‹ Les principaux edifices de la ville de Rouen en 1525, dessinés à cette époque sur les plans d'un livre manuscrit conservé aux Archives de la ville, appelé Le livre des fontaines;Chapitre 14 sur 37 · N°2. PORTE SAINTE-APPOLLINE · texte numérisé non relu

N°2. PORTE SAINTE-APPOLLINE

La Porte Sainte-Appo/line ou Appollinaire , ainsi nommée d'une chapelle voisine, faisait partie de la première enceinte de Rouen , et s'élevait dans la rue des Carmes (alors rue du Grand-Pont) , entre les rues de Géricault et des Fossés Louis VIII , qui ne formaient autrefois qu'une seule rue, sous le nom de rue de l'Aumône.

Les historiens du xie siècle la nomment déjà Porte Beauvoisine.

Elle fut démolie en 1539.

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[§jETTE porte fermait la rue du même nom, immédiate- ^Olment après sa jonction avec la rue des Bons-Enfants. La Porte Cauchoise, dont il est ici question , est fort ancienne ; elle date du xme siècle , comme plusieurs de celles dont nous avons parlé , et son nom remonte jusqu'au x1 ; il était alors attribué à Tune de celles qu'elle a remplacées, par suite de l'élargissement successif de l'enceinte de Rouen. On y fit beaucoup de grandes réparations, depuis le milieu du jusqu à La fin du xve siècle.

Mais c'est surtout au x\ r , peu de temps après qu'ont été faits les dessins du Manuscrit des Fontaines, qu'elle subit de grandes modifications. Elle fut augmentée d'un étage vers 1Ô30, dans le style de la renaissance , qui s'éleva sur les anciennes constructions. L'attique portait un fronton soutenu par deux pilastres , avec bases el chapiteaux ioniques. Dans l'entre-deux de ces pilastres . étaient sculptées les armoiries et la devise de François I.

La Porte Cauchoise occupait un vaste terrain et était flanquée d'un énorme boulevard. Sa voûte longue , obscure et tortueuse, était si étroite , que deux voitures ne pouvaient y passer de front.

La Porte Cauchoise av ait une destination sinistre, parfaitement d'accord avec l'aspect sombre et triste de son passage. Lorsque la contagion sévissait dans notre ville, qu'elle a si souvent décimée, les

malheureux que le fléau avait atteints, étaient transportés à L'hospice des pestiférés par la Porte Cauchoise , qui occupait une partie de remplacement de l'Hôtel-Dieu ; les cercueils de ceux qui succombaient dans la ville, et que l'on allait enterrer au cimetière Saint-Maur, sortaient par la Porte Cauchoise.

Le souvenir de cette Porte se rattache à celui de l'un des faits les plus importants et les plus déplorables de notre histoire. C'est par la porte Cauchoise que Henri V, roi d'Angleterre , fit son entrée dans la ville, qu'il venait de prendre par la famine, le 20 janvier 1419.

On fit quelques travaux de consolidation à la porte Cauchoise, en 1764, et cependant, l'année suivante, on commença à démolir les fortifications qui s'y reliaient, jusqu'à un ecce homo placé à l'entrée . du côté de la ville.

Enfin , en 1771 , la suppression de la Porte Cauclwise fut résolue. L'intendant De Crosne qui s'occupait de l'embellissement du quartier qu'elle encombrait, proposa aux échevins de la faire démolir aux frais du roi, à condition que les matériaux en seraient employés à la construction de l'hôtel de l'Intendance, occupé aujourd'hui par la Préfecture.

On ne connaît que deux dessins de la Porte Cauchoise. Celui du Manuscrit des Fontaines , et celui que Houel, peintre de Rouen, donna, pu 1806, au Musée de la ville.

Le premier la représente de profil. L'œil du spectateur mesure une de ses tours, plonge sous le pont-levis qui joignait ses deux massifs, et embrasse son ensemble.

Le second , qui semble avoir été fait peu de temps avant la démolition . alors qu'elle était déjà minée, la représente vue du côté de la ville.

Ces deux dessins reproduisent très fidèlement l'aspect grandiose et imposant de la vieille Porte Cauchoise.

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