DE LA PESANTEUR
qui croissent en raison inverse des carrés de leurs distances aux centres de ces masses^ la loi de la pesanteur est devenue dans beaucoup de cas oppressive, et cause d'elfets destructifs dans les ruptures d'équilibre. C'est ainsi qu'on peut dire en langage poétique, non astreint à la précision scientifique, que la pesanteur est une forme de la déchéance, quoiqu'elle soit au fond une propriété essentielle de la matière, et la matière une condition de tout organisme, l'organisme, le mode général des relations des consciences, l'instrument delà sensibilité. Une semblable remarque excusera le poète qui dit : « Le mal c'est la matière », ne sachant pas distinguer entre les « âmes » dont les « globes se formèrent » et les éléments de la vie (]ue lui-même n'évite pas de se peindre en termes de matière :
L'être créé, paré du rayon l)aptismaî.
En des temps dont nous seuls conservons la mémoire, Planait dans la splendeur sur des ailes de gloire ; Tout était chant, encens, flamme, éblouissement ; L'être errait, aile d'or, dans un rayon charmant. Et de tous les parfums tour à tour était l'hote, Tout nageait, tout volait.
Or, la première faute Fut le premier poids.
Dieu sentit une douleur.
Le poids prit une forme, et, comni' l'oiseleur Fuit emportant l'oiseau qui frissonne et qui lutte. Il tom})a traînant Fange éperdu dans sa chute. Le mal était fait. Puis tout alla s'aggixivant; , Et i'éther devint l'air, et l'air devint le vent ;