L'ADVERBE
L'adverbe est un mot invariable qui se joint à wi adjectif, à un verbe et quelque fois même à un autre adverbe, 'pour modifier Véiendue de leur signification.
Il y a différentes sortes d'adverbes :
I. Il y en a qui marquent le temps, comme : heri, hier ; hodiè, aujourd'hui ; cras, demain, &c.
II. Il y en a qui marquent le lieu, comme : hic, ici ; iHic, là, &c.
III. 11 y en a qui marquent la quantité, comme : parîim^ peu ; satis^ assez ; nimis, trop, &c.
IV. Il y en a qui marquent l'ordre et le rang, comme : posteà, ensuite ; primo, premièrement ; secundo, secondement, &c.
V. Il y en a qui marquent l'affirmation, comme : sanèi certes ; verè, vraiment, &c.
VI. Il y en a qui marquent la négation, comme : haud, non, ne pas; nequaquàm, nullement, &c. (a.)
VII. Il y en a pour interroger, comme ; quarè, pourquoi ; quomodo, comment, &c.
VIII. Il y en a qui marquent le doute, comme : probabiliter, probablement ; forte, peut-être, &c.
IX. Il y en a marquent la comparaison, com.me : magis, plus ; minus, moins, &c.
X. Il y en a qui marquent la manière, comme : prudenter, prudemment; fortiter, courageusement, &c.
REMARQUES
I. Quelquefois les adjectifs deviennent en français de véritables adverbes ; c'est lorsqu'ils ne se rapportent à aucun nom et qu'ils ne sont dans la phrase que pour modifier le verbe au quel ils sont joints. Ils se rendent en latin par des adverbes. Ex : Sentir bon, benè olere ; frapper juste, adamussim ferire, &c.
II. Pareillement les adverbes deviennent quelquefois en français de vrais noms susceptibles d'articles et de nombres. Ils se rendent alors par des noms en latin ou par des verbes qui les renferment. Ex ; le derrière d'une maison, posticum domûs ; prendre les devants, prœire, &c.
III. Quelques adverbes ont des régimes que l'usage et le dictionnaire feront connaître. Voici quels cas on met après les principaux, l^. Les adverbes de quantité, de
(a) Deux n 'gâtions jointes au même verbe se détruisent ordinairement et valent une affirmation. Ex : JS\mo non ludit ; chacun joue. Cupio ne non veniat ; je désire qu'il vienne. Il faut donc prendre garde, si l'on emploie en latin un mot qui renferme une négation, tels que negare, nunquàm, radius, de rendre la phrase affirmative de négative, qu'elle est en français, en y ajoutant une né ç^ation. Ex : Je ne l'ai nullement vu; eum neqtiaqv.àm vidi. Eum nequaquàm non \idi, voudrait dire : je Vai vu.
temps et de lieu régissent le génitif. Ex : beaucoup d'eau. mnltiim aqax ; le lendemain de ce jour, postridiè hujus diei ; en aucun lieu du monde, nusqudm gentmm. 2K Krs^o, pour, et instar, comme, qui se mettent après leur régime, régissent le génitif. Ex : pour lui, illiiis ergo ; comme une montagne, montis instar. 3^. En ou ecce, voici, voilày veulent l'accusatif ou le nominatif. Ex : en quatuor arcks, ecce duas tibi , voici quatre autels, il y en a deux pour vous. En Priamus ; voilà. Priam. 4-2-. ohvidm, audevant de, veut le datif. Ex : Ohmdm Alexandro progressus est ; il s'a-
vança audevant d'Alexandre.