‹ Les principes de la langue latineChapitre 20 sur 27 · LE PRONOM · texte numérisé non relu

LE PRONOM

Du pronom personnel en sujet.

Quoique l'on n'exprime pas ordin. en latin, le pr. pers. lorsqu'il est sujet, il faut néanmoins le faire, l^. quand il y a deux verbes dont le sens est opposé. Ex : J'étudie et vous badinez ; studeo ego, tu vero nugaris. 2-. Quand la phrase contient quelque chose de vif. Ex : Vous ozez parler ainsi ! tu loqui sic audes ! 3-û-. Quand il y a plusieurs

pr. en sujet. Ex : Vous et moi nous nous portons bien ; ego et iu valemus.

Moi, toi, nous, vous, lui, elle, eux, elles.

I. Quand après le verbe être sig. appartenir, vient un des pr. moi, toi, nous, vous, lui, elle, eux, elles, on le tourne par le mien, le tien, le nôtre, le vôtre, le sien, le leur. Ex : Ce livTe est à toi, à nous, à lui ; hic liber est tuus, noster, suus.

II. Quand le verbe être est unip. comme : c'est à moi, d foi, à vous, d nous, d lui d'être sage, on tourne par c'^est mon affaire, ion affaire, &c. mais on sous-entend negotium. JSÎeum, tuum, nostnim, vestrum, suum, est esse sapientem. C'était d nous d'être sages ; nostrum erat esse sapientes.

III. Ces verbes il importe, il est important pour, il est de l'intérêt de (en latin refert ou interest) et les pr. moi, toi, &c. se tournent par il importe d mes affaires, à tes affaires, &c. Mais on sous-entend ad negotia. Ex : // mHmporte ; mea interest. Il vous imjjortait ; vestra referehat.

Remarque. — IK Si un autre mot qu'un de ces pronoms se trouvait joint à ces verbes, il se mettrait au gén. Ex : Qe livTe est d Edouard ; hic liber est Eduardi. C'est d vous seul de parler ; tuum est unius loqui. // importe d chaque citoyen de soutenir ses droits ; cujusque civis refert pro jure suo niti. Il importait d vous, jeunes gens ; vestra referehat adolescentum. (On peut dire ici qui esiis adolescentes.)

2-2-. Si le régime des verbes refert, interest était un nom de choses inanimées, il se mettrait à Pacc. avec ad. Ex : // importe d la conservation de notre liberté d'être unis ; refert ad conservationem libertatis nostrse esse conjunctos.

Il, elle, lui, le, la, leur, &c.

L'on a vu que les pr. de la 3c. pers. il, elle, &c. se rendent par is, ea, id ; hic, hœc, Im)c ; elle ou iste, mais ce n'est que lorsqu'ils ne tienennt point la place du sujet de la phrase. On doit les rendre par sut, sibi, se, quand ils tiennent la place du sujet, si la phrase est simple, et du sujet du premier verbe, si le phrase est composée. Ex : Il voit qu'il est environné par les trouves des ennemis ; {il sujet d'e7ivironner est ici le même que il sujet de voir,) videt sese copiis hostium clausum esse. Mes frères vous rendent grâces

de leur avoir été favorable, de les avoir protégés ; {leur et les tiennent la place de frères sujet du premier verbe,) fraires Tiiei tibi gratias referunt quod sihi faveris seque tuitus sis.

Mais dans cette phrase : les lauriers, les bruyères même h pleurèrent ; on dira illimi etiàm lauri, illiim etiàm flevêre myricae, parce que le ne tient pas la place du sujet.

Son, sa, ses, leur, leurs.

L'on a vu que les pr. possessifs so?i, sa, ses, leur^ leurs se rendent en latin par suus, sua, suum, mais ce n'est que quand les noms auxquels ces pronoms sont joints appartiennent au sujet ou au régime du verbe, comme dans ces exemples : // les exhorta à soutenir sa demande. La demande de qui ? De il qui est le sujet. Cohortatus est ut petitionem suam curœ haberent. Son amour pour la patrie le rend recommondable. L'amour de qui ? de le qui est le régime direct. Suus in patriam amor eum commendat. J'ai rendu à César son épte. Uépée de qui ? de César qui est le rég. indirect. Suum Cœsari gladium restitui.

Mais les pr. possessifs doivent se tourner par de lui, d^elle, d^eux, d'elles, et se rendre par ejus, corum, earum ; illi^is, &c. quand les noms 'auxquels ils sont joints n'appartiennent ni au sujet ni au régime du verbe. Ex : On louait sa constance. La constance de qui ? de lui qui n'est ni sujet ni régime du verbe. Hv.jus constantia laudabatur. J'obéis aux tyrans, mais je hais leur tyrannie. La tyrannie de qui ? des tyrans qui n'est ni sujet ni régime de la phrase. Tyrannis pareo, sed eorum tyrannidem odi.

