N° I. PORTE SAINT-HIL AIRE
lle est siluée à l'extrémité de la rue de ce nom qui débouche sur le boulevard , et dut être construite vers le milieu du xme siècle , après le dernier agrandissement de l'enceinte de Rouen.
Ce fut à la Porte Saint-Hilaire que se tinrent, à la fin du siège de 1419, les pourparlers à la suite desquels fut conclue la capitulation de la ville. Cette porte resta fermée pendant tout le temps de la domination anglaise.
Il est présumable que la porte qui est reproduite dans le Manuscrit des Fontaines, n'est pas le monument primitif, et qu'une porte neuve fut élevée dans l'intervalle à la place de l'ancienne.
La Porte Saint-Hilaire eut beaucoup à souffrir pendant le siège de Rouen par les Catholiques , en 1562. Ce fut de ce côté que se portèrent tous les efforts des assiégeants, et que fut donné l'assaut qui les rendit maîtres de la ville.
La porte étant en ruine, on y fit faire, en 1569-1570, des réparations qui équivalurent à une reconstruction. Le dessin de cette porte fait en 1773, et que l'on conserve dans un manuscrit de la Bibliothèque publique de Rouen, est en effet dans le style du xvie siècle.
La Parte Saint-Hilaire a été le théâtre d'un grand nombre de faits remarquables.
Ce fut dans le fossé voisin de ses tours que le roi de Navarre , père de Henri IV, reçut, au siège de 1562, la blessure dont il mourut.
C'est auprès de la Porte Saint-Hilaire que fut enterré vivant, pendant le même siège , le capitaine François de Civille , miraculeusement sauvé par le dévouement de son domestique.
Ce fut encore par cette porte que , pendant le siège de 1591 , Villars fit ses plus fréquentes et ses plus brillantes sorties.
Un grand nombre do personnages illustres ont fait leur entrée à Rouen par la Porte Saint-Hilaire , pendant les xvie et xvne siècles. Le duc de Joyeuse, en 1584, le duc d'Épernon , en 1588 , le cardinal de Bourbon, en 1599, le comte de Soissons, en 1610, la duchesse de Longueville, en 1620.
Louis XIII fît son entrée à Rouen, le 24 novembre 1617, par la Porte Saint-Hilaire.
Cette porte fut démolie en 1773, sur la demande de M. de Crosne . intendant de la province, qui en employa les matériaux à la formation de la rue d'Harcourt,