seules industnes défivées (lu règne minéral. Citons cependant encore les tailleries de diamant d'Amsterdam.
Les règnes végétal et animal fournissent plus de matières premières, auxquelles viennent s'ajouter celles qu'apportent les navires. La betterave, les grains, les fruits sont distillés pour en faire les célèbres liqueurs : eau-de-vie de Schiedam, anisette, curaçao, etc. ; l'orge sert à la fabrication de la bière, mais le houblon doit être importé; le cacao est mis en poudre par Van Houten à Weesp près d'Amsterdam, le papier de luxe est fabriqué à Apeldoorn, la construction des navires de mer ou de rivière en bois est active partout.
Les animaux fournissent les éle'ments des beurres, fromages, de la margarine et des conserves de poissons, toutes industries très actives. Quant aux industries textiles, elles ont bien déchu : les toiles de Hollande n'ont plus leur célébrité d'autrefois, les cotonnades ne peuvent lutter avec celles des grands pays industriels, les velours d'Utrecht sont passe's de mode.
L'industrie néerlandaise est donc médiocre, et bornée presque exclusivement au traitement des produits végétaux et animaux.
Voies de communication. — On pourrait dire que la Néerlande est un « pays de voies do communication ». La mer, les canaux et les rivières sont, presque autant que la terre, le domaine des Néerlandais. S'ils ne sont plus les rouliers exclusifs des mers, comme au xvii^ siècle, beaucoup d'entre eux n'ont jamais connu d'autre domicile que leurs chalands, et la possession d'un de ces bateaux est mise sur le même pied, pour l'obtention du droit de vote, que celle d'une maison ou d'un champ.
Tous les fleuves sont navigables, et des canaux innombrables les léunissent. 5.200 kilomètres de voies navigables, pour un pays comme les Pays-Bas, ce seraient 84.500 kilomètres de fleuves et canaux en France, au lieu de 16.000. Le Rhin est la grande voie de communication vers les régions industrielles qu'il baigne en Westphalie, et Rotterdam est un port plus allemand que néerlandais.
La marine marchande est bien déchue de ce qu'elle était à l'époque où Cromwell fonda la grandeur maritime de l'Angleterre
par l'acte de navigation. L'absence de iionille et de fer a empêché les Néerlandais de suivre le mouvement de transformation de la marine à voiles en marine à vapeur. 66 pour 100 des navires qui fréquentent les ports sont étrangers, et surtout brilanniijues.
Mais les ports sont superbes, et des plus actifs. Rotterdam, depuis la création du Nieuwe Waterweg qui va directement à la mer, est devenu un dos grands ports du continent, luttant avec Anvers et Hambourg; il fait 62 pour 100 du mouvement des ports néerlandais, et reçoit et expédie des produits à destination ou en provenance de l'Allemagne. Amsterdam, réuni à la mer, depuis que le Zuiderzée ne peut plus recevoir les navires actuels, par les deux canaux Noord Hollandsch, de 7 mètres et Noord Zee de 9 mètres de profondeur, fait le quart de ce mouvement. Mais la glace rend les transactions difficiles en hiver. Les autres ports n'ont que peu d'importance (1).
Les voies terrestres ne sont pas très importantes : les routes, que l'on a dû paver en briques, sont mauvaises: les chemins de fer (o.OilO kil.) sont d'un rapport médiocre (5.7 ii francs net par kilomètre). L'instabilité du sol a nécessité des travaux considérables et empêche les grandes vitesses, les canaux et fleuves obligent à construire des ponts coûteux; enfin, la concurrence de la navigation est à peu près invincible. Les deux lignes principales sont celles qui prolongent, vers Amsterdam et Rotterdam, les lignes allemandes des bords du Rhin.
Commerce. — - Le commerce est très actif, proportionnellement beaucoup plus encore que celui de la Belgique. Le libre échange, nécessaire dans un pays sans industrie, et qui vit de commerce, est appliqué. Le transit avec l'Allemagne est formidable. Le Royaume-Uni et la Belgique sont, elles aussi, en relations actives avec leur voisine qui leur fournit beaucoup de produits alimentaires et en reçoit des objets fabriqués. La France ne joue qu'un
(1) Mouvement des ports en milliei
•s de tonneaux
Entrées.
Sorties.
Totaux.
Mouvement total (cliargés) .
Rotterdam ( — ) .
Amsterdam ( — ) .
Marine marchande (1908) :
Voiliers
. . 492 de