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ETAT INDÉPENDANT DU CONGO

Genèvo, le Stanlcy-Pool. Mais là s'nrrèlc la navigation : les chutes de Livingstono lui l'oriL descendre la dernière marche, après l,i(|uelle son estuaire, large de 17 kilomètres, profond parfois de lOOmètres, jette à la mer une telle niasse d'eau que la marée ne peut remonter, et que la surface de la mer est dessalée à une dislance de plus de 20 kilomètres.

Ses aftluents offrent les mêmes caractères : à droite, le Loukouga lui apporte le trop-plein du Tanganyika quand le niveau de celui-ci s'élève; l'Arouhouimi forme une voie, entrecoupée de chutes, vers le Nil ; l'Oubangui, né sous le nom de Quelle au plateau des Rivières et grossi du Mbomou, forme la limite avec le Congo français, et est navigable depuis les chutes de Bangui;la Sanglia, la Likouala aux Herbes, l'Alinia, sont des voies de pénétration vers le Cameroun allemand ou le Congo français. A gauche, le Lomami, comparable, par son cours avec notre Allier, et la Kassaï, qui résume le Sankourou, la Louloua et le Kouango, lui apportent les eaux de toute la partie méridionale de son bassin.

Coulant dans la zone équatoriale aux pluies constantes, recevant des aftluents des deux zones tropicales nord et sud, aux saisons de pluie alternantes, le Congo est régulier, et fait ainsi contraste avec les fleuves de l'Afrique tropicale.

Géographie politique.

Population. — La population du Congo Belge est estimée, très approximativement du reste, de ID.OOU.OOO d'habitants, soit près de 8 par kilomètre carré, à 50 millions. Très dense le long du fleuve et dans ses îles boisées, elle est, au contraire, des plus clairsemées dans la forêt et dans les régions de savanes du sud, où la traite l'a abominaldement décimée. La maladie du sommeil, attribuée par certains à la piqûre de la mouche tsé-tsé, fait aussi de grands ravages. Les habitants appartiennent presque tous à la race bantou ; ils sont peu civilisés encore, adonnés à l'anthropophagie; des « nains » akka habitent la forêt. Les Européens ne sont que 5.000 environ, dont 1.700 Belges, en grande majorité fonctionnaires ou traitants.

Il ne peut y avoir de villes: sur l'estuaire. Borna est la capitale officielle, Banana et Matadi, sont les ports; à l'intérieur, Léopoldville se baigne dans le Stanley-pool; Équateurville, Loulouabourg, etc., etc., sont de simples comptoirs de traite.

Gouvernement. — La colonie belge du Congo a une curieuse origine. En 1885, émus des ravages de la traite des nègres,

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jilusioui's ('\[)loralciirs ou i^voiiraplios tbiidaicnt une association inlornationale anti-esclavagiste ([ui choisissait comme président le roi Le'opold II de Belgique. En 1885, cette association obtenait le droit de faire la police dans le bassin du Congo, et, par conséquent, recevait des droits de souveraineté'. 1/ « acte général » de Berlin, qui les lui accordait, spécifiait la libre navigation du lleuve et de ses affluents, et la liberté du commerce pour toutes les puissances.

Depuis, l'association s'est dissoute, et l'État Indépendant est apparu, propriété personnelle du roi Léopold II, qui l'a légué à la Belgi({ue, par un testament rendu public en 1889. La Belgique a lait d'assez importantes avances de fonds au nouvel Etat.

De longues négociations, souvent même délicates, ont eu lieu depuis quelques années entre le roi des Belges et la Belgique pour la cession immédiate de l'Etat Indépendant à la Belgique. La loi du 18 octobre 1908 a décidé l'annexion qui est devenue définitive en février 1909. Le Congo belge est administré de Bruxelles par un conseil colonial de 1 i membres, présidé |)arle ministre des colonies. L'n gouverneur général représente le gouvernement belge à Matadi. Il est assisté de vice-iiouverneurs.

Géographie économique.

La mise en valeur d'un pays de près de 5 millions de kilomètres carrés, aussi récemment colonisé, ne peut être encore achevée. Le climat, les distances s'opposent à l'exploitation; la main-d'œuvre, chez un peuple aussi arriéré et paresseux, se trouve difficilement. La forêt équatoriale couvre plus du tiers du pays, du lac Léopold 11 au Tanganyika, de l'Oubangui au cours moyen des rivières qui forment la Kassaï. En dehors d'elle, les cours d'eau sont bordés de « forêts-galeries » s'étendant à quelques kilomètres des deux rives. La savane de grandes herbes occupe le reste du pays.

