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‘“ ger indifféremment un journal bleu ou un journal rouge. “pourvu que son intérêt y trouve son compte. ”
Opportunisme et politique payante !
Pendant son passage au Courrier de St-Hyacintke M. Mercier fat conservateur et il put écrire un jour :
‘“ Les principes conservateurs ont subi l'épreuve et la ‘“ sanction des siècles ; ils sont à la fois la garantie du pou- ‘ voir et la sauvegarde des libertés ; la force de la loi et la “ protection des nationalités. Leur drapeau est celui de la ‘ consciense et du devoir, leur école celle du patriotisme et ‘ de la religion... Quant à nous, quoi qu'il arrive, nous. “ serons toujours fidèle à ces principes. ”
M. Mercier publia cette profession de foi le 26: avril 1866, et, à quatre semaines d'intervalle, le 24 mai, il abandonna, sans motif apparent, le parti con-servateur pour se jeter dans le camp libéral,
Opportunisme sans doute et politique payante !
Ce fut donc en 1866 que M. Mercier, secouant les principes conservateurs auxquels il devait /oujours: être fidèle, revint à son point de départ et continua son chenin dans le monde en se faisant l'adepte du: Hbéralisme,
Il n’est pas sans intérêt de suivre la carrière de ce: monsieur et de se bien renseigner sur les idées qu’il a émises,
Puisqu'il cherche, depuis son arrivée au pouvoir, à: se concilier le clergé en faisant miroiter à ses yeux une orthodoxie d'occasion et en se posant, par op-portunisme; comme le champion de principes sociaux. qu'il a combattus dans le passé, examinons ses antécédents.
La persistance dans les idées émises aux différen-tes époques de la vie d’un homme peut aider beaucoup à juger de sa sincérité, de même qu'à démon-trer quel degré de confiance on doit lui accorder.
L’opportunisme est quelque fois cause aussi qu'um hâbleur parle contre ses convictions et cache les cou-leurs de son drapeau,
Ses paroles mielleuses sont le bouclier de son hy-pocrisie,
PSN
M. Mercier et l’instruction obligatoire.
Tout homme qui dévie des principes sains en matière d'éducation tombe dans le libéralisme réprouvé par le Souverain Pontife,
A l'église et à la famille appartiennent le droit et le devoir d'enseigner.
L'Etat n'étant l'auteur ni de la vie surnaturelie ni de la vie naturelle de l'enfant, n’a pas, originairement, comme l'Eglise et la famille le droit d'enseignér.
Cependant le rationalisme prétend que l’école doit être soustraite à la direction de l'Eglise et que l'enseignement doit être purement naturel ; d’où il conclut au monopole de l'Etat, à l'enseignement gratuit, obligatoire et laïque.
Il y a quatorze ans, le 2r avril 1876, M. Mercier ærononça devant le Club national de Montréal, un discours sur ‘“ l'instruction obligatoire. ”
Tel était le titre de son travail,
Parlant de l'importance de l'éducation que per-
. sonne ne conteste, il s'aventura sur un terrain fort
glissant, et glanant ici et là, dans des auteurs suspects, divers renseignements sur l'instruction compulsoire, il en conclut que l'Etat devrait forcer le père de famille à envoyer son enfant à l’école, sous peine #'amende ou de confiscation de ses droits politiques.
Comme on le voit, c'était chercher à faire prévaloir des opinions que l'Eglise repousse et qui répugnent au droit naturel, |
Citons quelques passages de cette conférence pour ne pas être taxé de parler à la légère et sans preuve. . Parlant de l'obligation du père de famille de faire fastruire son enfant, obligation dont il ne peut se dispenser, observa M. Mercier sans perdre les droits «qu'il a à la garde naturelle de son enfant, il ajouta :