IM°* 2 ET 3. CHAPELLE SAINT-MICHEL
Celte chapelle, dont nous offrons deux vues, l'une, n° 3, du côté du midi, tirée de la vue générale de Rouen (citée ci-dessus), et l'autre, n° 2, côté du nord, tirée des plans du Livre des Fontaines, était située sur le versant occidental du Mont-Sainte-Catherine, qu'on appela primitivement le Mont-Saint-Michel. C'était un prieuré fondé en 709 selon les uns , sous le régne de Clovis selon les autres , pour servir de retraite aux religieux de l'abbaye de Saint-Ouen, dont il était une dépendance.
Cette Chapelle fut , pendant une longue suite de siècles, fréquentée par de nombreux pèlerins, surtout aux fêtes du saint patron ; l'église alors était vaste, et les logements du prieur grands et commodes pour bien recevoir les visiteurs (Arch. dép.)\ et ces lieux, qui étaient encore dans toute leur splendeur au temps de J. Le Lieur, lorsqu'il exécutait le Livre des Fontaines, furent entièrement ruinés lors des guerres de religion de la fin du xvi" siècle et du siège de Rouen par Henri IV 1562 — 1Ô97); la chapelle, en 17 W . était réduite à 12 pieds d'étendue; on apercevait encore quelques restes il y a peu d'années.
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la lin du xc siècle , Robert-le-Magnifique , duc de Normandie , possédait , sur le mont appelé depuis Mont-Sainte-Catherine, une habitation de plaisance qu'il donna à Gosselin , vicomte d'Arqués et de Dieppe. Ce seigneur , pieux et hospitalier, accueillit et reçut en ce lieu, vers l'an 1024, deux religieux Bénédictins, venus à Rouen , du Mont-Sinaï , et qui , par reconnaissance , lui firent présent d'une relique ( un doigt de sainte Catherine, vierge el martyre), à laquelle étaient attachées de nombreuses grâces. (1)
Gosselin et Emeline, sa femme , eurent aussitôt le désir de fonder, en rhonneur d'un aussi précieux trésor , un monastère de Bénédictins, au lieu même où ils l'avaient reçu. L'approbation et les conseils des bons cénobites confirmèrent bientôt ce pieux dessein dans l'ame des deux nobles époux. Les pierres, leur dit un des moines, que vous emploierez pour bâtir ce suint édifice, VOUS seront autant d'échelons pour arriver au Ciel.
(1) Un manuscrit conserve par les religieux de Saint Ouen , probablement lu Chronique ni a mise ri te de Sainte-Catherine , contenait le récit des nombreux miracles opérés alors par la relique de Sainte-Catbcrinc , que Gosscliu avait fait richement enchâsser dans une petite tour d'argent garnir de pierres précieuses, qui existait encore du temps de Farin. ( Histoire de Rouen , t. III , p. 1 M). )
Dûs lors, préférant les richesses célestes à celles de La terre, le vicomte et sa femme consacrèrent d'abord, à ce nouvel établissement , toutleterrain qu'ils possédaient sur le Mont-Sainte-Catherine. On commença la construction de l'église et des bâtiments; ils furent terminés en 1030, et la consécration en fut faite par Robert, archevêque de Rouen , sous l'invocation de la Sainte-Trinité. (1)
Le duc Robert, non-seulement approuva et confirma cette fondation, mais encore y ajouta de nombreuses donations et des richesses de tout genre , qui Lui méritèrent le titre de second fondateur.
Peu après, Gosselin prit lui-même l'habit religieux dans ce monastère, où il mourut, et où il fut inhumé , et Emeline, sa femme, qui, de son côté, avait suivi l'exemple de son époux, et s'était faite religieuse avec sa fille unique , dans le couvent de Saint-Arnaud de Rouen , fut , après sa mort , réunie à son dit époux , dans le même tombeau.
