N° 2. PORTE ET FONTAINE DU CHATEAU
Ce n'est là qu'une fausse porte du Vieux Château , dont nous allons parler tout à l'heure; elle donnaitsur la basse-cour, et se trouvait située auprès du grand escalier qui conduit de la place du Bailliage à la rue Faucon.
A côté, coulait la fontaine alimentée par la source de Gaalor, qui est appelée aujourd'hui Fontaine du Bailliage.
Cljàtmu bâti par pi)tlippf=2lu0U$tf , ou Uiau-Cljàtmu.
n 1204, Philippe-Auguste s'empara de la ville de Rouen, qui lui assurait la conquête de la Normandie, et la réunion de cette province à la couronne de France. Il fit raser les murs et les fortifications élevés par les anciens ducs, et bâtit, vers le nord de la ville, prés de la source des fontaines appelée Gaalor, et de l'ancien Bef de Houvreuil, une nouvelle Citadelle, monument important , dont il ne reste plus aujourd'hui que la tour du donjon, et dont l'aspect général nous serait maintenant tout-à-fait inconnu, sans le dessin que nous a conservé le Livre des Fontaines.
C'était une place très forte , de forme à peu prés circulaire , entourée de larges fossés à fond de cuve, et flanqués de six ou sept tours , dont la plus grosse était celle du donjon (1 ). Une autre des tours, à gauche sur notre dessin, surmontée d'un petit campanille, se nommait la tour du Gascon ou du Beffroi ; une autre, enfin , la dernière à droite sur notre dessin, la tour de laPucelle(2). L'étendue de ce château était d'environ 2,252 toises, non compris les avant-cours et dépendances
(1) Enclavée aujourd'hui dans 1rs jardins de la communauté dos dames Crsulines. On l'appelait aussi Tour du Itavelin , à cause de la demi-lune ou ra\elin qui la préservait et en défendait l'approche.
(2) Parce que ce lut en cette toni que la Pucelle d'Orléans tut enfermée en 1430; M. Barthélémy, architecte, vient de retouver les fondations , et doit en marquer la place par une inscription.
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adjacentes. On y entrait par deux portes principales. L'une, au midi, flanquée de deux tours , faisait partie de la Citadelle proprement dite , et était précédée d'une autre porte en corps avancé , qui formait l'entrée de la basse-cour, et située entre la fontaine et l'est a lier qui existe aujourd'hui , en un carrefour appelé alors le carrefour du Château, et depuis, le carrefour du Bailliage(l). Voir* ci-avant 3 planche 10. L'autre porte, dite la porte de Secours , au côté nord vers Bouvreuil , est figurée, dans notre dessin , à droite , prés la tour de la Pucelle; on y remarque un pont-levis, établi au-dessus du fossé , pour communiquer au dehors (2). Il ne paraît pas que cette citadelle ait été illustrée par quelque attaque mémorable. Le comte de Tillières en fui le dernier capitaine. Elle fut le siège du gouvernement de la province jusqu'en 1590 , et l'Échiquier, érigé en Parlement par Louis XII, en 1 499 , y tint ses séances dans la grande salle , pendant sept ans (3).
En 1 590 , on commença la démolition de cette place, démolition qui ne s'est effectuée que successivement, et il ne reste plus d'autres traces de ce Vieux-Chàteau , que cette tour, haute et grosse a merveille, (dit Farin), qui, maintenant, isolée et en ruines, n'est plus qu'un jalon historique (4).
(1) Cette porte avait 14 pieds d'élévation, et l'accès en était assez rapide; il y avait corp*de-garde et sentinelle.
(2) C'est par cette porte que, en 1431 , l'intrépide Ricarville exécuta, avec ses 40 briTes, son audacieuse entreprise , rapportée par tous les historiens de Rouen.
(3) Jusqu'à ce que le palais , que ce roi faisait construire, fût achevé. C'est dans cette même salle qu'en 1356 Charles-le-Mauvais fut traîtreusement livré, au milieu d'un festin , à la vengeance du roi Jean.
(*) Sur le rapport et les pressantes sollicitations de M. Deville, inspecteur des monuments historiques, l'Etat a accordé, en 1 812, quelques fonds pour consolider cette tour et en prévenir la destruction. — Voir, pour plus amples détails , une notice sur ce Vieux-Chateau , par M. Ballin , insérée dans le Précis des Travaux de l' Académie , et dans la BevtU de Rouen, année 1842, et le plan qui y est joint.
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N" I. ÉGLISF SAINT-PAUL.
e dessin de cette église, figurée ici en petit, estaussi un de ceux que nous avons extraits de la vue générale de Rouen , placée en téte du Manuscrit des Fontaines.
L'aspect extérieur qu'il représente, était encore à peu près le même en 1830 ou 1831 , époque de l'église actuelle. Heureusement pour les amateurs d'antiquités , l'édifice moderne n'a point entièrement envahi ta place de l'ancien , dont on a conservé la partie la plus curieuse : le chœur et les trois ahsides , spécimen peu important, mais à peu près le seul, à Rouen, de l'architecture romane normande antérieure au xnc siècle.
L'origine de l'église Saint-Paul n'est point connue. Quelques écrivains l'ont fait remonter jusqu'au temps même du paganisme, et, de là, on a cru long-temps que l'édilice dont il est ici question , offrait encore quelques restes antiques , des chapiteaux , un autel, etc. Une étude plus approfondie de l'archéologie a fait rejeter cette opinion , que M. André Pottier , conservateur de la Bibliothèque de Rouen , a fort judicieusement réfutée dans une Notice insérée dans la Revue de Rouen , t. u , année 1833. La nef , qui était postérieure à l'abside , avait été augmentée en 1G18.
Cette église fut long-temps l'église d'un prieuré dépendant de l'abbaye deMontivilliers, laquelle y avait droit de haute, moyenne et basse justice , et y possédait une potence, un prétoire , un bailli et un colombier. Il y avait aussi un manoir où venaient habiter , dans une retraite dit-on plus austère, quelques-unes des religieuses de Montivilliers envoyées par l'abbesse. Mais, en 1050, l'évoque ordonna à
Fabbesse de rappeler ses religieuses, et érigea l'église en paroisse; cependant, madame de Montivilliers y conserva ses droits seigneuriaux et sa juridiction jusqu'à la révolution de 1790.
L'église et le prieuré de Saint-Paul étaient anciennement placés en un vaste marais qui longeait le côté ouest du Mont-Sainte-Catherine, sous le nom de Prè-aux-Loups. Depuis 1672 jusqu'en 1729, l'établissement des casernes Martainville, de la place dite le Champde-Mars, de la route de Paris, du cours Dauphin et de quelques usines , en a successivement changé la nature et l'aspect.
En 1749, Louis XV visita cette église et y entendit la messe.