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Dieu expiré, le gouvernement prendra le contrôle médical que M, Mercier s’est réserté d'après la loi.
C'est du reste ce qu'il a dit lui-même en Chambre, ainsi que l'a constaté son organe, l'E/ecteur du 23 janvier 1889, dans son compte-rendu des débats sur la loi des asiles.
“ Je suis d'opinion, a dit M. Mercier, que le gouvernement doit avoir le contrôle médical absolu dans crs institutions.
‘“ Comment se fait-il que nous ne l’syns pas eu ? C'est que le gouvernement est décidé de respecter les contrats ex. istants. C’est une partie de son programme, Nous n'aurons pas ce contrôle tant que ces contrats existeront. Le principe du contrôle absolu sera appliqué, mais seulement lorsque 0e contrôle sera légal.
“ Le gouvernement retient le contrôle médical dans tous les nouveaux contrats. Il ne s’agit done pas de violer un principe, mais de respecter des droits acquis.”
2. Une autre objection à la loi de 1886 était le choix ou le contrôle des médecins internes par le gou- ‘vernement, |
La clause 2 de la loi disait que le surintendant médical et le médecin interne seraient nommés par le gouvernement, mais que l'assistant-médecin interne pourrait être nommé par les asiles, sujet à l’approbation du Lieutenant-Gouverneur en conseil.
Dans une brochure renfermant les prétentions des propriétaires d’asiles, il est dit à la page 5 :
*‘ Les propriétaires s'appuyant sur la lettre claire et précise de leurs contrats veulent continuer à choisir eux-mêmes leurs médecins.internes, c’est-à-dire ceux qui donnent les soins inédicaux aux malades... Que le gouvernement choisisse ses. médecins visiteurs comme il l’entendre........… : Mais le cho;:x des médecins internes n'est pas son affaire."
M. Mercier a-t-il changé sur ce point la loi de 1885 et laissé aux propriétaires d’asiles le choix des médecins internes ?
Non ; la loi est restée la même.
Il est donc acquis qu'après beaucoup de faux fuyants, M. Mercier a conservéle principe du contrôle méaical et la nomination des médecins internes par le
gouvernement et, partant, son attitude n'est pas celle que réclamaient les sœurs de.St-Jean de Dieu,
L'£Etendard, du reste, à protesté contre la conduite du gouvernement actuel .au sujet du contrôle médical.
# Par qui pratiquement, disait ce journal, MM. du gouvernement entendent-ils faire exercer ce contrôle ? Nous pouvons supposer que c’est par certains inefables sires qui viennent de s'illustrer dans certains travaux de la commission des aciles, surtout par certaines bévues monumentales dont fourmille le rapport de la majorité des commissaires,
‘ Puisque le gouversement les a choisis comme commisqe, pourquoi ne les choisirait-il pas comme ses, ipspeeteurs ,
‘ Et voi à, ajoutait l’Etendurd, l'espèce de contrôle que l'on veut substituer à celui d'un ordre -relig'eux qu'on n’a pu prendre en défaut une seule fois depuis quinze ane. Tandis qu'il n’a fallu que trois mois à ves mirobolants contrôleurs Jaïques; pour entasser par : deusaines les erreurs lesplus monstrueuses , à ce point.:qu'il-faut. à leurs: arhis plaide”
r eux ignorance et ineptie pour sauver leur réputation d’honnêtes gens.”
D’après ces : remarques, M. Mercier aurait tort de croire qu’il a réussi à tromper son: monde,
Œn: voulant profiter, pour se: jucher au pouvoir, des mécontentements : produits. par.loï des asiles, le Premier ministre.a donc.joué. le. rôle d'hypocrite. Il a d’abord injurié.-le, gouvernement: Ross parce.qu'il n'allait pas assez loin et semblait reculer devant les propriétaires d’asiles, Une fois. au, pouvoir. il s’est efforcé d'éluder.les, difficultés, en nommant une commission dont le fiasco à. coûté $16000: au: trésor.public ; finalement il a:proclamé, comme d’absolue né. cessité‘le contrôle médical du’ gouvernement’sur les asiles. et: n’a accordé à. l'asile. St Jean-de Dieu qu'un contrôle médical.temporaire, :en le. refusant à l'asile de Beauport.
L'on peut juger par:de telles tergiversations et-par un manque:ayssi évident de sincérité quelle confiance mérite ce; saltimbanque politique,
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Re Le Libéralisme de M. Mercier
‘ En politique il n’y a pas de principes,” disait un jour M. Mercier à M. Calixte Lebœuf, son ami,
Rien d'étonnant qu'il ait été tour-à-tour libéral, conservateur, de nouveau libéral, chaud partisan, ad versaire benin et neutre même,
Aujourd’hui il est national ; demain Dieu sait quel drapeau il arborera, mais ñon les hommes. ‘“ En politique, iln'y a pas de principes ”, voyez-vous,
En arrivant au pouvoir, M. Mercier trouva dans les archives du gouvernement que la question des biens des Jésuites était sur le point d’être réglée, Ces religieux ayant la sympathie du clergé et des laïques en général, il crut de bonne tactique de mettre le sceau au réglement de cétte épineuse difficulté, et posa. aux yeux des catholiques comme le champion des. Jésuites.
Il n’en fut pas de même devant les protestants, Parlant un jour à Coaticook, il n’osa, en présenced’un auditoire anglais, réclamer pour lui-même le mé rite d’avoir mis fin à la question. Il s'excusa auprès: d'eux de l'avoir réglée, en disant qu’il avait agi de la sorte pour dégager la parole de ses prédécesseurs en: office.
Quelques passages de ce discours dévoilent son:
double jeu.
f Que voyons nous, dit-il, en 1876? Une promesse for melle du gouvernement à cette époque de régler la question. La promesse est enrégistrée à Rome, elle est aussi enrégistrée ioi, et quand j'arrivai au pouvoir j: me trouvai face à face avec la difficulté et dans une position telle qu'i ms fullait: ou refuser de remplir la promesse ou d'ymanquer. J'ai. cru que l’honneur était la meilleure politique et que même; en une matière aussi délicate j'étais obligé d'effectuer un di rar afin de racheter la province d’une si grande diff. eulté,
Le bill déposé par moi à l’Assemblés législative regutl'adhésion unanime de la chambre, Les deux partis témois.
gnèrent leur satisfaction du réglement et si je suis coupable tous les conservateurs le sont autant que moi.”
Quoique M. Mercier prétende qu'en politique il n'y ait pas de principe, les siens sont libéraux,
Parce qu'il a réglé la question des biens des Jésuites, a-t-il pour cela renoncé à ses doctrines libérales ? Non, car il ne les a jamais répudiées, et son passé reste ce qu'il est,
Alcrs examinons son libéralisme ; nous pourrions dire tout aussi bien son radicalisme.