En 1 107 , l'église fut démolie et reconstruite en entier , sur un plan plus magnifique , par Gautier, abbé de ce monastère, et terminée par Elie , son successeur. Cette église , dit Farin ( Hist. de Rouen , t. 3, p. 130), était grande, en forme de croix, bâtie à l'antique comme l'abbaye de Saint-Gcorges-dc-Bochcrvillc , ayant les voûtes basses, les fenêtres étroites , et les murailles d'une épaisseur extraordinaire , enrichie au dedans de plusieurs peintures : elle avait une tour carrée en pierres de taille, dans laquelle de nombreuses et belles cloches rendaient une mélodie qui charmait les oreilles (2).
(1) La ferveur des lidèles pour la relique de Sainte-Catherine et les miracles qu'elle opérait, a fait prévaloir le nom de Sainte-Catherine, qui, de là, est resté à l'abbaye, et inénie au mont sur lequel elle est bâtie.
(2) Lors de la suppression de l'abbaye, une partie de ces cloches furent fondues pour
On y transporta le tombeau îles fondateurs ( 1 ) , et plusieurs princes et grands personnages contribuèrent à Tenvi à la décorer et à l'enrichir^). Les bâtiments claustraux furent aussi notablement augmentés, et , comme c'était l'usage, étaient fortifiés ; ce qui n'empêcha pas que, plus tard, on établit, tout près du monastère*, une citadelle particulièrement destinée à la défense de la ville ; mais elle devint, dans la suite, funeste à la cité , et causa la ruine de l'abbaye. En effet, ces édifices , la forteresse et l'antique moutier qui subsistaient encore en leur entier , lorsque Le Lieur en traçait , sur les plans de son livre, les dessins joints à cette Notice, après avoir été ravagés par les hérétiques dans les guerres de religion du xwe siècle, lurent, sur la demande des habitants de Rouen , et par l'ordre de Henri IV, après qu'il se fut rendu maître de la ville , entièrement supprimés , les religieux dispersés , et quelques légers vestiges, recouverts de terre, nous indiquent à peine aujourd'hui où tout cela fut. C'est à cette occasion que le bon Roi dit qu'il ne voulait d'autres forteresses que dans le cœur de ses sujets.
Bu 1310, Enguerrand de Marigny, ministre <lo Philippe— le— Del ,
faire des canons ; le reste, transporté en Angleterre, périt dans un naufrage, avec le navire; i|tii le portait. ( Pom., Histoire de l'abbaye de Sainte- Catherine , p. il.)
( I ) On lisait, dans un tableau placé au-dessus de ce tombeau, une epitaplie fort curieuse, trop longue pour trouver place ici , et rapportée par Pommera} e, qui nous apprend qu'un religieux, lors de la destruction de l'abbaye, en avait fait une copie qu'il lui avait communiquée; cette copie, exécutée sur une grande feuille de parchemin, avec quelques ornements peints, est conservée aux Archives départementales.
(2) En 1317 ou 1338, on y voyait une horloge remarquable, dont le mécanisme était très ingénieux, et dont la sonnerie et le carillon, qui exécutaient parfaitement l'hymne Condilor aime siderum , s'entendaient à plus de deux lieues à la ronde. (Chroniauc manuscrite de Sainte-Catherine , f. 100, et Chéruel , Histoire de Rouen, t. il, p. 149).
normand d'origine , fit faire, à ses frais, un grand escalier en pierres de liais, qui conduisait du pied du mont à l'abbaye môme , ouvrage réputé d'une grande magnificence, mais qui s'écroula en 1466 , et fut réparé avec non moins de générosité , par Boursier , sieur d'Esternai.
En 1520 , le 17 août, on lit une assemblée à l'hotel-de-ville, pour trouver les moyens de renfermer le Mont-Sainte-Catherine dans la ville, selon le désir qu'en avait manifesté François Ier, pour en faire une citadelle inaccessible.
Aujourd'hui que le cœur des sujets, comme sous François Ier sans cloute, paraît moins sûr que des citadelles, peut-être verronsnous s'accomplir cette folie.
rumuau.x (Edifices U H h uni
tu 1525