N 6 TOUR ET PORTE GUILLAUME-LION
La Tour Guillaume-Lion , du Quai-Lion, ou du Lion, fermait le port du côté de l'est. Sa construction remonte à la fin du xive siècle. C'était un des points les plus forts de l'enceinte de Rouen.
Aliénée par la ville , au milieu du xvmc siècle , elle devint une propriété privé»; , et fut démolie peu à peu, pour aider à des constructions particulières. Il en reste quelques vestiges.
Cette tour était décorée d'une sculpture emblématique heureusement conservée dans la façade de la maison qui forme le coin de la rue des Espagnols. Ce bas-relief représente un lion assis, et recevant , sans s'émouvoir , les attaques d'un roquet qui s'élance contre lui.
La porte voisine de la tour fut ouverte en 1453, sur la demande des habitants des rues environnantes , et emprunta à la tour le nom de Guillaume-Lion. Elle fut reconstruite en 1580.
Cette seconde porte a été remplacée, en 1749, par celle qui existe encore, et dont les ornements sont l'ouvrage de Claude Leprince.
Nous ne donnons, des quatorze portes du quai de Rouen, que les six dont nous venons de parler, parce que ce sont les seules qui méritent d'être reproduites. Les dessins de ces portes, ainsi que ceux du VUux-Palaii et de la Barbacanc, sont tirés de la vue générale qui était placée à la téte du Manuscrit des Fontaines (t).
(I) Voirie Préliminaire , p. vi al xi.
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i pont ilf Rouen fui d'abord défendu , du côté d'Émendreville ( Saint-Sever ) , par un de ces ouvrages avancés qui étaient particulièrement destinés à protéger les abords des portes des villes, et qui portaient le nom de Barbacanes.
La Barbacane du pont de Rouen figure dans le traité de capitulation de la ville de Rouen avec Philippe-Auguste, en 1204.
Au xiv° siècle, elle avait été remplacée par une porte à double pontlevis, que l'on nommait Porte <lu Bout-du-Pont.
Peu de temps après l'invasion anglaise, Henri V lit, dit-on, construire encore, au bout du pont, un fort qui porta long-temps le nom de Barbacane. On l'appela ensuite Château du Pont , Petit 'Château du Pont , et enfin Petit Château.
Ce château était isolé de ta terre par un large fossé, que bordaient les maisons qui entourent aujourd'hui la place Saint-Sever.
Le Petit Château appartenait au Roi , qui y nommait un capitaine : mais, en 1619, lorsqu'on eut le projet de reconstruire le pont fie pierre, la ville en acquit la propriété, moyennant G, 000 livres, à condition qu'il serait démoli, et que les matériaux en seraient employés aux travaux du nouveau pont.
Ce projet ayant été abandonné, leséchevins restèrent eu possession
du Petit Château jusqu'en 1704. époque à laquelle il leur fui repris, malgré leurs réclamations, par le duc d'Harcourt, gouverneur de la Normandie.
En 1779 , ils turent obligés d'acheter une seconde fois la permission de le démolir, pour établir sur son emplacement une esplanade devant l'entrée des casernes.
Le pont, dont les dimensions du dessin n'ont permis de reproduire que les deux premières arches, est celui qui fut bâti par Mathilde, femme de Geoffroy Plantagenet, entre les années 1151 et 1107. Le premier, que l'on présume avoir été construit en bois, existait dès le commencement du xie siècle.
Le pont de Mathilde fut sujet à de fréquents désastres. Ruiné par une inondation en 1296, il éprouva des dommages considérables vers 1370 , et se trouva en fort mauvais état à la fin du xivc siècle et au commencement du xv".
Il paraît avoir eu, vers cette époque, trois points de défense : le château, une porte au milieu, et une autre à l'entrée du côté de la ville.
En 1525, d'après le M a misa it des Fontaines, ces deux derniers ou- \ rages n'existaient plus. Le pont tout uni n'a plus que neuf arches, dont la dernière est reliée aux murs de la ville par une charpente en bois qui traverse le quai. Dans l'origine, il devait en avoir un bien plus grand nombre, car, avant 1491 , on avait atterri une arche du pont pour former une poissonnerie sur l'emplacement actuel du théâtre des Arts.
Il cessa de devenir praticable en 1564, par suite de la chute de deux arches, qui s'écroulèrent le 7 mars. (1)
(I) Remplacé en \(<ï~ par an pont de linteaux, tort ingénieusement construit , qui tiit rompu, en 1719, par l'effet d'une inondation, et rétabli depuis avec quelques modifications, il ■ été supprimé il y a peu d'années. Vers 1830, un pont suspendu, appuyé, au centre, sur une des anciennes piles du pont de Mathilde, lui a succède
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en 1525.
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