Productions. — A l'Iueure actuelle encore, les produits sont ceux que la nature fournit d'elle-même. Le« deux principaux sont l'ivoire des éléphants et le caoutchouc. Mais la chasse acharnée qu'on leur fait repousse les éléphants et en fera disparaître rapidement l'espèce, si l'on ne prend des mesures — difficiles — pour la protéger. Le caoutchouc est récolté par les indigènes, qui paient leurs impôts avec cette matière, mais ils l'exploitent mai, coupant la liane au lieu de l'inciser, et détruisant ainsi la source même de

us ÉTAT INnÉPEiNDANT DU CONGO.

leur revenu. En dehors de ces doux produits principaux, on peul citer ceux de toutes les forêts équatoriales; huiles et amandes de palmes, noix de coco, ivoire végétal, etc., etc. Les bois de construction et d'éhénisterie ne peuvent encore être exploités par suite delà difficulté des communications. Quelques plantations de café, cacao, tabac, ont été créées, mais sont peu étendues encore.

Les ressources minérales ne sont pas exploitées : la latérite contient du fer, il y a de l'argent, du cuivre, mais pas encore de houille. Pas d'industrie, naturellement.

Voies de communication. — Comme partout en Afrique, les voies de communication sont le grand problème. Le Congo et ses affluents sont navigables sur 18.000 kilomètres environ, mais les chutes de Livingstone séparent ce réseau de la côte, et il a fallu trouver un moyen de les réunir. D'autre part, à l'intérieur même, les divers étages de cataractes arrêtent la navigation.

Les routes ne seraient d'aucune utilité, en l'absence de bêtes de somme : les bœufs et chevaux meurent de la piqûre de la tsétsé, les éléphants d'Afrique n'ont pas encore pu être domestiqués. Le portage à tête d'hommes était, naguère encore, le seul moyen de transport, et l'on en sait les inconvénients.

Un service de bateaux à vapeur français et belges fonctionne sur le grand fleuve et ses affluents, et des voies ferrées ont été construites ou sont projetées pour le compléter. Un chemin de fer a été ouvert, en 1898, entre Matadi, port de l'estuaire, et le Stanley-Pool (598 kil.) et un autre, de 80 kilomètres, apporte à Bomales produits duMayumbé. Malgré les tarifs exorbitants (1), le chemin de fer du Stanley-Pool est actuellement la seule voie permettant de transporter les produits à la mer, mais, seuls, l'ivoire, le caoutchouc et les objets de grande valeur sous un petit volume peuvent emprunter ses rails. D'autres lignes sont construites pour tourner les chutes de Stanley et celles de Hinde, ou projetées pour réunir le Congo supérieur aux grands lacs, de Stanleyville au lac Albert et de Nyangoué au Tanganyika.

Mais d'ici longtemps, les communications seront insuffisantes avec la mer. La construction d'une ligne ferrée française de Loango :i Brazzaville par le Niari-Kouilou ou du Gabon, à la Sangha rendrait de grands services.

(1) Le voyage, en \" classe, coûte ôOO francs; en 2' classe, rcsei'vce aux noirs, 100 francs. Les marcliandises paient, à la montée, un prix uniforme de 1000 francs la tonne; à la descente, les prix varient de 1010 francs, la loitne pour l'ivoire, à 100 francs, pour les bois et graines oléagineuses.

Commerce. — Le commerce a l'ait de sérieux progrès depuis (|uelques années, mais pourrait encore s'accroître ijeaucoup. En échange des produits du sol, le Congo reçoit des objets manufacturés. Les uns et les autres proviennent surtout de Belgique ou se dirigent de préférence vers elle, et le petit royaume tire un grand bénéfice de celte colonie. Le transit, surtout avec le Congo français, est actif (1).

(1) Commerce (en millions de franc*) :

Importations

Principaux clients (1906) :

Belgique

Koyaume-Uni

Allemagne

France

Pays-Bas

Angola portugais . . . .

Principales iniportations.

Tissus

Produits alimentaires . . . .

^avire3 à vapeur 0.6

Boissons 1.5

Exportations.

Importations 15 3 2.7 0.8 0.8 0.6

Transit

Exportations.

Principales exportations.

Caoutchouc 44.0

Ivoire 6.4

Huile et amandes de palmes. . 3.6

Copal 2.0

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