‹ Les principaux edifices de la ville de Rouen en 1525, dessinés à cette époque sur les plans d'un livre manuscrit conservé aux Archives de la ville, appelé Le livre des fontaines;Chapitre 19 sur 37 · N" 2. ÉGLISE SAINT-GILLES · texte numérisé non relu

N" 2. ÉGLISE SAINT-GILLES

Petite église avec un porche, une tour en pierre et une flèche en charpente. Élevée dans les marais qui longent au nord le Mont-Sainte- Catherine, au fief ou hameau d'Erépenville , elle était, dans l'origine, une annexe à la paroisse de Saint-IIilaire, et avait été établie pour un certain nombre de fidèles qui, dès le xive siècle, habitaient ce lieu. On y voyait la sépulture de noble homme Jean le Treffier , qui avait fait don à cette église de 300 livres tournois de rente foncière, en 1496 \ elle fut depuis réunie à la paroisse Saint-IIilaire et supprimée en 1793.

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n 1384, Guillaume1 tic Lestrange, parent du pape Grégoire XI , son nonce en France et archevêque de Rouen, acheta, de diverses personnes, plusieurs propriétés situées hors la porte S.-Hilaire, dans un fief appelé le Nid-de-Chien (1). Il y fonda un couvent, où il institua l'ordre des Chartreux, qui n'avait point encore élé établi à Rouen (2); les constructions, commencées en 1385, ne furent achevées que sept ans après, m 1392.

Le fondateur ne vit point terminer son œuvre , car il mourut en l.")88, au château de Gaillon (3).

La première dotation de ce monastère n'était pas considérable, cl peut-être même fût-elle devenue bientôt insuffisante, si, en 1502, l'archevêque Georges d'Amboise n'y eût pourvu par d'importantes libéralités : il répara ou reconstruisit en partie la maison claustrale, mais mourut aussi avant d'avoir terminé tout ce qu'il voulait faire en faveur de cette maison , qui fut long-temps florissante.

Ce monastère reçut, de son fondateur même, le nom de la Rose Notre-Dame, ou (V/iermilage de la sainte liose, du nom de Rosa mystica, Rose mystique ou sacrée, donné à la Vierge dans ses litanies,

( 1 ; Ce nom vient, dit-on, de ce qu'en ce lieu, les ducs de Normandie, lorsqu'ils avaient aux x et xi""- siècles, un manoir sur le Mont-Sainte-Catherine, avaient établi un chenil où l'on nourrissait et dressait les chiens dédiasse.

( 2 ) L'ordre des Chartreux fut fondé par saint Bruno, au diocèse de Grenoble, en 1084.

(5 ) Son corps fut apporté de Caillou à Rouen; inhumé d'abord à la Cathédrale, puis transporté dans l'église des Chartreux de Notre-Damc-de-la-Rose, qu'il avait fondée.

auxquelles le pieux prélat avait une grande dévotion, te dessin cijoint représente la Chartreuse de la Rose, dans l'état où elle se trouvait en 1525.

On y voit qu'outre l'Église principale, exclusivement réservée aux Religieux, il y avait, prés la porte d'entrée du couvent, une chapelle avec un clocher. Elle avait été bâtie pour satisfaire à la dévotion des Femmes qui se rendaient Fréquemment en ce lieu pour y faire des pèlerinages, et on y trouvait trois Autels souvent enrichis de leurs pieuses offrandes (Arc/tir. départ. )

L'Église principale avait 120 pieds de longueur sur 35 de largeur, et deux chapelles de chaque côté : elle était ornée de quelques peintures à fresque et de beaux vitraux peints, représentant divers sujets de la vie des herniites. Dans le reste des édifices , on trouvait un cloître, de forme carrée, de 200 pieds de largeur, construit en boiserie, au milieu duquel était un préau où l'on enterrait les religieux; déplus, une salle capitulaire avec un autel, une bibliothèque, des archives à fenêtres grillées, etc. ( Archives départ.)

La Chartreuse de la Rose, deux fois pillée et ruinée dans les guerres de religion du xvic siècle, fut réparée par messire Etienne de Rauquemare, seigneur de Franqueville, qui, en reconnaissance de ce bienfait, reçut la sépulture au milieu du chœur.

Au commencement du xvine siècle, les ressources de cette maison s ciaient considérablement affaiblies , et on avait reconnu que la santé des religieux était compromise par l'humidité du lieu. Après une enquête et tontes formalités nécessaires à ce sujet , le Roi, par lettres patentes, et avec l'assentiment du Saint-Père et de l'Archevêque, autorisa la translation de ce monastère, et sa réunion à la Chartreuse nouvellement établie à Saint-Julien, dans le Faubourg Saint-Sever.

Camille.

F. monument trouve ici une place, non parce qu'il faisait partie des monuments de la ville de Rouen, puisqu'il es» situe à l'une des extrémités de celle de Darnêtal , éloignée de Rouen de près d'une lieue, mais, seulement, parce qu'il se trouve sur le cours des fontaines, qui prennent leur sourie un peu au-dessus de Darnétal, au village de Saint-Léger , et qu'on appelle la source de Carville.

On suppose qu'il existait une Église à Carville dès le xe siècle et peut-être avant ; en 1 1G0, Radulphe, seigneur de Carville, donna cette Église aux religieux du Mont-aux-Malades , qui desservaient alors la maladrerie du Mont-Saint-Jacques, fondée en 1131, par les habitants de Rouen , pour y placer leurs lépreux.

C'était la paroisse de Darnétal, qui n'était encore qu'un village où l'on comptait au plus cent vingt communiants, ou quarante maisons.

D'après le dessin tracé par J. Le Lieur, on doit croire qu'en 1525 il ne restait plus rien delà primitive Église, puisque celle quiest ici représentée paraît être en construction et de style ogival de l'époque même du dessin. La tour, la nef et un portail latéral sont seulement achevés, et les murs du chœur environ à moitié de leur élévation. Nous n'avons

trouvé aucun renseignement positif sur cet état de choses, et rien qui puisse ajouter à l'autorité de notre dessin ; mais il paraît , par quelques actes retrouvés par hasard clans les archives de la mairie de Darnêtal , dit M. Lesguilliez, dans sa Notice sur Darnêtal, que cette deuxième Église, encore loin d'être terminée en 1527, ne dura pas très longtemps, puisque, en 1689, environ 138 ans après, elle était dans un tel état de vétusté et de ruine , qu'on ne pouvait plus y célébrer le service divin sans danger.

Les fabriciens firent marché, en 1784, avec un sieur Petit, marchand de bois à Bellencombre , pour tout le bois de charpente nécessaire à sa reconstruction , à raison de 29 sols la marque , rendu sur les lieux , et, en 1787, ils traitèrent avec le nommé Jacques Gravois, maître maçon, architecte de Rouen, pour toute l'œuvre de maçonnerie à exécuter sur un plan qu'il avait présenté. Les travaux marchèrent lentement; il y avait peu de fonds : plusieurs paroissiens, peu riches ou peu zélés, refusèrent de payer leur cotisation. Il s'éleva diverses difficultés, et tout n'aboutit qu'à l'édifice avorté, d'un style plus que médiocre, qui existe aujourd'hui. (1) La nef n'a point été bâtie, et la tour seule, fragment assez remarquable de l'Église du xve siècle, est restée isolée. Elle a 1 15 pieds d'élévation , et c'est sur sa plate-forme que Henri IV vint se placer plusieurs fois en observation , pendant le siège qu'il mit devant Rouen , en 1591.

( I ) La dépense s'est élevée à la somme de 40,000 livre».

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