‹ Les principes de l'honorable M. Mercier, remarques preliminairesChapitre 5 sur 8 · ÉLOGE DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE LA RÉVOLUTION

L'éloge que l'Hon. M. Mercier a fait de la révolution française devant la jeunesse de Montréal, en 1876, côtoie le rationalisme. Nous avons cité plus haut cet élan de cœur :

" La révolution de 1789 qui a fait tant de grandes choses, que les horreurs de 93 n'oat pu faire oablier; a cru nécessaire pour relever l'homme de la dégradation dans laquelle une tyrannie onze fois séculaire l'avait ploogée, de lui ouvrir à deux battants les portes da temple de l'instruction et ne manqua pas pour y parvenir d'obliger les pères et mères d'envoyer les enfants aux écoles élémentaires, etc"

Il serait facile de citer plusieurs passages des discours de M. Mercier pour démontrer que cet homme est imprégné de libéralisme. On trouve dans sa bouche des expressions que d'ordinaire on rencontre chez les écrivains à principes avancés.

Contentons-nous de la tirade suivante, extraite de son discours d'octobre 1875 :

" J'ai toujours cru que mettre les foudres de V Eglise au servioe d'un parti, c'était peu les ménager et en assurer un mauvais usage.

" Le partisan qui aura été excommunié pour un acte purement politique, devenu pêohé de circonstance, pourrait bien ne pis s'effrayer de Vêtre pour un véritable péché, car s'il n'a pas commis la même faute, il reçoit la mêmepunition. Imaginez dono la comédie infernale à laquelle vous assisteriez gratuitement, pour l'édification de vos âmes, sioes foudres étaient laissées à la disposition peu disorète des saints du Nouveau-Monde et des dévots de la Minerve ! Après nous avoir damnés d'un commun accord, ils s'excommunieraient réciproquement, avec une ferveur digne du temps des Croisé*, et la brigade du feu de cette ville, [Montréal}' pourtant si justement vantée, serait impuissante à éteindre les célestes incendies que ces dévots féroces auraient fait éclater de toutes parts.

" La foudre ne cesserait de porter ses terribles ravages dans les deux camps ennemis, dans les rangs de ces dangereux docteurs en droit oanon que quand M. de Boucherville (alors Premier-ministre) les aurait mis d'accord et leur aurait fait oublier les choses saintes en leur offrant un partage égal des faveurs ministérielles La lutte religieuse serait terminée, l'enfer serait fermé sur le dernier rouge qui y aurait été précipité ; les parlements deviendraient de saints conciles qui définiraient les grâces actuelles et suffisantes sans le secours de Pascal, et enfin nos deux théologiens de la Minerve et du Nouveau- Monde, dans un acte de céleste ivresse, se donneraient un baiser chrétien à la mode de Brocklin sous le regard satisfait du Canada sanctifié."

Un catholique doit-il parler avec autant de légèreré et si peu de respect des peines de l'excommu~ nication ?

Foudres de l'Eglise à propos de politique, édification des âmes, dévots féroces, célestes incendies, célestes ivresses, baiser chrétien à la mode de Brooklin, belles paroles vraiment !

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