Pronom Relatif.

I. Quoiqu'avec les unipersonnels refert, interesl, est on rende les pr. personnels par mea, tua, &c. meum, tuum,^c. le rel. ne laisse pas de s'accorder avec le nom de la personne. Ex : C^est à vous qui êtes jeunes d'étudier ; vcstjntiu est studere qui estis adolescentes.

II. Le rel. entre deux noms s'accorde mieux avec le dernier, quand ce dernier peut se dire du premier, ou en d'autres termes, quand le premier est genre et le second espèce. Ex : he fruit que nous appelons poire; fructus quod voca-

mus pinim. La science qui est le fruit du travail ; scientia qui fructus est laboris. Mais on dira : la poire que ma sœur a mangée ; pin^m quod edit soror mea, et non pas quam, parce que sœur n'est pas une espèce du genre poire.

III. Quelquefois on fait accorder le relatif avec le sens plutôt qu'avec les mots. Ainsi en parlant d'une femme, Horace a dit : monstrum quœ generosiùs perire quserens, &c

IV. Qui, quœ, quod se met quelquefois élégamment pour le préposition pro. Il s'accorde alors avec le nom suivant. Ex. Il est sage et savant, ew égard d sa jeunesse ; prudens est et doctus, quœ illius est tenera œtcis.

V. Qui, quœ, quod régit le subjonctif: IK quand il est mis pour ut et un pr. pers. Ex : Delectus est qui compararet exercitum ; il fut choisi pour lever une armée, [qui est mis ici pour ut ille,) 2K Quand il est mis pour quùm signifiant parce que. Ex : Dignus est laude Tullius qtii ità egerit ; Tullius est digne d'éloge d'avoir agi ainsi. 3-û-. Quand le membre de phrase qui le précède a son verbe au subj. ou quand son antécédent est joint à un infinitif. Ex : Quùm prœceptorem audiret qui Rhetoricam doceret &c. comme il étudiait sous un maître qui enseignait la Rhétorique. Scio in hâc urbe quemdam fuisse qui Rhetoricam doceret ; je sais qu'il y avait quelqu'un dans cette ville qui enseignait la Rhétorique.

Remarque. — S'il est mis pour rendre un pr. rel. fr. il veut ord. après lui le même temps que dans le fr. Ex : En illa, illa quam semper optâstis libertas ! voilà, voilà cette hberté que vous avez toujours tant désirée.

Pronoms Absolus.

I. Lorsque le pr. absolu sert simplement à interroger, on le rend par quis, qidsnam ou ecquis. Ex : Quel homme pourrait supporter cela? quis mortalium id tolerare potest ?

II. Si quel marque l'ordre, il se rend par quitus, a, um. Ex. Quelle heure est-il ? quota hora est ?

III. Quand au pr. quel on peut ajouter le mot gi'and, il s'exprime par quantus, a, um. Ex. quelle vertu! quanta virtus !

IV. Quand le pr. absolu peut se tourner par le quel des deux, on l'exprime par xdur, uira, utrum, Ex. Qui est le

plus vieux, elle ou vous ? uttr natu major est, tu ne an illa \

V. Lorsque les pr. abs. sont employés partitivement, on les met souvent au neutre et le nom qui les accompagne au ^én. Ex. Quel homme ctes-vous ? quid tu hominis es ? Que nous reste-t-il qu^une vie malheureuse ? quid reliqui habemus praeter miseram animam ?

VI. Les pr. abs. entre deux verbes veulent le second de ces verbes au subjonctif. Ex : Die mihi quid agas ? ditesmoi ce que vous faites 1 (Il en est de même pour tous les mots qui servent à interroger.)

Ce qui ou ce que suivi de dest que.

On exprime ce qui ou ce que par illud, et c^est que par quod, quand il peut se tourner par de ce que. Ex : Ce qui me console c^est quHl m'ait pardonné ; illud me solatur quod mihi ignoverit, (c'est-à-dire cela me console de ce quHl m'a pardonné.) Ce que j'ai appréhendé c^est que vous ne tombassiez ; illud timui ne caderes ; (on ne peut pas tourner ici par de ce que.)

On.

Ce pr. n'ayant pas de correspondant en latin, on le rend d'une des manières suivantes.

I. Si le verbe dont il est sujet a un régime direct, tournez par le passif. On connaît V ami fidèle dans l'adversité ; ami' eus certus in re incertâ cernitur,

II. Si le verbe n'a pas de rég. dir. mettez la 3e. pers. passive du sing. Ex : On dit ; dicitur. On a dit ; dictum est. Plusieurs verbes neutres mêmes ont cette 3e. pers. Ex: On va; itur. On est venu ; ventum est. On favorise; favetur.

Remarque. — Si le verbe latin était déponent, il faudrait se servir de quelque autre tournure suivant le sens de la phrase, comme on le voit ici. On peut même avec toutes sortes de verbes se servir d'une de ces tournures. Ex : On exhorte (c'est-à-dire nous exhortons) les jeunes gens au travail ; adhortamur juvenes ad laborcm . On m'^attache (c'est-à-dire ils m^attachent) pendant le jour ; alligant me interdiù. On (c'est-à-dire quelquhm) frappe à la porte ; aliquis fores puisât. On (c'est-à-dire personne) ne peut-être heureux sans

la vertu ; nemo sine virtute potest esse beatus. On est aimé quand on est juste (c. à d. quiconque est juste est aim6 ;) amatur quisquis œquus est.

- Tel.

I. Si tel au commencement d'une phrase peut se tourner par quelqu^m, il se rend par quidam. Ex. Tels rient aujourd'hui qui pleureront demain ; quidam hodiè rident qui cras flebunt.

II. Quand tel n'est ni répété ni suivi de que^ il s'exprime par is ou talis. Ex. Telle était la probité de cet homme ; ea erat ou talis erat illius hominis probitas.

Rem. Cependant si tel peut se tourner par de cette sorte, on le rend par hiijus modi ou par ejus modi, et par istius modi s'il est pris en mauvaise part. Ex. Qui n'aimerait de telles gens 1 quis hujus modi homines non amet ? Qui ne haindt de telles gens ? quis istius modi homines non oderit 1

III. Quand tel est répété, le premier s'exprime par qui ou qualis et le second par is ou talis. Ex. Tel père, tel fils ; qualis pater, talis est filius. Telle mère, telle fille ; quœ mater est, ea est filia.

IV. Si tel est suivi de que, on exprime tel par is ou talis et le gîte par qui ou qualis. Ex. Elle sera /e//e çî;e sa sœur ; ea erit çw^ soror ejus, ou talis erit qualis soror ejus. Ils ne sont pas tels que vous le pensez ; non ii sunt qiios putas.

Rem. Mais si tel suivi de que peut se tourner par si granr^ si petit, si bon, si mauvais, on rend le que par ut. Ex. ^ pouvoir de la vertu est tel que nous l'aimons même dar ^^ ennemi ; ea est vis virtutis ut eam etiam in hoste dili--^^"^'

Même.

I. Le même suivi de que se traduit par is o'^ ^^^ ®* ^'' 竜, ç«orf ou bien par ac ou a^çî^e. Ex. ''^^ sœurs sont les mêmes çît'elles ont toujours été ; sor^f *"^ ^^ ^"?* çwœ semper fuerunt. Votre père n'est ''^ {^. '"'^'"^ 5"* J® l'ai vu autrefois ; non idem est pater tut ^^ -^ ^^'* a

IL E/)ne^me se rend ord. par 9im7^'^"?- Ex. Et même il sera nécessaire ; ouin etiam ner^^^ ^"î*

m. JVepasivême s'exprime dv ne qmdem avec un mot entre les deux. Ex. Je 7ie 1" i'"* "^^''"' ^''^ î ^"™ ^^ ^*^* quidem,

IV. De même se rend par item, Ex. Il en fut de mtine ae chacun ; item fuit de singulis.

Rem. Si de même est répété, ou s'il y a comme dans le premier membre d'une phrase avec ainsi dans le second, on rend ces mots comme dans cet exemple. De même que (ou comme) le feu éprouve Por, de même (ou ainsi) l'adversité éprouve l'homme vertueux ; quemadmoditm (ou m^) ignis aurum probat, sic (ou ità) adversa fortuna virum probum.

V. De même que si s'exprime par perindè ac si ou par non $ecùs ac si. Ex. Comportez-vous de même que si tout le monde vous voyait : perindè (ou non seciis) te géras ac H onmes te vidèrent.

Quelque . . . que et Tout . . que.

L Avec un nom, quelque suivi de que s'exprime comme quel en ajoutant cumque. Ex. Quelque esprit gw'il ait; quantocMwiçwe prseditus sit ingenio.

II. Avec les autres mots, il s'exprime par quamvis ou quantumvis» Tout.... que s'exprime aussi de même. Ex. Quelque savant qii^'û soit ou tout savant qiCil est ; quamvis ou quaniumvis sit doctus. Cependant s'il y a en latin un ▼erbe de prix ou d'estime, quel que.... que et tout.,.. que se rendent par quanticumque. Ex. Quelque estimable qiûil soit ou tout estimable gw'il est ; quanticumque aestimandus sit.

Rem. On a pu voir par les exemples ci-dessus qu'après "*. mot latin qui exprime quelque..,. que ou tout,,..quey on met

"^erbe au subjonctif.

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